Bahreïn s'apprête à recevoir la Nouvelle-Zélande dans le cadre des barrages intercontinentaux de la Coupe du Monde de la FIFA 2010. Les deux équipes, qui ne sont plus qu'à 180 minutes d'une place de finaliste en Afrique du Sud, intensifient leurs entraînements, avec le secret espoir d'entrer dans l'histoire. Les Bahreïnis espèrent être les premiers à qualifier leur pays pour l'épreuve reine. S'il parvenait à valider son billet pour la phase finale, Bahreïn deviendrait la plus petite nation de l'histoire à disputer une Coupe du Monde de la FIFA. De leur côté, les Kiwis tenteront de mettre fin à une longue traversée du désert de 28 ans. La Nouvelle-Zélande n'a plus participé à la grande fête du football mondial depuis Espagne 1982.    

Les hommes de Milan Macala font désormais figure d'habitués des barrages. En effet, il y a quatre ans, ils avaient subi la loi de Trinité-et-Tobago à ce même stade de la compétition préliminaire. Les Néo-zélandais, quant à eux, en ont terminé avec les qualifications depuis onze mois. En revanche, Ricki Herbert et sa troupe ont eu l'occasion d'emmagasiner de l'expérience en participant cet été à la Coupe des Confédérations de la FIFA, Afrique du Sud 2009. FIFA.com s'est penché pour vous sur cette confrontation inédite.

L'enjeu
Au terme d'un long et difficile parcours dans la compétition préliminaire de la zone Asie, l'équipe mise en place par Milan Macala apparaît aujourd'hui comme un groupe soudé et expérimenté. Les Bahreïnis n'ont connu la défaite à domicile qu'à deux reprises, contre le Japon et l'Australie, dans des circonstances parfois très malheureuses. La sélection néo-zélandaise n'ayant que rarement l'occasion de s'aventurer au Moyen-Orient, elle devra avant tout se familiariser avec les conditions très particulières qui règnent au stade national de Bahreïn. Les Kiwis ont toutefois de bonnes raisons de croire en leurs chances, d'autant qu'ils restent sur un succès convaincant (3:1) contre la Jordanie à Amman.

Si les Néo-zélandais ne bénéficient pas d'un environnement aussi compétitif que leurs adversaires, ils ont en revanche à leur tête deux icônes nationales. Ricki Herbert et son assistant Brian Turner sont considérés comme de véritables dieux vivants aux antipodes pour avoir joué un rôle décisif dans la première qualification néo-zélandaise pour une phase finale de Coupe du Monde de la FIFA, il y a bientôt trente ans de cela. Cette campagne avait notamment été marquée par un éclatant succès 5:0 en Arabie Saoudite, un exploit qualifié de "légendaire" par Tim Brown, l'actuel vice-capitaine des Kiwis.  

La préparation
Le groupe bahreïni est au complet depuis mardi, avec l'arrivée des défenseurs Faouzi Aaish et Mohammed Hussain en provenance du Qatar. Au total, neuf des 22 joueurs appelés par Macala évoluent dans des championnats étrangers. Les Néo-zélandais ont quant à eux passé la semaine à Dubaï. Aucun blessé n'est à déplorer par Ricki Herbert, mais l'absence du gardien Glen Moss pour cause de suspension risque de se faire cruellement sentir.   

Afin de se donner le maximum de chances de percer l'arrière-garde bahreïnie, le sélectionneur des Kiwis a choisi de convoquer quatre attaquants rompus aux joutes professionnelles : Rory Fallon (Plymouth Argyle, Angleterre), Chris Killen (Celtic Glasgow, Ecosse), le redoutable Shane Smeltz (Gold Coast United, Australie) et le jeune Chris Wood (West Bromwich Albion, Angleterre). Les visiteurs miseront clairement sur leurs qualités athlétiques pour tenter de faire la différence sur le plan offensif, mais ils devront cependant faire preuve d'ingéniosité pour tromper une défense bahreïnie tout aussi bien dotée en grands gabarits.   

Les joueurs à suivre
En attaque, Macala devrait associer Jaycee John, le buteur de Mouscron (Belgique), et le très incisif Ismail Abdullatif, décisif dans le temps additionnel contre l'Arabie Saoudite en qualifications. Aussi à l'aise sur l'aile que dans un rôle plus traditionnel, le jeune attaquant s'est fait une spécialité de marquer dans les moments importants.

Les supporters néo-zélandais ont accueilli avec soulagement le retour de Ryan Nelsen. Après avoir manqué le déplacement des Blackburn Rovers sur le terrain d'Arsenal le week-end dernier en raison d'une douleur au dos, le défenseur international a finalement été déclaré bon pour le service. Sa présence devrait sécuriser l'arrière-garde des Kiwis. En outre, son expérience du haut niveau sera certainement précieuse, compte tenu des circonstances. Redoutable sur coups de pied arrêtés, Nelsen est actuellement le seul All-White à évoluer en Premier League anglaise.

La stat
6 - Bahreïn n'a marqué que six fois en huit matches du tour final des qualifications pour Afrique du Sud 2010. Sur les dix équipes en lice à ce stade de la compétition, seuls le Qatar et l'Ouzbékistan ont fait pire. Selon toute vraisemblance, la qualification se jouera à très peu de choses. Dans ce contexte, Milan Macala va sans doute tout faire pour placer ses attaquants dans les meilleures conditions.

Entendu...
"Nous avons beaucoup joué et beaucoup appris cette année. Nous savons que la Nouvelle-Zélande n'est pas un adversaire à prendre à la légère. Cependant, après avoir soigneusement étudié les performances de nos adversaires, je crois que nous pouvons nous qualifier en jouant sur nos points forts." Milan Macala, sélectionneur de Bahreïn

"Les joueurs ont tous une vingtaine d'années, certains approchent même la trentaine. Nous avons donc de l'expérience à revendre. Dans un match comme celui-ci, nous allons devoir faire appel à toute cette expérience, notamment celle des joueurs habitués à évoluer dans les grands championnats." Brian Turner, sélectionneur adjoint de la Nouvelle-Zélande