La Coupe du Monde de la FIFA est le plus grand spectacle sportif qui soit. Pour les footballeurs des quatre coins du globe, elle représente un véritable Everest. Mais avant de participer à la grand-messe, les sélections, même les plus huppées, doivent décrocher leur carton d'invitation au prix de joutes parfois épiques.

Alors que les éliminatoires pour Afrique du Sud 2010 ont déjà commencé sur certains continents et sont sur le point de démarrer dans d'autres, FIFA.com a décidé de vous mettre l'eau à la bouche. Pour cela, nous revenons sur les exploits individuels et les surprises inoubliables qui ont marqué l'histoire des éliminatoires.

Le premier épisode de cette nouvelle série nous ramène à septembre 2001. A l'époque, Fabio Capello n'est à la Roma que depuis deux ans et l'Angleterre, sa future destination, commence tout juste à s'habituer à un nouveau sélectionneur étranger, très atypique, que la presse surnomme the iceman, l'homme de glace...

1er septembre 2001, Olympiastadion, Munich
Allemagne 1:5 Angleterre
Les buts : Allemagne (Jancker 6') ; Angleterre (Owen 12', 48', 66', Gerrard 45'+2', Heskey 74')

Allemagne : Kahn, Worns (Asamoah 45'), Linke, Nowotny, Boehme, Hamann, Rehmer, Ballack (Klose 65'), Deisler, Jancker, Neuville (Kehl 78')

Angleterre : Seaman, G Neville, Ferdinand, Campbell, A Cole, Barmby (McManaman 64'), Scholes (Carragher 83'), Gerrard (Hargreaves 78'), Beckham, Heskey, Owen

A l'époque
Vous aurez beau chercher, vous aurez du mal à trouver rivalité aussi féroce que celle opposant l'Allemagne et l'Angleterre. Depuis que Geoff Hurst a inscrit ce but tant controversé lors de la finale de la Coupe du Monde de la FIFA 1966, chaque rencontre entre ces vieux ennemis sent la poudre.

En octobre 2000, les Allemands se sont imposés 1:0 en éliminatoires, lors de la dernière rencontre disputée dans le vieux Wembley. Côté anglais, cette défaite a mis fin au mandat de Kevin Keegan et provoqué la nomination du premier sélectionneur étranger de l'Angleterre, Sven-Goran Eriksson. Quand ils se présentent à Munich pour le match retour, les protégés du Suédois comptent six points (et un match) de retard sur les Allemands.

La situation ne peut être plus simple : une victoire face aux hommes de Rudi Völler à l'Olympiastadion, où la Mannschaft est invaincue depuis 1973, serait pratiquement synonyme de qualification des Three Lions pour Corée/Japon 2002. Avec un résultat nul, l'Allemagne n'aurait plus besoin que d'un point pour son dernier match et l'Angleterre serait condamnée aux barrages.

Le match
L'Allemagne entame la partie en toute confiance. D'ailleurs, quand Carsten Jancker ouvre tranquillement le score dès la sixième minute, personne ne s'attend au scénario qui va suivre. Quelques minutes plus tard, Michael Owen joue les trouble-fête en signant une égalisation de belle facture.

Juste avant le repos, Steven Gerrard donne ensuite l'avantage aux visiteurs d'une puissante frappe lointaine précédée d'un contrôle de la poitrine. Deux minutes après la reprise, Owen remet le couvert. Profitant d'une intelligente remise de la tête d'Emile Heskey, il fusille Oliver Kahn. A la 66ème minute, l'attaquant de Liverpool, alors au sommet de son art, signe le triplé en faisant appel à toute sa vitesse pour convertir la passe en profondeur de Gerrard, qui a déchiré la défense allemande.

On croit le calvaire allemand terminé, mais ce n'est pas le cas. Heskey trouve encore le temps de remuer le couteau dans la plaie avant que Pierluigi Collina ne mette fin à ce match incroyable. Aussi euphoriques qu'incrédules, les supporters anglais vont faire durer le plaisir pendant de longues minutes après le coup de sifflet final.

Début 2002, un sondage consacré aux 100 plus grands moments du sport britannique classe l'exploit munichois en deuxième position, derrière la finale de 1966.

Le héros
Il n'y a pas photo. Avec sa tonitruante démonstration face à l'Argentine à France 1998, ce match représente sûrement le summum de la carrière internationale de Michael Owen. "Des résultats comme ça, ça n'existe que dans les rêves", avait alors déclaré la star, qui ne pointe qu'à neuf buts du record de Bobby Charlton en sélection.

Entendu
"Je n'arrive pas à croire que nous avons battu l'Allemagne 5:1 chez elle. C'est comme un rêve, c'est incroyable. Mon discours aux joueurs après le match a été simple : 'Je ne sais pas quoi vous dire'. Avant la rencontre, je leur avais dit que s'ils jouaient au foot comme ils savent le faire, ils étaient capables de battre n'importe quelle équipe, même l'Allemagne sur son terrain. Mais jamais je n'aurais pensé à ce score de 5:1", Sven-Goran Eriksson, sélectionneur de l'Angleterre.

"Je n'ai jamais vu une aussi belle équipe d'Angleterre. Je n'ai jamais vu une équipe d'Angleterre jouer aussi bien. Il y avait du rythme, de l'agressivité, du mouvement et de la technique. C'était un football de rêve. Quand les Anglais ont marqué leur troisième but, ils ont commencé à pratiquer un football qui aurait eu raison de n'importe quelle équipe au monde. Michael Owen était tout simplement irrésistible. Nos défenseurs étaient trop lents. Ils ne sont pas arrivés à maîtriser sa vitesse. En plus, il a été extraordinaire à la finition", Franz Beckenbauer.

Et après ?
Quatre jours plus tard, l'Angleterre battra l'Albanie 2:0. Les deux ennemis seront donc ex-æquo, mais les hommes d'Eriksson se qualifieront directement grâce à une meilleure différence de buts. Comme souvent, les Allemands auront le dernier mot. En barrage, la Mannschaft écartera l'Ukraine et contre toute attente, elle fera son chemin jusqu'à la finale de Corée/Japon 2002. Battu à cinq reprises par la bande à Owen, Kahn décrochera le Ballon d'or adidas. Quant à l'Angleterre, elle ne dérogera pas à ses habitudes en se faisant éliminer en quart de finale suite à une défaite 2:1 contre le Brésil.