Palermo, le phénix albiceleste
© Getty Images

Les Argentins disent souvent que la carrière de Martín Palermo devrait faire l'objet d'un film. Ils ont sûrement raison. D'ailleurs, son seul parcours sous le maillot albiceleste a des allures de saga...

Vous trouvez cela exagéré ? Voici le script : le 5 juillet 1999, Palermo entre dans l'histoire en manquant trois penalties au cours d'une même rencontre, contre la Colombie, à la Copa América. Après ce match, ils sont nombreux à prédire la fin de sa carrière internationale, même si El Loco continuer d'empiler les buts importants avec Boca Juniors. La prophétie va longtemps se vérifier puisqu'aucun sélectionneur ne va faire appel à ses services avant l'arrivée de Diego Maradona aux commandes.

Quand Palermo fait les choses, il les fait rarement à moitié. Son retour, le 10 octobre 2009 contre le Pérou, en qualifications pour Afrique du Sud 2010, va prendre une dimension épique. Ce jour-là, sous une pluie torrentielle, en toute fin de match, le grand gaillard inscrit le but de la victoire 2:1 qui permet à l'Argentine d'aborder la dernière journée du marathon qualificatif en ballotage favorable.

Doyen des buteurs
Le Boquense a dû attendre l'annonce de la liste des 23 de Maradona pour savoir s'il pourrait enfin participer à sa première Coupe du Monde de la FIFA, à 36 ans et plus de 230 buts inscrits en carrière. L'attente en valait la peine. En scellant la victoire 2:0 contre la Grèce à Polokwane, Palermo est devenu le doyen des buteurs argentins dans l'épreuve suprême.

"Je ne le savais pas. Mais vous trouvez toujours de nouvelles statistiques à me faire découvrir… Celle-ci m'apporte une plus grande fierté car je l'ai décrochée avec le maillot de la sélection", indique le protagoniste à la FIFA, quelques minutes après avoir de nouveau inscrit son nom dans l'histoire du football argentin.

Après ce but marqué de son pied faible, le droit, le vieux briscard s'est adonné à deux séances d'embrassades. La première avec tous ses coéquipiers. "J'ai été ému. Ils ont tous vécu ça comme s'ils avaient eux-mêmes marqué ce but. Je suis très heureux d'avoir reçu toute cette affection de leur part", confie celui que Carlos Bianchi avait un jour surnommé l'Optimista del gol (l'optimiste du but).

Merci Diego !
La deuxième scène d'effusions a été réservée à Maradona. "Je lui serai éternellement reconnaissant de m'avoir offert cette opportunité. Depuis le début de ma carrière, j'ai vu passer beaucoup de Coupes du Monde sans jamais faire partie de l'aventure. À 36 ans, je réalise un rêve en me retrouvant ici, dans un groupe d'immenses stars. Je serai éternellement reconnaissant à Diego".

Et qu'en dit le sélectionneur albiceleste ? "Pour Martín, il s'est passé quelque chose de fou. Avant de décider du changement, je discutais avec [Héctor] Enrique et [Alejandro] Mancuso [ses assistants]... Ils me disaient de mettre El Pipita [Gonzalo Higuaín]... J'ai dit : 'Ah oui ? Appelle Martín'. Et ça a bien réussi. Avant son entrée en jeu, je lui ai dit 'Allez, tu me tues ce match', rien de plus..."

Au vu de la scène d'aujourd'hui, la saga Palermo pourrait proposer de nouveaux épisodes en Afrique du Sud. Comment en effet décréter le clap de fin avec un tel phénomène ?