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14 juin - 15 juillet

Coupe du Monde de la FIFA™

17 juin 1962 : Le Brésil s'élève, le Chili se relève

© Getty Images

"C’est précisément parce que nous n’avons rien que nous ferons tout." Ces mots célèbres, le président chilien de la CONMEBOL Carlos Dittborn les a prononcés à Lisbonne en 1956. Il voulait ainsi convaincre le Congrès de la FIFA d’offrir au Chili le droit d’organiser la Coupe du Monde de la FIFA 1962. La réponse favorable fut accueillie avec une immense joie par tout un pays. Quatre ans plus tard, ce dernier fut malheureusement frappé par le plus grand tremblement de terre jamais enregistré. Les dégâts furent incommensurables et plusieurs villes hôtes détruites. Tout le monde pensait alors que la septième édition du tournoi devrait être déplacée en urgence.

Mais avec l’aide de la FIFA, Dittborn et le peuple chilien ont travaillé sans relâche afin de réaliser l’impossible. Ainsi put avoir lieu, il y a 50 ans jour pour jour ce 17 juin 2012, la finale d’une compétition qui aura été contre toute attente parfaitement organisée.

Sur le terrain, malgré la blessure précoce du roi Pelé, le tournoi a tenu toutes ses promesses. Florian Albert, Amarildo, Bobby Charlton, Igor Chislenko, Didi, Garrincha, Drazan Jerkovic, Josef Masopust, Leonel Sanchez, Villiam Schrojf et Uwe Seeler ont fait le bonheur des fans en illuminant les pelouses sud-américaines de leur talent.

Exclusion sans suspension
La fierté des Chiliens fut également renforcée par la performance de leurs héros, qui ont déjoué tous les pronostics. Ils ont ainsi battu l’Italie 2:0 afin de franchir la phase de groupes, avant de dominer l’impressionnante URSS pour accéder aux demi-finales. Dans le dernier carré, la *Roja *s'est inclinée 4:2 face au Brésil, non sans lutter vaillamment. Le héros de ce match restera Garrincha, qui auteur d'un doublé qui a propulsé les champions en titre vers une nouvelle finale.

Il fut également exclu en fin de rencontre et aurait donc dû être privé du dernier match. Mais les récriminations du public chilien, qui voulait profiter encore des spectaculaires feintes de corps du joueur, permirent au numéro 7 de la Seleção d’obtenir une dérogation et d’être aligné face à la Tchécoslovaquie.

Cette dernière avait forcé le tenant du titre à concéder un nul 0:0 lors de la phase de groupes et en finale, les hommes de Rudolf Vytlacil se sont offert le luxe d’ouvrir le score après 15 minutes de jeu, par l’intermédiaire de Masopust. Les Européens savaient qu’ils devraient contenir Garrincha pour l'emporter. Mais le marquage serré de la star brésilienne a libéré de nombreux espaces de l’autre côté du terrain. Une faille que les joueurs d’Aymore Moreira se sont empressés d’exploiter afin de refaire leur retard et prendre l’avantage. C’est d’abord Amarildo, côté gauche, qui égalisait avant de centrer pour la tête victorieuse de Zito. À 12 minutes du terme, Vava a inscrit le dernier but brésilien, bien aidé par l’erreur du gardien Schrojf.

Deux grands vainqueurs
Près de 69 000 spectateurs massés dans l’Estadio Nacional ont assisté au triomphe du Brésil mais Chili 1962 a célébré de nombreux autres vainqueurs. Albert, Garrincha, Jerkovic, Valentin Ivanov, Sanchez et Vava se sont ainsi partagé le Soulier d’Or adidas. Le Colombien Marcos Coll est entré dans l’histoire en marquant sur un corner direct, permettant à son équipe de remonter un écart de trois buts pour décrocher un nul inespéré face à l’URSS (4:4). La Yougoslavie s'est débarrassée de deux équipes sud-américaines 5:0 puis 3:1, avant d’éliminer l’Allemagne de l’Ouest pour atteindre les demi-finales. Enfin, la Tchécoslovaquie a créé la surprise en s'invitant en finale.

Mais le grand vainqueur, le Brésil mis à part, fut sans conteste le Chili lui-même. Son équipe nationale a réussi l’exploit de décrocher la troisième place et son peuple a accompli un véritable miracle en se montrant capable d’organiser une Coupe du Monde de la FIFA™ mémorable, deux ans seulement après le terrible séisme qui avait frappé le pays.

Malheureusement, la personne à l’origine de cette réussite ne put voir les fruits de son incroyable dévouement. Dittborn est mort un mois et deux jours avant le début de la compétition. Le Chilien aurait sûrement été fier de voir le Brésil, pays où il est né, brandir le trophée, mais aussi de voir son pays d'adoption se relever d’une telle catastrophe naturelle pour offrir au monde un spectacle inoubliable. 

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