
"Peu importe qu’il soit en seconde division, je l'emmènerais en Afrique du Sud même s’il était en troisième division ! Je me fiche d’ailleurs de savoir où les joueurs jouent tant qu’ils jouent bien". Comme Diego Maradona évoquant le cas de son milieu de terrain Jonas Gutierrez, pensionnaire de Newcastle, ils sont quelques sélectionneurs à avoir ouvert les portes du paradis à des joueurs qui ont passé l’année au purgatoire. De la seconde division à la plus grande des compétitions, FIFA.com fait le tour du monde de ces joueurs de D2 présents à Afrique du Sud 2010.
A entendre certaines réactions parmi la vingtaine de mondialistes concernés, la nouvelle était inespérée. Ainsi l’Algérien Djamel Mesbah, au sortir de sa saison 2009/10 passée au club de Lecce en Serie B italienne avouait : "Ce qui m’arrive est la preuve qu’il ne faut jamais perdre espoir. Dans la vie, tout peut toujours arriver. Peut-être encore plus en football…" Il pourra partager ses sentiments avec Carl Medjani (Ajaccio), Djamel Abdoun (Nantes) ou encore Rafik Saïfi (Istres), tous représentants de la Ligue 2 française et appelés à être des Fennecs en Afrique du Sud.
Placard, antichambre et suite
L’histoire prend même pour certains des airs de conte de fée, lorsque l’antichambre des élites prend la forme de luxueuses suites. Ainsi, Carlos Bocanegra, capitaine des Etats-Unis, résume l’histoire de son compatriote Jay DeMerit, passé de longues années par le football amateur : "Son histoire est vraiment sympa, celle d’un gars qui tapait un ballon contre les murs d’une ferme dans le Wisconsin à la Premier League". Si son club, Watford, a depuis été relégué, DeMerit va côtoyer les étoiles sud-africaines avec les Stars and Stripes.
Même son de cloche, du côté du gardien de but australien Adam Federici. Lui qui avoue avoir "évolué dans le football amateur car il fallait bien que je m’habille et que je mange !", vit un rêve éveillé d’abord avec son club de Reading, mais plus encore avec les Socceroos australiens. D’ailleurs pour expliquer sa présence en Afrique du Sud, Federici s’en remet à ses plus étonnants exploits : "Quand j’ai marqué contre Cardiff, j’ai reçu un SMS du sélectionneur m’indiquant qu’il aimait les gardiens qui marquaient des buts, donc j’espère que ça va jouer en ma faveur pour la Coupe du Monde."
Mais Federici n’est pas le seul que Pim Verbeek a accepté de sortir du placard des secondes divisions. Carl Valeri (Sassuolo), Dario Vidosic (Duisbourg) et Mark Milligan (JEF United Ichihara) seront eux aussi du voyage. "J’avais besoin de quitter l’Australie et de passer une ou deux bonnes années afin que Pim pense à nouveau à moi. C’était le moment de grandir, je crois. Je savais ce que j’avais à faire pour être à la Coupe du Monde. J’ai gagné en maturité et sans ce transfert, je ne ferais pas partie du groupe mondialiste", assure même ce dernier, après avoir quitté les Newcastle Jets australiens en 2009 pour s’aguerrir d’abord en Chine puis en seconde division japonaise.
Son presque homonyme en Nouvelle-Zélande, Dave Mulligan, n’est lui dans aucune division, car sans club, à l’heure de représenter les Kiwis à l’épreuve reine. Son coéquipier Simon Elliott est dans la même situation. Il faut croire que le sélectionneur ne se cantonne qu’au seul talent de ses joueurs plus qu’au club dans lesquels ils jouent puisque pas moins de cinq joueurs jouent par ailleurs dans des divisons inférieures à celles de l’élite : Tommy Smith (Ipswich Town), Chris Wood (West Bromwich Albion), Jeremy Christie (Tampa Bay), Rory Fallon (Plymouth) et Chris Killen (Middlesbrough).
Un air de famille, et de déjà-vu
De leur côté, les Slovènes Jasmin et Samir Handanovic ont beau être cousins, jouer tous les deux en Italie, et au même poste, leur trajectoire est radicalement différente. Si le second est le gardien incontesté en sélection et à l'Udinese, Jasmin lui est relégué en troisième division avec son club de Mantova. Pour autant, gageons que sa présence en Afrique du Sud réduit à elle seule la distance entre lui et son benjamin de cousin. Matej Mavric, pensionnaire du TuS Koblenz en Allemagne, et son capitaine Robert Koren qui a élu domicile à Birmingham sous la bannière de West Bromwich Albion feront s’il le faut la liaison.
La plupart de ces joueurs goûteront donc, pour la première fois, à la crème du football mondial à l’occasion d’Afrique du Sud 2010. Mais d’autres, avant d’être dans des divisions secondaires, ont déjà trempé les lèvres dans ce prestigieux calice, et ont l’occasion d’en reprendre une rasade. Aujourd’hui avec WBA, Marek Cech a connu la gloire avec son club de Porto, y gagnant deux titres de champion national, et des participations à la prestigieuse Ligue des champions de l'UEFA. La star mexicaine Cuauhtémoc Blanco, aujourd’hui à Vera Cruz, éblouissant hier à France 1998 et Corée/Japon 2002 s’offre, à 37 ans, une nouvelle chance de montrer son coup du crapaud à l’occasion du plus prestigieux des tournois mondiaux.
Le Camerounais Georges Mandjeck et son coéquipier slovaque Erik Jendrisek à Kaiserslautern, Martin Petras (Cesena), le Hondurien Julio César De Leon (Torino), le Serbe Antonio Rukavina (Munich 1860), le Sud-Coréen Kim Bo Kyung (Oita Trinita), le Chilien Claudio Bravo (Real Sociedad), le Ghanéen André Ayew (Arles Avignon) complètent ce tableau d'honneur.





