Tifosi et médias italiens ont réagi avec enthousiasme à la victoire des Azzurri à Dortmund. Beaucoup se sont rappelés le passé glorieux d'une sélection nationale décevante lors des dernières compétitions internationales.
L'engouement du pays tout entier est compréhensible : après six ans de cuisantes désillusions, les supporters de la Squadra Azzurra ont aussi dû faire face aux scandales qui ont écorné l'image du football auprès du public.
A l'arrivée, cependant, l'équipe entraînée par Marcello Lippi a décroché son billet pour la finale de la Coupe du Monde de la FIFA à l'issue d'une rencontre qui figure déjà en bonne place dans le cur des supporters. Le sérieux et l'humilité des joueurs transalpins sont en train de rabibocher toute une nation avec son sport chéri. Mardi soir, dans toute l'Italie, les écrans géants ont rassemblé des foules considérables, d'abord anxieuses, puis unies dans une embrassade libératrice au terme de la prolongation.
Au coup de sifflet final, chaque ville de la péninsule a été paralysée par des centaines d'automobiles et de scooters jubilant à grands coups de klaxon. Et les supporters au maillot azzurro de faire la fête jusqu'au petit matin. Du Colisée de Rome à la place de la cathédrale de Milan, toute la Botte a chaviré de bonheur, un bonheur que l'on n'avait pas vu depuis 12 ans et les derniers rêves de sacre planétaire que caressait la bande à Roberto Baggio.
La presse, pour sa part, s'est montrée tout aussi enthousiaste. Le Corriere della Sera, le quotidien politique italien le plus influent, évoque un "succès clair, net et sans discussion possible", et invite les joueurs à un dernier coup de collier : "Et maintenant, à Berlin pour une nouvelle victoire". En analysant la soirée, le journal observe que cette performance est "un déclencheur d'orgueil parmi les sifflets du stade" et parle d'une "Italie irrésistible".
La Repubblica, l'autre grand titre national, qualifie sa formation préférée de "grande" et reconnaît à Lippi le mérite d'avoir su prévoir toutes les manuvres tactiques. La Gazzetta dello Sport prédit "une grande finale" à Del Piero et à ses partenaires.
Pour une fois, polémiques et dissensions semblent donc avoir été mises de côté. Le chur des critiques ès football se joint, à l'unisson, à l'éloge collectif de ces ragazzi , ces gars, qui, 12 ans après Pasadena, offrent une nouvelle finale à l'Italie.