Tous les amateurs de football le savent, c'est lorsqu'ils sont le dos au mur que l'on reconnaît les grands champions. Samedi, l'Allemagne a infligé à la Russie la première défaite à domicile de son histoire en qualifications pour la Coupe du Monde de la FIFA, confirmant par la même occasion sa présence en phase finale d'Afrique du Sud 2010. Mercredi, l'Argentine a remporté sa première victoire en Uruguay depuis 33 ans pour décrocher à son tour l'un des précieux sésames. Au cours des sept derniers jours, Moscou et Montevideo furent donc le théâtre de deux démonstrations de force pour le moins impressionnantes.

Pendant que Michael Ballack et ses partenaires écrivaient l'histoire et que les hommes de Diego Maradona laissaient parler leur soulagement, les cris de joie et de victoire retentissaient aux quatre coins du monde. En Serbie, en Slovaquie, au Chili, au Honduras ou encore en Côte d'Ivoire, les fans ont fêté comme il se doit la qualification de leur équipe pour la Coupe du Monde de la FIFA 2010.    

D'autres sélections ont profité des dernières journées pour rejoindre le Brésil, le Paraguay, les Pays-Bas, l'Angleterre, l'Espagne, le Ghana, l'Australie, la République de Corée, la RDP Corée, le Japon et l'Afrique du Sud, premiers qualifiés pour le grand rendez-vous mondial. Les Etats-Unis, le Danemark, le Mexique, la Suisse et l'Italie, championne du monde en titre, seront eux aussi du voyage. FIFA.com revient sur le parcours de cinq formations, disséminées sur quatre continents, qui illustre parfaitement toute la tension et les rebondissements qui constituent la marque de fabrique de la compétition préliminaire pour la Coupe du Monde de la FIFA.

Un Argentin fait rêver le Chili
Si l'Argentine a dû patienter pratiquement jusqu'à la dernière minute pour assurer sa qualification pour Afrique du Sud 2010, un ancien sélectionneur de l'Albiceleste a connu pour sa part une semaine beaucoup plus tranquille. "Le force de caractère de mes joueurs a beaucoup pesé dans cette victoire. Nous ne devons notre qualification qu'à nous-mêmes", confiait Marcelo Bielsa à l'issue du succès (4:2) du Chili, samedi en Colombie. Grâce à cette victoire, la Roja retrouve la Coupe du Monde de la FIFA, une compétition à laquelle elle n'avait plus participé depuis plus de dix ans.

A 54 ans, Bielsa conserve son surnom d'El Loco (le Fou). Pourtant, depuis son arrivée aux commandes de la sélection chilienne, le technicien argentin a démontré que ses conceptions tactiques n'avaient rien de fantaisiste. L'ancien défenseur s'est attaché à construire une équipe sans stars, qui fait la part belle à de jeunes joueurs ambitieux et combattifs, parfaitement organisés autour du buteur Humberto Suazo. Auteur de dix réalisations tout au long des qualifications, l'attaquant du CF Monterrey s'est adjugé la couronne de meilleur artificier d'Amérique du Sud. Avec un sélectionneur aussi talentueux et un attaquant aussi redoutable, le Chili pourrait bien créer la surprise, l'année prochaine en Afrique du Sud.   

Drogba à la rescousse
Vahid Halilhodzic disait vouloir le ménager. Peut-être l'ancien entraîneur du PSG voulait-il également prouver que son équipe pouvait s'imposer sans son attaquant vedette. Dans ce cas, la copie est à revoir. Sans Didier Drogba, les Eléphants sont démunis. Samedi, les Ivoiriens n'avaient besoin que d'un simple match nul sur le terrain du Malawi pour assurer leur qualification pour la Coupe du Monde de la FIFA 2010. Mais, suite à l'ouverture du score par Jacob Ngwira à la 64ème minute en faveur des locaux, le technicien bosniaque n'a eu d'autre choix que de faire entrer en jeu le buteur de Chelsea.

