Pável Pardo est l'un des joueurs emblématiques de l'équipe du Mexique. Fort de ses 142 sélections et de ses deux participations à la Coupe du Monde de la FIFA, le capitaine aztèque est par ailleurs l'un des joueurs de son pays à avoir connu le rare bonheur de battre les Etats-Unis chez eux. C'est exactement ce que les visiteurs essaieront de faire, mercredi à Columbus (Ohio), à l'occasion du choc entre les deux géants de la CONCACAF.
Quelques semaines après son retour d'Allemagne, où il a fait le bonheur du VfB Stuttgart, le capitaine tricolor s'est entretenu en exclusivité avec FIFA.com. Le clásico de mercredi, sa situation personnelle et celle de l'équipe du Mexique : dans la conversation comme sur le terrain, Pável Pardo ne se dérobe pas.
Pável Pardo, comment se porte l'équipe du Mexique, à quelques jours de son entrée en matière dans le dernier tour des éliminatoires pour Afrique du Sud 2010 ?
Très bien. Ces jours-ci, nous travaillons beaucoup les aspects tactiques, aussi bien offensifs que défensifs. Ça se passe de mieux en mieux. Cela faisait longtemps que nous n'avions pas pu nous entraîner pendant une semaine complète avec Sven-Göran Eriksson. C'est toujours assez difficile car en équipe du Mexique, il y a de plus en plus de joueurs qui évoluent dans des clubs européens. Nous avons rarement l'occasion de nous entraîner tous ensemble, comme nous le faisons aujourd'hui.
Il est important d'avoir suffisamment de temps de travail, n'est-ce pas ?
Tout à fait. Personnellement, je pense que la base de l'équipe doit être ici, au Mexique. Quand les meilleurs joueurs sont en Europe, il est beaucoup plus compliqué de développer des automatismes.
A quelques jours du choc contre les Etats-Unis, estimez-vous que ce sera votre match le plus difficile dans cette dernière phase préliminaire ?
Dans ces éliminatoires, tous les matches seront difficiles. C'est une rencontre importante, mais ce n'est pas une finale. Après ça, il nous restera encore neuf parties à disputer. Dans la course à la qualification, chaque match sera crucial. Si lors d'une rencontre les choses ne se passent pas comme nous le souhaitons, nous devrons absolument faire le plein de points lors des autres matches.
Il fera froid à Columbus. Est-ce un désavantage pour l'équipe du Mexique ?
J'en doute, d'une part parce que nous avons déjà affronté les Etats-Unis à Columbus et, d'autre part, parce que ceux parmi nous qui jouent en Europe sont habitués à ce climat. Les conditions seront les mêmes pour les deux équipes, donc je ne pense pas que le froid avantage qui que ce soit.
Depuis quelque temps, le Mexique obtient des résultats en demi-teinte. El Tri traverse-t-il une période compliquée ?
Vous savez, la critique et la pression ne nous quittent jamais. Ça a toujours été comme ça en sélection, à toutes les époques et avec tous les entraîneurs. Il est fondamental pour nous, les joueurs, de croire en nos possibilités. Je le répète, il ne faut pas être obnubilé par ce match contre les Etats-Unis. Les éliminatoires ne font que commencer.
Mais les exigences sont toujours les mêmes...
Oui, nous devons nous qualifier pour la Coupe du Monde à tout prix. Pour moi, ce sera la dernière. J'ai donc un surcroît de motivation. Je suis convaincu qu'avec les joueurs que nous avons, nous pouvons atteindre le deuxième tour voire plus. Quand vous vous fixez un objectif, vous savez d'emblée que vous aller rencontrer des obstacles, subir des revers. Mais vous devez tout mettre en œuvre pour réussir. Nous vivons une situation difficile, mais il n'appartient qu'à nous de laisser cette mauvaise période derrière nous. Cela passe forcément par de bons résultats.
Après votre passage sur le Vieux Continent, êtes-vous toujours convaincu que l'expérience de l'Europe est une étape fondamentale pour tout joueur mexicain ?
Oui, je continue de penser qu'il est bon pour la sélection d'avoir des joueurs qui évoluent en Europe. Il y a là-bas une mentalité et un niveau de jeu différents. Quand on commence à s'habituer au football européen, on commence également à faire les choses différemment. Je le répète sans cesse : le fait d'avoir autant d'expatriés a changé l'équipe du Mexique.
Vous avez joué en Bundesliga et en Ligue des champions de l'UEFA. Que vous inspire votre retour dans le championnat mexicain ?
Il est difficile de faire des comparaisons. Ici, l'un des aspects difficiles à gérer est qu'une semaine vous jouez à midi à 2 400 mètres d'altitude et le week-end suivant, au niveau de la mer sous 40 degrés. Le championnat mexicain est très compétitif. Les matches en Europe sont peut-être de meilleure qualité, mais il ne faut pas oublier qu'on joue toujours l'après-midi ou le soir. Cela permet un meilleur rendement. On se demande parfois pourquoi le rythme est plutôt lent dans le football mexicain. Je pense que cela a beaucoup à voir avec les conditions climatiques. Le championnat du Mexique reste cependant très attrayant.
Vous avez 32 ans. Combien d'années vous reste-t-il au plus haut niveau ?
Probablement trois ou quatre. Après, tout dépend de ma condition physique et psychologique. On verra avec les années. A partir du moment où j'ai le niveau, je n'ai aucune raison d'arrêter.
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