Avant Allemagne 2006, on ne parlait que de ça au Mexique : il fallait briser la malédiction des huitièmes de finale. Si l'équipe aztèque est restée bloquée à ce stade de la compétition lors des trois dernières Coupes du Monde de la FIFA, elle semblait tout à fait en mesure de franchir ce cap cette année.

Malheureusement, l'équipe de Ricardo La Volpe a payé les conséquences d'un tirage au sort difficile et d'un réveil tardif. Malgré un match formidable face à l'Argentine, l'un des plus passionnants du tournoi, El Tri n'a pas réussi à accéder aux quarts de finale pour la quatrième fois consécutive et a dû rentrer au pays avec la frustration d'avoir obtenu le respect sans le résultat.

Quels regrets les joueurs mexicains peuvent–ils nourrir ? Peut-être celui d'avoir montré trop tard ce dont ils étaient capables. S'ils avaient fait forte impression lors de la Coupe des Confédérations de la FIFA, Allemagne 2005, les hommes de La Volpe ont affiché un niveau quelconque au 1er tour de cette Coupe du Monde de la FIFA. Contre l'Argentine, nous avons retrouvé une formation intense, engagée et spectaculaire, mais qui aura eu la malchance de se faire éliminer sur le plus beau but du tournoi.

Si le Mexique avait développé un tel jeu pendant la phase de poules, peut-être aurait-il pu glaner la première place de son groupe ; peut-être l'histoire aurait-elle été différente ; et peut-être El Tricolor aurait-il pu conjurer le sort qui le prive du premier quart de finale de Coupe du Monde de la FIFA de son histoire.

Confirmations et révélations

Allemagne 2006 a permis de confirmer la valeur de certaines figures-clés de la sélection mexicaine, à commencer par le capitaine, Rafael Márquez. A l'exception d'un match malheureux face au Portugal, le défenseur de Barcelone a été irréprochable. Le n°4 du Mexique a été omniprésent sur le terrain, stoppant les offensives adverses, initiant celles de son équipe et se permettant même parfois de les conclure.

Ses coéquipiers de la défense centrale n'ont pas grand chose à se reprocher non plus. Carlos Salcido et, surtout, Ricardo Osorio, ont constitué la base sur laquelle le Mexique a forgé sa solidité. Ce dernier a notamment marqué les esprits par ses formidables incursions dans le camp argentin après 120 minutes de jeu.

Parmi les autres joueurs à s'être distingués, citons le gardien Oswaldo Sánchez, le milieu de terrain Pável Pardo, dont l'absence aura été l'un des éléments-clés du huitième de finale, et enfin l'attaquant Francisco Fonseca, qui, malgré un temps de jeu trop court, a énormément apporté à son équipe. L'entraîneur Ricardo La Volpe, pour sa part, ne fait pas l'unanimité au Mexique. Certains le félicitent pour la prestation face à l'Argentine, d'autres n'oublient pas les polémiques qui ont précédé le début du tournoi et le rendent responsable de l'élimination. Son avenir se décidera au cours des semaines à venir.

Des raisons d'espérer

Si le Mexique échoue une nouvelle fois aux portes des quarts de finale, certains signes semblent indiquer qu'il y aura des joueurs meilleurs. Tout d'abord la performance du petit nouveau, Andrés Guardado. Laissé sur le banc des remplaçants lors des trois premiers matches, le jeune joueur de 19 ans a livré un match plein de culot et d'entrain. Il a affolé les défenseurs argentins pendant 65 minutes, avant d'être contraint de sortir sur une malencontreuse blessure. S'il était resté sur le terrain, peut-être le cours de l'histoire aurait-il été différent...

Mais il n'y a pas que lui. El Tricolor peut se tourner vers l'avenir avec un certain optimisme. Ses trois défenseurs centraux seront parfaitement mûrs en 2010 et seront alors entourés d'autres talents qui commencent déjà à émerger. Parmi eux se trouvent Giovani dos Santos et Carlos Vela, les deux vedettes de la sélection U-17 championne du monde en titre, qui évoluent déjà dans deux des meilleurs clubs du monde. A ceux-là s'ajoutent le jeune gardien Guillermo Ochoa, le créateur Ángel Reyna et l'attaquant Luis Land.