En règle générale, on considère que le Nouvel An est avant tout l'occasion de repartir à zéro. Pourtant, du côté de l'Irak, supporters et dirigeants espèrent bien continuer à surfer sur la vague du succès en 2008, comme ils l'avaient fait en 2007.

Depuis le début du vingt-et-unième siècle, le football irakien s'est lancé dans une grande entreprise de refondation. Tout a commencé par la surprenante victoire en finale du Championnat d'Asie Juniors, qui a permis à l'Irak de participer à la Coupe du Monde U-20 de la FIFA en 2001.

Les espoirs ont donc rapidement été amenés à former le noyau dur des différentes sélections nationales. Après une performance remarquée en Coupe d'Asie 2004, cette jeune équipe irakienne a démontré que ses récents succès ne devaient rien au hasard en s'invitant en demi-finales du Tournoi Olympique de Football, Athènes 2004.

Cette génération exceptionnelle a connu son plus grand triomphe il y a de cela quelques mois, en se qualifiant pour la finale de la Coupe d'Asie. Alors que personne ne les attendait à pareille fête, les Irakiens l'emportent, à la surprise générale, sur l'Arabie saoudite grâce à Younis Mahmoud, auteur de l'unique but du match.

Après une longue traversée du désert, l'Irak semble enfin disposer d'un groupe de joueurs capables de renouer avec le succès. Rappelons que cette grande nation du Golfe a connu ses heures de gloire dans les années 80, avec une qualification pour la Coupe du Monde de la FIFA, Mexique 1986 et trois participations consécutives aux Jeux Olympiques.

Déjà, la compétition préliminaire pour la Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du Sud 2010 se profile à l'horizon et les Irakiens ne font pas mystère de leurs ambitions : décrocher la deuxième qualification de leur histoire pour la plus prestigieuse des compétitions.

Une préparation plus rigoureuse
Fort de son nouveau statut sur la scène continentale, l'Irak semble bien décidé à franchir un nouveau palier cette année, comme le prouve sa récente participation à la King's Cup le mois dernier. Malgré l'absence de plusieurs titulaires, l'équipe entraînée par le Norvégien Egil Olsen s'est hissée jusqu'en finale, avant de s'incliner par la plus petite des marges (0:1) devant la Thaïlande, pays organisateur.

En lui-même, le résultat n'a que peu d'importance, tant les forfaits étaient nombreux côté irakien. En vieil habitué des joutes internationales, Olsen s'est empressé de rappeler que la performance collective avait à ses yeux beaucoup plus de valeur que l'issue d'une rencontre sans véritable enjeu.

L'Irak avait pourtant connu la victoire (3:1) pour son entrée en lice, face à l'Ouzbékistan. Mais, dès leur deuxième sortie, les hommes d'Olsen ont mordu la poussière (1:2) devant la Thaïlande. Les Irakiens ont toutefois assuré leur qualification pour la finale en s'imposant par un petit but d'écart (1:0) face à la RDP Corée.

Les supporters irakiens, qui savent que leur sélection a souvent été victime de programmes de préparation incohérents ou du manque de ressources de la fédération, ont accueilli cette série de matches amicaux avec satisfaction. Cette fois-ci, l'Irak a mis toutes les chances de son côté pour réussir un bon résultat face à la RP Chine le 6 février prochain, à l'occasion du début des éliminatoires de la Coupe du Monde de la FIFA.

Auparavant, Olsen et ses joueurs se seront mesurés à la Jordanie, le 25 janvier. A cette occasion, le sélectionneur irakien devrait disposer d'un groupe au grand complet.

Le capitaine Mahmoud retrouvera avec plaisir son partenaire Emad Mohammed à la pointe de l'attaque. Ce dernier, blessé lors de la Coupe d'Asie, a récemment démontré ses redoutables qualités de finisseur en réalisant un doublé lors de la victoire (3:1) de Sepahan contre Waitakere United en Coupe du Monde des Clubs de la FIFA.

Nashat Akram, qui vient quant à lui d'être convié à effectuer un essai à Manchester City, a également été appelé en sélection. Cet excellent passeur, doté d'un bon coup d'œil, pourrait constituer l'un des atouts de l'Irak dans sa conquête de nouveaux sommets.