Les Etats-Unis n'auraient pas pu rêver meilleur départ dans le tour final des éliminatoires de la zone Amérique du Nord, centrale et Caraïbes. En s'imposant 2:0 à domicile face au Mexique, la sélection américaine a immédiatement pris le contrôle des opérations. Etoile montante de la Bundesliga, Michael Bradley a lui-même joué un rôle essentiel dans le succès initial de l'équipe à la bannière étoilée.  

Le fils du sélectionneur Bob Bradley s'est élevé au rang de héros national en inscrivant les deux buts américains face à El Tri, sur le terrain de Columbus. Dans un entretien exclusif accordé à FIFA.com, le milieu de terrain du Borussia Mönchengladbach revient en détail sur les prochaines échéances contre le Salvador et Trinité-et-Tobago, ses relations avec son père et la situation délicate que connaît actuellement son club en championnat d'Allemagne.

Michael Bradley, les Etats-Unis ont parfaitement négocié leur entrée en lice dans le tour final des éliminatoires pour la Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du Sud 2010. Vous avez inscrit les deux buts de la victoire sur le Mexique. Avec le recul, quel regard portez-vous sur ce match ?
Les rencontres face au Mexique ont toujours une saveur particulière pour nous. Les deux pays se disputent régulièrement la suprématie de la zone CONCACAF et la rivalité qui les oppose est énorme. Pour les joueurs, ces matches ont toujours une certaine intensité, d'autant que l'ambiance dans les tribunes est toujours exceptionnelle. La dernière fois, nous avons réussi une excellente performance collective. Nous avons posé beaucoup de problèmes aux Mexicains. Ensuite, pour gagner, il faut bien que quelqu'un marque. En ce qui me concerne, je suis surtout content d'avoir pu aider l'équipe à s'imposer.

Pour lui, tous les joueurs partent sur la même ligne. C'est aussi valable pour moi. Tout le monde en est conscient, c'est pour cette raison que l'atmosphère est toujours positive
Michael Bradley, à propos son père et sélectionneur, Bob Bradley

Lors de la prochaine journée, les Etats-Unis se déplacent au Salvador, qui reste sur un match nul face à Trinité-et-Tobago. A quoi pouvez-vous vous attendre ?
Lorsque l'on se déplace dans la zone CONCACAF, il faut toujours s'attendre à rencontrer quelques difficultés. Les stades ne sont pas toujours très modernes, les installations ne sont pas toujours magnifiques et le climat peut aussi venir compliquer les choses. Tous ces facteurs peuvent influencer le résultat d'une rencontre. Si nous voulons réussir un bon résultat, il faudra rester soudé. Pour être franc, je ne connais pas grand-chose du Salvador. J'ai vu un résumé du premier match. Je sais que les Salvadoriens étaient menés 0:2 et qu'ils sont revenus à 2:2. Je crois que cette équipe possède quelques individualités très fortes sur le plan technique. Il faudra se méfier. Ceci étant dit, il ne faudra pas non plus se laisser déborder par la pression.

Quatre jours plus tard, vous serez à Nashville pour y affronter Trinité-et-Tobago. Quels sont vos objectifs face aux Soca Warriors ?
Nous avons le plus grand respect pour cette équipe. Dwight Yorke et d'autres ont réussi de belles carrières en Europe. Il y a aussi beaucoup de jeunes talentueux qui n'ont pas encore émigré. Dans l'ensemble, le mélange entre expérience et jeunesse me paraît très réussi. Ils sont également très athlétiques et je m'attends donc à un match difficile.

En sélection, vous évoluez sous les ordres de votre propre père. Comment décririez-vous vos rapports ?
Dans ce contexte, je le considère comme n'importe quel autre technicien et je sais que lui me voit comme n'importe quel autre joueur. Il travaille dur pour permettre à toute l'équipe de progresser. Pour lui, tous les joueurs partent sur la même ligne. C'est également valable pour moi. Tout le monde en est conscient au sein du groupe et c'est pour cette raison que l'atmosphère est toujours restée très positive.

