La Coupe du Monde de la FIFA est de retour dans la Ville éternelle. Elle l'avait quittée en juin 1990, emportée par les Allemands du sélectionneur Franz Beckenbauer et du capitaine Lothar Matthaeus, vainqueurs 1-0 de l'Argentine en finale d'une édition qui est restée dans les mémoires.

Huit ans plus tôt, le 12 juillet 1982 exactement, c'est à Rome que le trophée arrivait, en provenance de Madrid, où il avait été embarqué à bord d'un DC9 militaire qui transportait aussi, entre autres passagers, le président de la République italienne, l'inoubliable Sandro Pertini. En ce jour de 1982, une foule en délire attendait l'avion à l'aéroport de Ciampino pour célébrer les joueurs italiens vainqueurs de la Coupe du Monde de la FIFA, Espagne 1982.

C'est à Dino Zoff,gardien de but et capitaine de cette sélection victorieuse, qu'incombait l'honneur d'accueillir, samedi dernier, l'original en or massif de ce trophée, débarqué cette fois-ci à Fiumicino, pour la dernière étape de la Tournée du Trophée de la Coupe du Monde de la FIFA 2006, un événement sponsorisé par Coca-Cola et qui, depuis le mois de janvier, a touché vingt-huit pays à travers le monde. Dans l'avion qui les ramenait en Italie, Zoff, Pertini, le sélectionneur national Enzo Bearzot et l'autre vétéran de l'équipe, le Baron Franco Causio, s'étaient fendus d'une partie de scopone scientifico devant la Coupe qui trônait sur sa table. A la revoir aujourd'hui, vingt-quatre ans après cette partie de cartes mythique, on ne peut pas dire qu'elle ait pris une ride.

Bien au contraire. Avec le temps, son charme s'est accru et la restauration menée à bien cet automne par son créateur, le sculpteur milanais Silvio Gazzaniga, semble lui avoir donné un nouveau lustre.

"La revoir d'aussi près me ramène des années en arrière. Je revois ces moments merveilleux qui, toute ma vie, ne cesseront de m'habiter, a déclaré Zoff, visiblement ému. En 1982, j'ai contribué à faire venir la Coupe en Italie et j'en éprouve une grande fierté. Je souhaite aux Azzurri de la conquérir à nouveau dans trois mois, même si au début, ils rencontrent les mêmes difficultés que nous. Le succès n'en sera que plus beau."

A Fiumicino, samedi matin, outre le vice-président et le secrétaire général de la Fédération italienne, Giancarlo Abete et Francesco Ghirelli, on trouvait deux autres grands protagonistes de la Coupe du Monde de la FIFA : l'attaquant italo-brésilien José Altafini, l'un des rares footballeurs à avoir remporté une Coupe du Monde de la FIFA (en 1958) en ayant disputé deux éditions sous les couleurs de deux nations différentes (le Brésil et l'Italie), ainsi que Pierluigi Collina, l'arbitre de la dernière finale, disputée en 2002 à Yokohama au Japon et remportée par le Brésil aux dépens de l'Allemagne sur un doublé de Ronaldo.

Altafini et Collina, aujourd'hui commentateurs pour Sky – le canal satellitaire qui retransmettra l'intégralité d'Allemagne 2006 pour l'Italie – ont ensuite suivi le Trophée jusqu'à l'Auditorium-Parco della Musica, où se tient une exposition ouverte au public les dimanche 9 et lundi 10 avril. Toujours à l'auditorium, s'est tenue une conférence de presse en présence du responsable de la communication de Coca-Cola Italie, Cristiano de Musso, et de Thomas von Ubriszy, que la FIFA avait délégué pour l'événement.

Altafini, égal à lui-même, a rappelé que si sa victoire remontait à l'époque de la Coupe Jules Rimet, le trophée d'aujourd'hui lui évoquait de magnifiques souvenirs de sa vie professionnelle actuelle : "On doit vénérer cette Coupe parce que, grâce à elle et à tout ce qui l'entoure, le football peut prospérer et progresser encore plus. A l'Italie, pour Allemagne 2006, j'adresse tous mes vœux, dans l'espoir que cesse la malédiction des tirs au but et des matchs à rebondissements comme celui de Corée/Japon 2002".

Collina s'est lui aussi exprimé : "Ce n'est pas vrai que c'est la première fois que je soutiendrai l'Italie. Je l'ai toujours fait, même pour les éditions précédentes, et même si en 1998, la qualification de notre équipe pour les quarts de finale m'a obligé à rentrer prématurément chez moi, ce qui m'a beaucoup déplu d'un point de vue professionnel. En 2002, j'ai ressenti une immense satisfaction et aujourd'hui, je suis un supporter comme tous les autres".

Immédiatement après avoir prononcé ces mots, le célèbre arbitre, chaussé de lunettes spéciales, a assisté à la projection d'un film en 3D sur l'histoire de la Coupe du Monde de la FIFA. Il a ensuite officiellement inauguré l'événement romain en levant le voile qui cachait le Trophée, permettant ainsi à un petit nombre de professionnels présents et aux invités d'honneur d'admirer avant tout le monde, et dans toute sa splendeur, le précieux joyau en or massif de 18 carats. Collina, littéralement fasciné, s'est ainsi retrouvé en présence de l'objet tant convoité par les footballeurs du monde entier. Animé d'une curiosité d'enfant, il s'est approché du Trophée pour observer un détail qui, en 2002, lui avait échappé. Sous le socle ont été inscrits, dans la langue du pays d'origine, tous les noms des vainqueurs de la Coupe du Monde de 1974 à 1982.

José Altafini, quant à lui, a été le premier à parcourir l'exposition de maillots ayant appartenu aux différentes sélections italiennes ; une exposition à laquelle ont contribué la FIGC et le musée de Coverciano, centre d'entraînement historique des différentes sélections nationales situé à Florence, en Toscane. Outre le Trophée et le film en 3D, le public qui se rendra à l'Auditorium pourra admirer le maillot que portait Silvio Piola lors de la Coupe du Monde de la FIFA 1938, de même que celui de Fabio Cannavaro, l'un des protagonistes de la rencontre amicale Italie - Allemagne du 1er mars. Des tenues qui n'ont en commun que la couleur bleu. Mais les Italiens espèrent bientôt y voir une autre similitude : il y a soixante-douze ans, l'Italie remportait la Coupe du Monde de la FIFA, un triomphe dont les Italiens souhaiterait voir la réédition dans trois mois.