Après l'échec de la Serbie à se qualifier pour la phase finale de l'UEFA EURO 2008, l'équipe nationale a été reprise en main par Radomir Antic en août dernier. L'actuel sélectionneur des Aigles blancs a réussi une belle carrière en Espagne, où il a notamment entraîné le Real Madrid, l'Atlético de Madrid et le FC Barcelone, entre autres.
Mais cet ancien joueur originaire de Žitište (ex-Yougoslavie) n'avait encore jamais été nommé à la tête d'une équipe nationale, ce qui n'a pas empêché pour autant la fédération serbe de football de lui accorder sa confiance. Très vite, Antic va se révéler à la hauteur de celle-ci.
Le sélectionneur national a en effet remporté avec son équipe huit matches sur onze depuis son entrée en fonction, permettant aux Serbes de grimper du 33ème au 20ème rang du Classement mondial FIFA/Coca-Cola. Dans le Groupe 7 des éliminatoires européennes pour la Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du Sud 2010, la Serbie occupe la première place devant la France avec cinq longueurs d'avance, depuis sa victoire 1:0 contre l'Autriche du samedi 6 juin.
Mercredi prochain, Antic se rendra avec ses hommes aux Iles Féroé. Mais auparavant, il a pris le temps d'évoquer en exclusivité au micro de FIFA.com ses objectifs, ses joueurs et ses adversaires.
Radomir Antic, après six matches de qualification pour la Coupe du Monde de la FIFA 2010, la Serbie est en tête du Groupe 7 de la zone Europe, devant la France et la Lituanie. Etes-vous satisfait du déroulement de la compétition préliminaire ?
Je suis plus que satisfait, mais pas seulement en raison des résultats. Nous avons réussi à créer une très bonne ambiance au sein du groupe et nous avons davantage confiance en nous. Nous sommes devenus une véritable famille. C'est cela notre plus grande réussite, de toute évidence. Nous voulons continuer dans cette voie, dans tous les aspects de notre travail.
Mercredi 10 juin, vous vous rendez avec vos joueurs aux Iles Féroé. Celles-ci n'affichent qu'un point au compteur. Ce devrait être une victoire de plus pour votre équipe, qu'en dites-vous ?
Ce sera tout sauf un match facile. Les Iles Féroé ont un nouvel entraîneur et leur équipe est extrêmement motivée. Elle a fait un grand pas dans la bonne direction et lors de notre premier duel, nous n'avons marqué contre elle que deux buts. Les deux rencontres à domicile suivantes, avec la France et la Roumanie, seront décisives concernant l'issue des qualifications. Nous sommes pratiquement sur le point de réaliser notre rêve de participer à l'épreuve suprême.
La France reste, malgré un démarrage difficile, le principal concurrent de la Serbie sur le chemin de l'Afrique du Sud. Que pensez-vous de l'équipe de Raymond Domenech ?
J'ai beaucoup de respect pour l'équipe de France. On ne peut dire que du bien d'elle. Mais c'est nous qui avons endossé ces derniers mois le rôle de leader dans notre groupe et je crois en mes joueurs. Ils savent ce qu'il leur reste à faire pour rester en tête.
Lesquels de vos adversaires dans le groupe vous ont le plus surpris ?
Pour être honnête, je ne peux pas vraiment parler de surprises. Mais je pourrais évoquer la Lituanie. Elle a su convaincre parce qu'elle est bien organisée. Sur le plan du jeu, elle m'a fait forte impression. Elle mérite peut-être d'être mentionnée comme une bonne surprise.
Votre défenseur Branislav Ivanovic, lui, a surpris de nombreux experts. Avec trois buts à son actif, il est le meilleur buteur de la Serbie dans le cadre des qualifications. Quel rôle joue-t-il dans votre équipe ?
Il ne fait pas que marquer des buts. Il a beaucoup de personnalité et sur le terrain, il est brillant, tout simplement. C'est un joueur très important pour nous, même s'il manque de temps de jeu à Chelsea. Il est très fort mentalement et il suit le bon chemin.
Quels sont les joueurs clés au sein de l'équipe nationale ?
Pour moi, le football est un jeu collectif. Le groupe tire le meilleur de chaque individu. Tous nos joueurs ont beaucoup de talent et une grande qualité, qu'ils mettent sans exception au service de l'équipe.
Avant de devenir sélectionneur de la Serbie, vous n'aviez plus travaillé comme entraîneur depuis presque quatre ans. Pour quelles raisons ?
Je suis quelqu'un de décontracté. J'aime le sport, mais aussi la vie. J'ai toujours pris des décisions qui montrent que je suis très lié au football et que je suis ouvert aux propositions venues du monde entier. Mais je pense que quelqu'un qui fait un travail assidu a parfois aussi le droit de se reposer pendant quelque temps.
Vous n'aviez entraîné auparavant que des clubs. A-t-il été difficile pour vous de passer du travail quotidien avec des joueurs à la tête d'une équipe nationale ?
Ce sont deux rôles qu'on ne peut pas comparer. Je n'avais jamais ressenti cela auparavant. Maintenant je suis un entraîneur complet. J'ai relevé ce défi avec joie et en y mettant beaucoup d'énergie.
D'un point de vue purement statistique, la Serbie ne devrait pas se qualifier pour la Coupe du Monde de la FIFA 2010. En effet, depuis 1974, la formation yougoslave ou serbe n'a jamais réussi à décrocher deux fois de suite son ticket pour l'épreuve reine, or la Serbie était présente en 2006...
Ce ne sont pas ces chiffres qui vont nous empêcher d'atteindre nos objectifs. Je suis une personne exigeante et je n'accorde pas beaucoup d'importance aux faits et aux chiffres du passé. Pour tout vous dire, mes ambitions vont même plus loin que la qualification pour la phase finale.
Antic : "J'ai de grandes ambitions"
(FIFA.com) Lundi 8 juin 2009
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