A deux journées de la fin des éliminatoires, le Paraguay a composté son ticket pour sa quatrième Coupe du Monde de la FIFA consécutive, et de la plus belle des façons : en s'imposant face à l'Argentine de Diego Armando Maradona à Asunción, devant le public guaraní. "Cela a été un immense bonheur, avec un petit cadeau en prime pour nos supporters", glisse Justo Villar, gardien et capitaine de l'Albirroja, qui s'est prêté au jeu des questions avec FIFA.com.
"On pourrait croire que le Paraguay s'est qualifié facilement. C'est tout le contraire. Nous avons été en tête du classement pendant la moitié du parcours, avant de connaître une baisse de régime qui a semé le doute parmi nos fans. Maintenant que nous sommes qualifiés, nous pouvons fêter cela dignement". Comment expliquer ce petit coup de mou ? "Cela remonte à la fin de la saison dernière. Nous étions fatigués et l'équipe avait été quelque peu remaniée en raison de diverses blessures. Heureusement, nous avons tenu bon", relate le gardien de 32 ans.
Lorsqu'on lui demande son analyse sur le déroulement de ces éliminatoires, Justo Villar reconnaît avoir été un peu déçu par la prestation de l'Albiceleste. "Vu la qualité de son effectif, l'Argentine aurait dû beaucoup mieux jouer. Inversement, je pense que le Chili a été la révélation du tournoi. Les débuts de Marcelo Bielsa ont été un peu délicats mais ensuite tout s'est décanté ", explique-t-il.
Progrès à faire, comptes à régler
Villar, qui a posé ses valises la saison dernière à Valladolid (Espagne) en
provenance de Newell's Old Boys (Argentine), disputera l'épreuve reine pour la
troisième fois consécutive en Afrique du Sud. Celle-ci aura peut-être une
saveur particulière... "Lors de Corée/Japon 2002, j'étais troisième
gardien et en Allemagne, je me suis blessé à la 8e minute du premier match. Ça
a vraiment été difficile à avaler... Aujourd'hui, une nouvelle opportunité se
présente, c'est peut-être l'occasion de prendre ma revanche. Je ferai le
maximum pour aider l'équipe à faire bonne figure et oublier ce mauvais souvenir".
En début de saison, Villar a dû s'habituer à s'asseoir sur le banc en club. Son entraîneur l'a titularisé dimanche dernier lors du large succès 4:0 de Valladolid sur le Deportivo La Corogne. "Je m'attendais à avoir davantage de temps de jeu, mais je continue à travailler dur pour entrer dans les plans de l'entraîneur. Nous verrons bien comment les choses évoluent d'ici à Noël. Ensuite, j'envisagerai peut-être de partir pour jouer plus. Ce que je veux, c'est jouer régulièrement pour arriver au top en Afrique du Sud. Voici mon objectif", lance-t-il sans détours.
Après s'être hissée en huitièmes de finale en 1998 et en 2002, l'Albirroja est rentrée à la maison au terme de la phase de groupes en 2006. Villar estime donc qu'il faudra viser au moins les huitièmes en Afrique du Sud. "Nous avons un groupe très expérimenté et un staff technique extrêmement compétent. Nous devrons être irréprochables au premier tour et accéder au deuxième", assure-t-il. "Le football paraguayen est en pleine évolution mais nous devons l'aider à aller un cran plus haut. C'est le moment de concrétiser tout le travail qui a été fait depuis les JO 2004 (Paraguay médaille d'argent, ndlr). Avec notre staff, nos joueurs et nos fans, nous prouverons que le Paraguay a toute sa place à la Coupe du Monde".
Les progrès de l'attaque guarani ne sont pas étrangers à la bonne tenue de l'équipe ces dernières années. Si le Paraguay s'est toujours caractérisé par l'imperméabilité de sa défense, il s'est également positionné en tant que quatrième attaque de la zone sud-américaine lors des éliminatoires. "Notre défense est encore meilleure que par le passé et nous avons la chance de posséder des attaquants très créatifs. Notre groupe est maintenant plus complet et plus équilibré", analyse le deuxième capitaine de l'Albirroja, (en l'absence de Daniel Caniza), fier et honoré d'une telle distinction.
L'héritage Chilavert
"C'est un honneur de porter ce brassard, qui a été la propriété de grands
joueurs comme Chilavert ou Gamarra", confie le gardien, avouant son
admiration pour le Danois Peter Schmeichel, et, bien entendu, le grand Jose
Luis Chilavert
"Au début, j'ai eu un peu de mal à prendre mes marques dans ces cages où José Luis avait porté l'étendard du football paraguayen pendant si longtemps, souffle-t-il. L'héritage était lourd à porter, mais tout le groupe m'a soutenu. Une nouvelle génération est arrivée dans l'effectif et je me suis habitué à l'idée d'être son remplaçant".
Les fans paraguayens peuvent s'estimer satisfaits. Grâce à Villar, l'Albirroja a bouclé les éliminatoires avec la deuxième meilleure défense de la zone, juste derrière le Brésil. Le Paraguay a concédé 16 buts en 18 matches et Justo n'en a encaissé que 12. Une assurance tous risques.
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