Au final, les supporters ivoiriens n'auront tremblé que deux minutes, le temps pour l'ancien Marseillais de remettre les choses en ordre en inscrivant le but égalisateur. Sous l'impulsion de son joueur emblématique, auteur de six réalisations en cinq matches de compétition préliminaire, la Côte d'Ivoire a justifié son statut de favorite. Sur le site officiel des Blues, Drogba n'hésite plus à évoquer ses rêves de conquête mondiale avec les Eléphants, qui pointent actuellement à la 20ème place du Classement mondial FIFA/Coca-Cola. "Mes coéquipiers et moi, nous voulons écrire l'histoire et changer la manière dont le football africain est perçu à travers le monde. J'espère que nous serons la première équipe africaine à atteindre la finale de la Coupe du Monde et à la gagner."

Pavon et Bornstein réunis dans la qualification
Dans la nuit de samedi à dimanche, Carlos Pavon et Jonathan Bornstein ne s'imaginaient sans doute pas avoir quelque chose à fêter ensemble quatre jours plus tard. Quelques heures auparavant, Bornstein et ses coéquipiers avaient remporté un succès capital (3:2) sur le terrain du Honduras. A l'autre bout du terrain, Pavon, inconsolable, repensait sans doute encore à ce penalty raté et à cette incroyable occasion manquée. Toutefois, l'attaquant hondurien allait bientôt avoir la preuve qu'en football, quatre jours suffisent parfois à changer le cours du destin.

Mercredi, le même Pavon inscrivait le but de la victoire (1:0) du Honduras sur la pelouse du Salvador. Très loin de là, à Washington, Bornstein marquait quant à lui le but de l'égalisation (2:2) des Etats-Unis face au Costa Rica, à la cinquième minute du temps additionnel. Il n'en fallait pas davantage pour permettre aux Honduriens de fêter leur deuxième qualification pour la Coupe du Monde de la FIFA. "Je crois que tout le monde a pu constater que les écarts se sont resserrés dans la zone CONCACAF. Le Honduras, le Costa Rica, le Mexique et les Etats-Unis se sont livré un beau combat pour décrocher les trois places directement qualificatives", relève Michael Bradley, le milieu de terrain américain. Bornstein et Pavon sont sans doute du même avis.

Scènes de liesse en Europe de l'Est
Au cours de la semaine écoulée, les Serbes et les Slovaques ont fait montre d'une force de caractère et d'une passion peu communes. Ces deux jeunes nations ont su déjouer tous les pronostics pour décrocher leur première qualification, sous leurs noms actuels, pour une phase finale de Coupe du Monde de la FIFA. Au passage, ces deux sélections pleines d'enthousiasme ont égratigné deux géants du football européen. Dans le Groupe 7, la Serbie a condamné la France aux matches de barrage ; dans le Groupe 3, l'issue est encore plus surprenante, puisque la République tchèque termine troisième, derrière la Slovénie.

Dans chaque pays, cet exploit historique a été accueilli par des scènes de joie intenses. Dès le coup de sifflet final du match remporté (1:0) par ses hommes, mercredi en Pologne, Vladimir Weiss, les larmes aux yeux, a littéralement bondi de son banc pour aller enlacer ses joueurs. "Je les aime tous !", s'est exclamé le sélectionneur slovaque. De leur côté, les internationaux serbes ont paradé à travers les rues de Belgrade après leur large victoire (5:0) aux dépens de la Roumanie, samedi dernier. A en juger par les scènes de liesse populaire dans la capitale serbe, Afrique du Sud 2010 sera placée sous le signe de l'émotion et de la bonne humeur.     

Donnez votre opinion !
Une fois de plus, la compétition préliminaire pour la Coupe du Monde de la FIFA a été marquée par une foule de surprises et de coups de théâtre. Parmi toutes les équipes qualifiées pour Afrique du Sud 2010, quelle est celle dont le parcours vous particulièrement surpris ?