
Les chants et les cris de victoire ont résonné longtemps dans le vestiaire de l'Allemagne. Quelques minutes après le net succès 4:1 contre l'Angleterre, les triples champions du monde avaient bien du mal à cacher leur satisfaction dans les couloirs du stade Free State de Mangaung/Bloemfontein. FIFA.com s'est entretenu en exclusivité avec le buteur Miroslav Klose et le défenseur Arne Friedrich pour tenter de comprendre les raisons de ce triomphe.
"Plusieurs facteurs ont joué en notre faveur", estime le capitaine du Hertha Berlin. "Nous avons fait parler notre collectif, nous ne nous sommes pas désunis tout au long des 90 minutes et, surtout, nous étions beaucoup affûtés physiquement." L'homme aux 76 sélections n'est en tout cas pas peu fier de l'exploit accompli par son équipe. Il faut dire que Friedrich fait aujourd'hui partie des cadres au sein d'une sélection allemande largement rajeunie et emmenée par les jeunes prodiges comme Mesut Özil ou Thomas Müller, auteur d'un doublé cet après-midi.
Le collectif au service de la tactique
"Sur le papier, les Anglais étaient les plus forts. Il n'y a que de grands joueurs dans cette équipe. Mais je crois que nous avons su compenser notre manque d'expérience par un esprit d'équipe à toute épreuve", poursuit le défenseur international allemand. Visiblement, Miroslav Klose est du même avis. Comme en 2006, le buteur attitré de la Mannschaft sème la panique dans les défenses adverses en jouant de son physique, de sa combativité et de son agressivité. En quatre ans, la recette n'a rien perdu de sa fraîcheur, puisque l'attaquant du Bayern Munich a inscrit face aux Three Lions son 50e but en 99 sélections. Les attaquants sont souvent réputés pour leur égoïsme mais, en la circonstance, Klose préfère la jouer collective : "C'est notre cohésion qui nous a permis de l'emporter. Tout le monde s'est mis minable pour l'équipe aujourd'hui. Chacun a fait sa part du travail et c'est ce qui a fait la différence !"
Les 40 510 spectateurs venus assister à ce huitième de finale ont sans doute été impressionnés par la qualité du jeu offensif allemand, savant mélange de combinaisons, de redoublement de passes et d'exploits individuels. De son côté, Joachim Löw a été littéralement enthousiasmé : "J'ai déjà vu mon équipe réussir de bons matches mais c'est la première fois que j'assiste à une prestation aussi grandiose. Nous avons été excellents sur le plan tactique. Nous ne voulions surtout pas laisser l'initiative à cette équipe d'Angleterre très expérimentée".
Des allures de champion
Au milieu de ce concert de louanges, un joueur en particulier se détache. Thomas Müller, 20 ans, est en train de démontrer qu'il appartient au cercle très fermé des plus grands attaquants du monde. Le jeune prodige du Bayern Munich compte déjà trois buts et trois passes décisives à son actif, ce qui fait de lui le joueur le plus efficace du tournoi. "Il a des qualités incroyables. Il ne se déconcentre jamais. Malgré son manque d'expérience, il n'est jamais nerveux. Quand il se présente face au but, il est toujours sûr de son fait. Le sang-froid et la précision avec lesquels il exploite chacune de ses occasions sont tout simplement extraordinaires", explique le sélectionneur allemand, manifestement conquis par le talent de l'Homme du Match Budweiser.
Après avoir connu la défaite au premier tour, l'Allemagne a frappé un grand coup en se débarrassant d'un rival potentiel dans la course au titre suprême. Sur le terrain, l'équipe allie un collectif savamment huilé à des moments de pure inspiration, le plus souvent sous l'impulsion de ses plus jeunes éléments. Tout le monde s'accorde à penser que la Mannschaft version 2010 possède toutes les qualités d'un futur champion du monde. Mais Löw tient à ce que ses joueurs gardent les pieds sur terre. "Les prochains adversaires seront encore plus forts", prévient-il. "Que ce soit l'Argentine ou le Mexique, la tâche sera rude. Alors, pas question d'endosser le rôle de favoris !"









