Ce mardi 4 juillet, à 21h, l'Allemagne et l'Italie s'affronteront pour la cinquième fois depuis la naissance de la Coupe du Monde de la FIFA. A noter que les Allemands n'ont jamais réussi à s'imposer contre la Squadra Azzurra. FIFAworldcup.com retrace l'histoire de ces grands duels entre deux géants du football mondial.
Le "match du siècle"
Le 17 juin 1970 est resté gravé dans les mémoires des supporters allemands et italiens. Encore aujourd'hui, ils évoquent avec passion cette demi-finale disputée dans le Stade Azteca de Mexico. Ils vont même jusqu'à qualifier cette rencontre de "match du siècle". Il est vrai que dans toute l'histoire du tournoi, peu de rencontres ont été aussi tendues et aussi spectaculaires que celle-ci. Souffrant d'une luxation de l'épaule, Franz Beckenbauer porte le bras en écharpe et se traîne sur le terrain. Le "Kaiser" souffre, mais ne sombre pas. Finalement, les Allemands s'inclineront 3-4 après prolongation, au terme d'une rencontre riche en rebondissements
D'entrée de jeu, l'Allemagne se laisse surprendre par un but de Roberto Boninsegna. Avec leur Catenaccio, les Italiens espèrent envoyer les Allemands aux portes du désespoir. Mais Karl-Heinz Schnellinger sauve son équipe à la toute dernière seconde du match : sur un centre de Jürgen Grabowski, le pensionnaire du Milan AC égalise à la 92ème minute. Les deux équipes jouent alors la prolongation qui entrera dans les annales du football mondial.
A la 95ème, Gerd Müller donne l'avantage à son équipe (2-1), mais les Allemands ont du mal à résister à la chaleur et sont rongés par la fatigue de leur quart de finale contre l'Angleterre. En l'espace de quelques minutes, Tarcisio Burgnich (98') et Luigi Rivera (104') renversent la vapeur en faveur de l'Italie. A la 110ème, Gerd Müller porte le score à 3-3, mais les joueurs latins reprennent l'avantage deux minutes plus tard : Gianni Rivera concrétise une très belle action collective de la Squadra azzurra (112') et marque ainsi le but de la victoire.
"Je suis tombé à genoux et tous mes coéquipiers sont venus me féliciter. Ces embrassades de Riva et de Boninsegna, c'était comme recevoir des baisers de Gina Lollobrigida et Sophia Loren", raconte Rivera à propos de cette victoire mémorable.
Finale de 1982 : le triomphe de l'Italie
Douze ans plus tard, l'Italie et l'Allemagne sont de nouveau adversaires. Elles se retrouvent cette fois sous le grand ciel bleu d'Espagne. Ce jour-là, les spectateurs assistent à un véritable choc des titan : Dino Zoff, Giuseppe Bergomi, Claudio Gentile, Marco Tardelli et bien sûr Paolo Rossi défendent les couleurs de l'Italie, tandis que Hans-Peter Briegel, Paul Breitner, Bernd Förster, Pierre Littbarski et Karl-Heinz Rummenigge représentent l'Allemagne. Avec tant de stars sur le terrain, ces 90 minutes s'annoncent pleines de suspense. Et les supporters ne seront pas déçus.
Pourtant, la première mi-temps s'avère plutôt calme : Antonio Cabrini loupe un penalty pour l'Italie. Il faut attendre la deuxième période pour que le match s'enflamme vraiment. Vêtus de leurs célèbres maillots bleus, les Italiens prennent les commandes du milieu de terrain et envahissent progressivement le camp allemand. Le match devient alors hectique, les Latins bénéficiant d'une série de coups francs. Sur un tir de Marco Tardelli, Claudio Gentile adresse un centre parfait à Paolo Rossi, qui reprend de la tête et ouvre le score pour l'Italie.
Les Allemands doivent très vite revenir dans le match s'ils veulent conserver une chance de remporter cette finale. Stielike s'infiltre dans la défense et se crée plusieurs occasions. Fischer, Rummenigge, Littbarski, les attaquants allemands se rapprochent de plus en plus de la surface de réparation, mais la défense italienne tient bon. Puis Marco Tardelli parvient à surprendre le portier allemand, Toni Schumacher : sa frappe du pied gauche à l'entrée de la surface de réparation trouve le chemin des filets. Le score est de 2-0 pour l'Italie. L'image d'un Tardelli jubilant est restée légendaire : les deux poings levés vers le ciel, il laisse exploser sa joie. Toute l'Italie exulte avec lui. Vers la fin de la rencontre, Allesandro Altobelli marque un troisième but pour son équipe, tandis que Paul Breitner sauve l'honneur pour l'Allemagne.
Deux nuls 0-0
Le premier duel Allemagne Italie remonte à 1962, à Santiago du Chili. Les deux pays se retrouvent dans le Groupe B et font match nul 0-0 au premier tour. Le score est certes resté vierge, mais les deux équipes se sont créé de multiples occasions. Dès le premier quart d'heure de jeu, la frappe de l'Allemand Uwe Seeler trouve la barre transversale. De l'autre côté du terrain, Omar Sivori et Gianni Rivera laissent passer deux belles occasions. Les gardiens de but sont aussi excellents l'un que l'autre. Le jour de ses 21 ans, le jeune Wolfgang Fahrian a la lourde tâche de défendre les buts allemands. Il se montrera très convaincant. Son homologue italien n'est autre que Lorenzo Buffon, un cousin éloigné de Gianluigi Buffon, l'actuel portier de la Squadra Azzurra.
En 1978, les deux équipes se rencontrent au deuxième tour de la Coupe du Monde de la FIFA, à l'Estadio Monumental de Buenos Aires. Malgré le brouillard épais, les spectateurs assistent à une bataille très serrée entre les défenseurs allemands et les Italiens souverains. La RFA, qui a concédé deux matches nuls (0-0) au premier tour, suivis d'une écrasante victoire 6-0 contre le Mexique, considère ce nouveau 0-0 contre l'Italie comme une victoire.
Lorsque les deux équipes entreront sur le terrain, ce mardi en demi-finale de la Coupe du Monde de la FIFA, Allemagne 2006, la Mannschaft déploiera un jeu défensif solide, comme autrefois, mais elle pourra également compter sur la présence de ses redoutables attaquants. Une chose est sûre, ce cinquième duel Allemagne Italie nous promet bien des surprises.