Quelques secondes avant l'instant décisif, tous les regards des membres de la délégation brésilienne étaient fixés sur la petite enveloppe que tenait le Président Joseph S. Blatter. A l'intérieur, une petite carte indiquant le nom du pays choisi pour organiser l'édition 2014 de la Coupe du Monde de la FIFA. Et, enfin, la confirmation tant attendue : le Brésil accueillera à nouveau la plus prestigieuse des compétitions !

Mais, à en croire le président Luiz Inacio Lula da Silva, le Brésil n'est pas le seul vainqueur. "Ce n'est pas une victoire pour le Brésil, mais pour l'ensemble du monde du football, s'est-il exclamé. Je dis cela, car je suis convaincu que nous allons vivre un très beau tournoi. Cela faisait un certain temps que nous rêvions d'accueillir à nouveau la Coupe du Monde. Le football est le sport national au Brésil et nos compatriotes seront ravis d'accueillir le reste du monde."

Champion du monde 1994, Romario avait fait le déplacement au siège de la FIFA de Zurich en compagnie du président brésilien. "Je suis très heureux, confiait-il. C'est un grand honneur de vivre des moments comme celui-ci. Evidemment, je suis content que mon pays ait été choisi, mais je crois sincèrement que le Brésil est capable d'organiser un tournoi qui restera dans les mémoires."

"Le Brésil est un pays qui regorge de merveilles. Les gens vont découvrir tous les atouts de notre pays. De plus, les Brésiliens sont des gens merveilleux, très chaleureux. Ils seront enchantés d'accueillir des visiteurs venus du monde entier. Tout le monde connaît la Coupe du Monde, c'est une compétition à nulle autre pareille. Aujourd'hui, c'est à nous qu'il revient d'organiser cette grande fête du football et je suis convaincu que ce sera un grand succès."

Dunga, capitaine de l'équipe championne du monde en 1994 et actuel sélectionneur national, ne pouvait qu'acquiescer à de tels propos : "Le Brésil était le meilleur choix possible. Nous possédons une riche histoire, comme le prouvent nos cinq titres de champions du monde, et nous disposons des infrastructures pour organiser un tel événement. Le Brésil est un pays très dynamique. Nous allons montrer au reste du monde de quoi nous sommes capables".

Responsabilités
Evidemment, l'organisation d'une telle compétition implique de lourdes responsabilités. Mais le président Lula se dit prêt à les assumer : "Chaque pays qui se voit accorder cet honneur accepte les obligations qui l'accompagnent. Nous avons sept ans devant nous, mais nous sommes bien conscients que le Brésil doit encore progresser dans certains domaines. Nous devons poursuivre le développement de nos stades, de nos infrastructures et d'autres choses encore".

"Toutefois, nous avons donné un bon exemple de notre capacité à gérer de tels événements à l'occasion des Jeux Panaméricains (qui ont eu lieu à Rio de Janeiro un peu plus tôt dans l'année). Avec nos joueurs talentueux, notre créativité, notre passion pour le football et notre volonté de réussir quelque chose de grand, nous avons toutes les cartes en main pour organiser une belle Coupe du Monde. Le Brésil est face à ses responsabilités, mais je suis convaincu que nous saurons répondre présent."

"Bien entendu, c'est une excellente nouvelle pour tout le pays. Pensez un peu à ce que seraient devenus des garçons comme Dunga et Romario, nés dans des familles modestes, sans le football. Le football est la chose la plus démocratique au monde. Grâce à lui, un enfant des rues peut devenir une superstar. Nous allons nous servir de la passion qui brûle dans le cœur de chaque Brésilien pour mettre en place une magnifique organisation."

Romario, lui aussi, est revenu sur l'impact social d'une telle décision : "C'est une opportunité pour tous nos compatriotes. Nous allons pouvoir démontrer que ceux qui veulent s'en sortir peuvent y arriver, quelles que soient leurs origines. Je crois que le Brésil va beaucoup évoluer au cours des sept prochaines années et que de nombreuses opportunités vont se présenter à ceux qui sauront les saisir".

Le mot de la fin revient à Dunga : "Le Brésil va beaucoup apprendre de cette expérience, que ce soit sur le plan du jeu, mais aussi en tant que nation. C'est une bonne chose que les Brésiliens, qui ne vivent que pour le football, puissent assister à ce grand événement sans avoir à voyager à l'autre bout du monde. Le Brésil sera prêt à proposer un spectacle inoubliable en 2014".

Mais, dans l'immédiat, le sélectionneur national a des problèmes plus urgents. Il lui faut notamment choisir le groupe qui affrontera le Pérou et l'Uruguay lors des prochaines journées des éliminatoires de la Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du Sud 2010. D'autant que beaucoup de Brésiliens aimeraient voir la Seleção défendre un sixième titre mondial sur ses terres, en 2014...