
En principe, les grandes personnes ne pleurent pas. Encore moins les colosses connus pour leurs tacles dévastateurs et leur courage sans limite.
Pourtant, en entendant l'hymne néo-zélandais retentir dans le stade de Rustenburg à 13 heures 25, Ryan Nelsen a dû lutter pour retenir ses larmes. Après onze années de bons et loyaux services, l'intrépide défenseur des Kiwis s'apprêtait à faire sa première apparition dans une compétition que peu de footballeurs néo-zélandais ont eu l'occasion de disputer, la Coupe du Monde de la FIFA.
"J'étais très ému", a-t-il confié à FIFA.com à l'issue des débats. "Représenter son pays, c'est toujours une occasion particulière mais, cette fois, c'est la Coupe du Monde. C'est la plus grande compétition. J'en rêvais depuis longtemps".
Au coup de sifflet final, Nelsen a de nouveau été submergé par l'émotion. Considérée comme un simple outsider, la Nouvelle-Zélande venait d'arracher le point du nul à la Slovaquie (1:1), après avoir été dominée pendant une bonne partie de la rencontre.
Danses et chants dans le vestiaire
"C'était incroyable", s'enthousiasme le défenseur de Blackburn. "Pourtant, nous y avons toujours cru. Même quand ils ont confisqué le ballon, nous savions que nous aurions au moins une occasion. Nous avons manqué une première opportunité (à six minutes du terme, Shane Smeltz, tout seul au second poteau, a manqué le cadre, ndlr) mais nous n'avons pas oublié qu'un match n'est jamais fini avant le dernier coup de sifflet".
Voilà une leçon que la Slovaquie devra retenir. Ancien international danois U-21, Winston Reid a remis les deux équipes à égalité d'un coup de tête rageur, à la 93ème minute. Ce petit exploit avait des allures de cadeau de bienvenue, de la part d'un joueur qui a rejoint la sélection néo-zélandaise en mars dernier.
"L'ambiance dans les vestiaires était phénoménale. Evidemment, nous étions ravis. On a chanté des airs traditionnels et une équipe de télévision nous a même filmés en train de danser", poursuit Nelsen, le sourire aux lèvres. "C'était génial".
Une carte à jouer contre l'Italie
C'est désormais l'Italie, championne du monde en titre, qui se profile à l'horizon. Sur le papier, les deux équipes n'ont rien à voir mais les Kiwis ont déjà trouvé des raisons d'espérer. Après ce résultat positif, les All Whites ne manqueront pas de confiance, alors que les Azzurri devront effacer l'impression mitigée laissée contre le Paraguay (1:1). L'année dernière, les protégés de Marcello Lippi avaient peiné pour venir à bout de la Nouvelle-Zélande (4:3), en amical à Atteridgeville. Depuis cette époque, les champions d'Océanie estiment avoir progressé. Enfin, Nelsen pense que son équipe dispose d'un sérieux avantage dans le domaine aérien.
"Nous avons de grands joueurs qui savent utiliser leur gabarit pour poser des problèmes à l'adversaire. L'Italie possède une excellente équipe mais nous avons des raisons d'y croire. Si nous restons solides derrière et que nous corrigeons quelques petits défauts, nous devrions pouvoir obtenir un résultat positif".
"Nous avons montré aujourd'hui que tout peut arriver en football. Nous nous sommes donné une chance d'atteindre les huitièmes de finale. Nous avons encore deux matches très difficiles à jouer contre l'Italie et le Paraguay mais c'est notre objectif. Mais il ne faut pas se le cacher : si nous passons, ce sera probablement le plus grand exploit de l'histoire du pays".








