Souvent, les appels à laisser la voiture au garage et à emprunter le bus ou le train restent lettre morte. Ils ont pourtant trouvé écho lors de la Coupe du Monde de la FIFA 2006. Une majorité des spectateurs a en effet opté pour la solution écologique des transports en commun.
Les organisateurs savaient depuis le début que les déplacements des supporters et des touristes en Allemagne seraient responsables d'une bonne partie des émissions de gaz à effet de serre lors de la Coupe du Monde de la FIFA 2006. C'est dans cette optique que le programme Green Goal s'était fixé un objectif ambitieux : inciter en moyenne un spectateur sur deux à emprunter les trains de proximité, le tramway, le métro ou le bus pour se rendre dans les stades de la Coupe du Monde de la FIFA. Cet objectif a été atteint, puisque pour les deux semaines de compétition, les chiffres transmis par les services de police, les sociétés des transports publics et la Deutsche Bahn AG montrent qu'environ 55 % des spectateurs ont emprunté les transports publics pour se rendre dans les douze stades.
A y regarder de plus près, la réussite est encore plus importante. A Munich, 60 % des supporteurs de football sont venus au stade avec le U-Bahn, alors que des prévisions réalistes tablaient sur un pourcentage de 30 à 40 %. A Dortmund, Hanovre, Kaiserslautern et Leipzig, de nombreux spectateurs ont emprunté les itinéraires piétonniers fléchés. Lors du premier match disputé à Dortmund, par exemple, quelque 10 000 supporteurs suédois et trinidadiens ont profité d'un soleil radieux pour parcourir à pied la quarantaine de minutes qui sépare la gare centrale du stade. D'autres ont préféré la petite reine. Lors de plusieurs matches, on a recensé jusqu'à 500 spectateurs venus à vélo. En incluant piétons et cyclistes, le pourcentage moyen des spectateurs arrivés par des moyens de locomotion écologiques se monte à quelque 60 %, tous matches et tous stades confondus.
Entre 100 et 200 autocars ont été utilisés lors de chaque match. Le 22 juin, on en a dénombré 376 avant Japon - Brésil à Dortmund. Ils ont transporté jusqu'au stade près d'un cinquième de tous les spectateurs. En moyenne, on a calculé que les autocars représentaient quelque 10 % de la circulation globale. C'est également une solution écologique, puisque l'on sait que l'impact écologique des autocars, des trains et des transports publics est quasiment identique. "On peut déjà dire aujourd'hui que les grands perdants ont été les propriétaires de parkings, qui sont restés à moitié vides", analyse Klaus Töpfer, ancien ministre fédéral de l'Environnement et ambassadeur de Green Goal.
L'introduction du "Kombiticket" a sans aucun doute incité les supporters à recourir aux transports en commun. C'est la première fois lors d'une Coupe du Monde de la FIFA que les titulaires d'un billet d'entrée pouvaient utiliser gratuitement les transports de tout le réseau de la ville organisatrice le jour du match. Contrairement aux matches de Bundesliga, la validité de ce billet combiné n'était pas limitée à trois heures. Le titulaire pouvait en fait l'utiliser pendant toute la journée. Beaucoup de spectateurs venant de loin ont également préféré le train à la voiture. L'Öko-Institut estime que le taux de remplissage des trains spéciaux de la Coupe du Monde de la FIFA a été satisfaisant jusqu'à ce jour.
"Cette Coupe du Monde de la FIFA établit quotidiennement de nouveaux records, assure Horst R. Schmidt, le Vice-président du Comité d'Organisation (CO). Le CO est particulièrement fier de constater l'épreuve a réalisé des objectifs encore jamais atteints en matière de protection de l'environnement". Parrain de Green Goal, le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) se montre lui aussi très élogieux. "Je suis convaincu que les idées et les stratégies écologiques mises en places ici pourront être adaptées et améliorées pour d'autres événements de masse, qu'il s'agisse de matches de football ou de concerts pop", a assuré Achim Steiner, le Directeur du PNUE.