Nous avons déjà produit des performances intéressantes face à des adversaires renommés, mais nous sommes encore loin d'avoir exploité tout notre potentiel
Michael Bradley, à propos du niveau de la sélection américaine

Les Etats-Unis n'ont plus manqué de Coupe du Monde de la FIFA depuis 1990 et ont remporté trois des quatre dernières Gold Cups. Jusqu'où les Etats-Unis peuvent-ils aller ?
En tout cas, nous avons fait un bon bout de chemin. Quand on regarde la composition de l'équipe, on voit que la plupart des joueurs évoluent en Europe. C'est très positif. Cette expérience est très utile en sélection. La Coupe du Monde 2002 reste un grand souvenir. En revanche, l'édition 2006 n'a pas été à la hauteur de nos attentes, même si nous avions réussi un bon match contre l'Italie. Nous avons déjà produit des performances intéressantes par le passé face à des adversaires renommés, mais nous sommes encore loin d'avoir exploité tout notre potentiel. Nous y travaillons. 

Cet été, les Etats-Unis disputeront la Coupe des Confédérations de la FIFA 2009. Qu'attendez-vous de ce tournoi ?
Pour nous, ce sera avant tout l'occasion de découvrir les stades de la Coupe du Monde 2010 un an avant tout le monde ! Cette compétition sera une sorte de répétition générale au cours de laquelle nous allons avoir la chance d'affronter des équipes comme le Brésil, l'Italie et l'Egypte. C'est fantastique !

Les Etats-Unis occupent actuellement la 17ème place au Classement mondial FIFA/Coca-Cola. Où vous situez-vous dans la hiérarchie mondiale ?
Depuis deux ans, nous avons travaillé dur pour pouvoir donner la réplique à des formations de très haut niveau. Je pense que nous l'avons prouvé face au Brésil, à l'Argentine ou au Mexique. Il faut continuer sur cette voie.

Que représente la Coupe du Monde de la FIFA 2010 pour le continent africain en général et pour l'Afrique du Sud en particulier ?  
C'est une opportunité magnifique. La Coupe du Monde est une expérience formidable pour tous ceux qui y prennent part. Dans certains pays, le temps s'arrête pendant le tournoi. L'Afrique du Sud va se trouver au centre de toutes les attentions et cela ne peut être que bénéfique.

Lorsque l'occasion se présente d'évoluer à plus haut niveau et de découvrir un championnat plus relevé, il ne faut surtout pas la laisser passer
Michael Bradley, à propos de son passage de Herenveen à Mönchengladbach

En 2005, vous étiez le benjamin des expatriés américains. Comment avez-vous vécu la transition entre la Major League Soccer et l'Eredivisie néerlandaise ?  
J'avais déjà acquis une certaine expérience avec l'équipe nationale et je comptais plusieurs saisons en MLS derrière moi. Quand j'ai été contacté par Heerenveen, j'ai su que mon rêve de jouer un jour en Europe allait se réaliser. J'étais fou de joie.   

Cette saison, vous évoluez au Borussia Mönchengladbach, qui vient tout juste de retrouver sa place en Bundesliga. Qu'est-ce qui vous a convaincu de quitter Heerenveen pour tenter votre chance en Allemagne ?
Pour un jeune, les Pays-Bas sont le pays idéal pour accumuler de l'expérience. Mais lorsque l'occasion se présente d'évoluer à plus haut niveau et de découvrir un championnat plus relevé, il ne faut surtout pas la laisser passer. La Bundesliga est une excellente compétition. Les stades sont pleins chaque semaine et les matches sont très disputés. Il était important pour moi de franchir un palier et je suis reconnaissant au Borussia Mönchengladbach de m'avoir donné l'opportunité de le faire.  

Malheureusement, le Borussia traverse une période difficile. Votre club lutte pour le maintien. Comment expliquer vos résultats décevants ?
Nous avons connu des hauts et des bas cette saison. Trois entraîneurs différents se sont succédé sur le banc. Pourtant, l'état d'esprit est toujours excellent. Tout le monde ici est convaincu à cent pour cent que le Borussia va se maintenir. Si nous continuons sur notre lancée des dernières semaines, il ne peut rien nous arriver.