Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du Sud 2010™

11 juin - 11 juillet

Coupe du Monde de la FIFA 2010™

Les espoirs des Nations Unies pour l'Afrique

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"Ce pourrait être la renaissance de l’Afrique." Tel est l’espoir du Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, devant l’enthousiasme suscité par la première Coupe du Monde de la FIFA africaine. Il évoque pour FIFA.com le pouvoir fédérateur du sport et l’héritage potentiel du tournoi.

Que ressentez-vous à l’idée d’assister à la toute première Coupe du Monde de la FIFA organisée en terres africaines ?Je me sens extrêmement honoré d’être témoin de cet événement historique. L’euphorie de la population est palpable et je ne peux que partager l'impatience et l'enthousiasme ambiants. Je suis convaincu que la tenue de la Coupe du Monde en Afrique du Sud pourrait marquer la renaissance du continent.

Le tournoi peut-il aider l’Afrique du Sud, voire l’Afrique tout entière ?L’exemple du président Zuma et de l’ancien président Mandela est une source d’inspiration pour les autres dirigeants africains. Les Nations Unies espèrent que la Coupe du Monde de la FIFA servira de catalyseur de progrès dans le pays, dans la région et sur tout le continent. Divers acteurs internationaux, nationaux et locaux, dont des organismes publics, des ONG et des entreprises privées, s’en sont déjà servis comme d’un tremplin pour lancer des projets de développement. Je suis certain que ces programmes prospéreront et qu’ils conduiront à une expansion régulière et soutenue. L’Afrique du Sud et l’ensemble du continent doivent tirer parti des retombées de la Coupe du Monde.

Quels sont les dénominateurs communs entre les Nations Unies et la FIFA ?La FIFA et les Nations Unies se sont fixé des objectifs qui se rejoignent, tel le rapprochement des peuples dans un cadre propice à la paix et à la coopération. Elles sont toutes deux convaincues que la Coupe du Monde portera témoignage des possibilités de développement et de paix en Afrique, et elles voient dans le football un moyen d’atteindre leur but. La décision de confier l’organisation de la Coupe du Monde à l’Afrique du Sud en 2010 et au Brésil en 2014 prouve la volonté de la FIFA de développer bien plus que le jeu, puisque ces choix contribueront au développement de continents entiers.

Croyez-vous au pouvoir fédérateur du football ?Bien utilisés, les sports, dont le football, peuvent sans aucun doute être de puissants outils fédérateurs. Le cas le plus frappant est l’impact de la Coupe du Monde du Rugby tenue en Afrique du Sud, qui a galvanisé la Nation arc-en-ciel naissante. On peut également citer la victoire en Coupe d’Asie d’une équipe de football irakienne composée aussi bien de musulmans sunnites et chiites que de Kurdes. De même, les deux Corées ont défilé sous une même bannière aux Jeux Olympiques. Dans cet exemple, le football a rapproché un peuple déchiré par les conflits, mais il peut avoir un effet similaire à l’échelle mondiale. Depuis des décennies, les compétitions sportives internationales ont réuni des pays belligérants, des ennemis historiques et des nations rivales.

Quel est le principal atout du football, selon vous ?Le football est un sport à la fois simple et subtil. Il est pratiqué dans le monde entier, il s’adresse aux hommes comme aux femmes, et on peut y jouer pratiquement n’importe où. Qu’il s’agisse d’un tournoi planétaire, comme la Coupe du Monde, ou d’un match de rue, peu importe : le ballon rond insuffle confiance, espoir et fierté aux joueurs les plus modestes, de même qu’il promeut travail d’équipe et solidarité.

Les Nations Unies se servent-elles du football dans certains de leurs programmes d’aide ?Sous la direction de mon Conseiller spécial pour le sport au service du développement et de la paix, M. Wilfried Lemke, qui vient du milieu du football, le sport a fait son apparition dans les programmes d’intégration des Nations Unies. Nos organismes ont mis au point des projets innovants, dont beaucoup sont appliqués aujourd’hui en Afrique du Sud à l’occasion de la Coupe du Monde. S’ils sont trop nombreux pour être énumérés, je voudrais tout de même citer la chanson '8 Goals for Africa' (8 buts pour l’Afrique), car il s’agit d’une initiative menée conjointement, dans le cadre des OMD, par différents organismes des Nations Unies, qui ont uni leurs efforts afin de témoigner leur solidarité et leur soutien à l’Afrique pour la Coupe du Monde.

A votre avis, la FIFA et les Nations Unies pourraient-elles collaborer davantage et comment ?A travers des programmes tels que Football for Hope, la FIFA fait preuve d’une volonté évidente d’œuvrer non seulement au développement du football, mais aussi au développement par le football. Je suis convaincu qu’une collaboration accrue entre nos deux organisations se révélerait mutuellement profitable. J’encourage donc la FIFA à redoubler d’efforts en la matière dans le sillage de la Coupe du Monde et à travailler de concert avec tous les intervenants concernés aux Nations Unies.

Quel est votre premier souvenir d’une Coupe du Monde de la FIFA ?Ce n’est pas une Coupe du Monde qui m’a le plus marqué, mais un cadeau, un ballon de fortune que j’ai reçu lors de la réunion du Congrès olympique international qui s’est tenue à Copenhague l’an dernier. Il venait du Kenya, où il avait été fabriqué par des enfants avec des chiffons, du plastique et des ficelles. Ce qui m’a le plus touché et m’a donné de l’espoir pour les générations futures, c’est qu’il s’agissait d’un cadeau adressé par des enfants kenyans défavorisés à des enfants palestiniens. Ce ballon montrait que les enfants ne laisseraient rien les empêcher d’atteindre leurs objectifs et leurs rêves.

Pouvez-vous nous dire ce que vous avez ressenti lors de la Coupe du Monde de la FIFA 2002 qui s’est déroulée dans votre pays ?Je m’en souviens très bien. Séoul et le pays tout entier s’étaient transformés en un océan rouge, la couleur de l’équipe sud-coréenne. Nos joueurs se sont qualifiés pour les demi-finales et nous nous sentions portés par un immense sentiment d’euphorie, de fierté et de satisfaction d’avoir organisé la Coupe du Monde avec le Japon. Ce tournoi a témoigné du pouvoir fédérateur du football non seulement dans mon pays, mais aussi dans toute l’Asie et dans le monde.

Jouiez-vous au football dans votre jeunesse ?Oui, dans la cour de récréation et je me suis même cassé le bras lors d’un match quand j’étais au collège. Il m'arrive d'ailleurs de jouer encore de temps en temps. Il y a quelques jours, j’ai participé à un match caritatif en Ouganda, avec le président Museveni.

Avez-vous un favori pour Afrique du Sud 2010 ?Je vais confier un secret à vos lecteurs, en espérant qu’ils sauront le garder. Je connais déjà le vainqueur de cette Coupe du Monde, qui se trouve être aussi mon favori. L’Afrique sera la grande gagnante du tournoi. C’est une victoire pour le continent et pour tous ceux qui considèrent le sport comme un élément clé des efforts que nous déployons pour promouvoir la paix et la prospérité aux quatre coins du monde.

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