
Souvent il suffit d’un match pour faire basculer une carrière. 90 minutes - voire plus - et l’on ne vous voit plus de la même façon. Ce Etats-Unis - Ghana, huitième de finale d’Afrique du Sud 2010, a pris des allures de charnière dans le parcours professionnel de André Ayew. Lui qui vient sans doute de passer de "Dédé", ce jeune garçon talentueux, fils de la légende Abedi Pelé, à Ayew, le futur patron des Black Stars.
"Il a été grand ce soir. Je suis très heureux pour lui", déclarait John Pantsil à FIFA.com à l’issue de cette rencontre. "Il s’impose petit à petit dans l’équipe. C’est clairement l’un des plus talentueux du groupe. Aujourd’hui il a prouvé qu’il pouvait tenir le onze sur ses épaules".
Au four et au moulin pendant 120 minutes, on a pu le voir à gauche, à droite et même dans l’axe à la sortie de Kevin-Prince Boateng. Avec le culot de ses 20 ans, il n’a même cessé de replacer l’expérimenté Stephen Appiah dans les dernières minutes.
Talentueux mais modeste
"C’est un super garçon", ajoutait Anthony Annan pour FIFA.com. "Depuis son arrivée chez les A, il a toujours été très respectueux des plus anciens. Il écoute leurs conseils et travaille dur pour s’imposer. Même s’il aurait le talent pour, il n’est pas du genre à se mettre en avant. Nous sommes tous très heureux pour lui".
Point d’orgue de cette partition de grande classe, il est celui qui a lancé Asamoah Gyan pour le 2:1 décisif. D’une merveille de longue ouverture en profondeur, il a mis le meilleur buteur ghanéen sur orbite. En grande partie grâce à lui, le Ghana a ce soir rejoint le Cameroun (1990) et le Sénégal (2002) dans l’histoire de la Coupe du Monde de la FIFA. Elles sont les seules équipes africaines à avoir atteint un quart de finale.
Comme pour mieux prouver la modestie que ses coéquipiers évoquaient plus tôt, André a fini par s’arrêter au micro de FIFA.com pour nous tenir ce discours : "Cela fait plaisir d’être nommé meilleur joueur d’un match de Coupe du monde à seulement 20 ans, c’est sûr. J’estime avoir fait un bon match, mais pas non plus une performance extraordinaire. Le coach me fait confiance et c’est la moindre des choses que de tout donner pour lui".
Un carton, le quart s'envole
Sans même avoir le temps de lui poser une autre question, il met déjà son cas personnel de côté pour ne parler que de collectif. "Tout le monde a fait un grand match ce soir. Nous nous sommes battus comme des lions, avons montré beaucoup de détermination et de sérieux. Nous méritons cette place dans les huit meilleures équipes du monde".
Seul point noir dans sa prestation au Royal Bafokeng Stadium de Rustenburg, ce carton jaune récolté bêtement et qui le privera du quart de finale face à l’Uruguay.
"C’est rageant… Maintenant j’espère que les collègues se qualifieront pour que je postule à une place dans le onze pour la demi-finale. Là ce sera un moment historique. Pour l’instant nous n’avons fait que notre boulot". Et Ayew pourra alors prouver qu’il n’est plus seulement ce jeune "Dédé" que les anciens cherchent tant à protéger.









