
L'Argentin Carlos Tevez est un guerrier. Depuis ses débuts, dans la cité Fuerte Apache de Buenos Aires, l'actuel pensionnaire de Manchester City est habitué à lutter contre l'adversité. Doit-on alors s'étonner de le voir briller à nouveau dans cette Coupe du Monde de la FIFA 2010 ?
"Messieurs, c'est impossible de ne pas le mettre dans l'équipe-type. Que voulez-vous que je fasse ? Il évolue à un niveau impressionnant, il est en pleine bourre", avançait Diego Maradona avant l'entrée en lice de son équipe, contre le Nigeria. Aujourd'hui, après quatre matches disputés en Afrique du Sud, El Apache a donné raison à son entraîneur.
"Je me suis préparé comme jamais pour cette compétition et par bonheur, les résultats suivent. J'ai démontré que je n'étais pas mort", indique le buteur du soir contre le Mexique, après sa fastueuse prestation à Soccer City. Ses déclarations ont de quoi attirer l'attention. Il y a trois mois en effet, il avait lui-même affirmé ne pas être au niveau pour intégrer l'équipe nationale. Que cette époque semble lointaine !
L'ancien Red Devil a ouvert le score d'une déviation de la tête suite à une action initiée par Lionel Messi. Plus tard, il a tué le match d'une frappe spectaculaire déclenchée depuis l'extérieur de la surface. "J'avais besoin d'un match comme ça", analyse l'Homme du Match Budweiser. "Diego Maradona m'avait dit qu'il me préférait au poste d'attaquant. Il m'avait demandé de ne pas dézoner autant, comme si j'étais milieu de terrain. Mais je ne peux pas m'empêcher de revenir pour aider au pressing, j'ai ça dans le sang", s'excuse-t-il presque.
Deux buts, une générosité sans limite dans le pressing et une grande facilité à combiner avec ses coéquipiers... Ce soir, Tevez a été au four et au moulin avant d'être remplacé par Juan Sebastian Verón. Compte tenu du niveau qu'il a affiché ce soir, ce changement ne l'a pas comblé de joie… "Je n'aurais pas dû faire la tête comme ça quand je suis sorti, mais bon, on n'aime jamais être remplacé quand on joue bien. J'en profite pour présenter mes excuses publiques. Mes coéquipiers ne méritent pas que je me mette dans ces états-là."
L'heure de la revanche ?
Carlitos fait partie des survivants de l'équipe éliminée par l'Allemagne en 2006. Pour lui cependant, la grande revanche se situe ailleurs que dans le quart de finale contre les Allemands. Elle concerne son temps de jeu, qu'il souhaite supérieur à celui d'il y a quatre ans. "Je me défonce pour ce maillot. Je donne tout ce que j'ai sur le terrain pour mériter ma place. C'est la meilleure période de ma carrière internationale. J'espère qu'elle va durer encore longtemps. Les Allemands ? Ça va faire un très beau match, mais il ne faudra pas l'aborder comme une revanche. Il faut le jouer sereinement et tirer des enseignements des erreurs commises en 2006."
Ces paroles ont été prononcées par Carlitos Tevez, le partenaire idéal de Lionel Messi au sein de l'équipe argentine. Cet homme "capable de faire basculer un match sur une seule action", tel que le définit Nicolás Burdisso. Cet homme qui "a tué le match avec un but énorme", se lamente le gardien mexicain Oscar Pérez. Ou tout simplement Carlitos, comme il est appelé dans le quartier où il a appris à s'arracher pour se mettre en valeur.









