En planifiant ses qualifications pour la Coupe du Monde de la FIFA, Brésil 2014™, l’encadrement de l'Iran n’avait peut-être pas envisagé la défaite à domicile. Après tout, la formation entraînée par Carlos Queiroz affiche un bilan impressionnant dans son légendaire stade Azadi, où elle restait invaincue depuis 15 matches sur une période de trois ans. Son dernier revers à domicile remontait à mars 2009, lorsqu’elle s’était inclinée 2:1 face à l’Arabie Saoudite en qualifications pour Afrique du Sud 2010.

La défaite 1:0 concédée le 14 novembre 2012 face à l’Ouzbékistan a donc stoppé net cette belle série et compromis les chances des Iraniens de se qualifier en tant que premiers de leur groupe. À trois journées de la fin, ce résultat a catapulté leurs invités à la pôle position du Groupe A et fait glisser les Perses au troisième rang, derrière la République de Corée à la différence de buts. Sur le terrain, la Melli a été punie pour son incapacité à exécuter le geste juste devant le but.

L’Iran avait pourtant terminé la phase précédente avec le meilleur bilan offensif : 17 buts marqués en six sorties. Pourtant, la Melli est aujourd’hui, avec le Liban, la moins prolifique des dix sélections asiatiques encore en course, avec deux petits buts en cinq matches. Longtemps réputée sur le continent pour sa faculté à alimenter le score, la Melli voit désormais sa survie menacée par sa stérilité en attaque.

Lors des qualifications pour France 1998, l’Iran avait terminé avec le meilleur total offensif du groupe : 13 buts. Au dernier tour des éliminatoires pour Allemagne 2006, les Perses avaient claqué sept buts, ce qui leur avait permis d’empocher leur billet sans trembler. Même lors de la campagne pour Afrique du Sud 2010, qui s’était soldée par un échec, l’Iran avait terminé avec la deuxième meilleure attaque de son groupe grâce à ses huit buts.

L’Iran n’a jamais manqué d’attaquants de talent, au premier rang desquels le goleador suprême du football international, Ali Daei. En dehors du buteur de Sepahan Mohammad Khalatbari, Queiroz peut compter sur Karim Ansarifard, 22 ans, deuxième du classement des artilleurs du championnat iranien la saison dernière avec 21 unités. En outre, la nouvelle recrue de Fulham Ashkan Dejagah et le pensionnaire de Saint-Trond Reza Ghoochannejhad constituent deux atouts offensifs de poids.

Retrouver la rage de vaincre
"L’Iran s’est procuré beaucoup de bonnes occasions, mais il n’a pas pu ouvrir la marque", constatait d'ailleurs le sélectionneur de l’Ouzbékistan Mirdjalal Kasimov. "C’est précisément ce qui nous était arrivé à l’aller". Sur le banc lors de ce match en raison de la suspension de Queiroz, l’entraîneur assistant Antonio Simoes a bien identifié les domaines dans lesquels son équipe doit progresser : "Nous avons bien joué, mais nous n’avons jamais été animés par l’envie de vaincre et les joueurs ne se sont pas soutenus les uns les autres à plusieurs reprises", regrette-t-il.

Conforté dans ses fonctions par le président de la fédération iranienne, Ali Kafashian, Queiroz a plus de six mois pour préparer sa prochaine grande échéance : le déplacement au Qatar le 4 juin 2013. Désireux d’essayer de nouveaux joueurs, le technicien portugais a retenu un groupe jeune pour le Championnat d’Asie de l’Ouest (WAFF), programmé le mois prochain au Koweït. Parallèlement, il garde un œil sur l’Europe afin de repérer quelques renforts venus de l’étranger, comme par exemple le gardien de l’Eintracht Braunschweig Daniel Davari.

"Nous devons nous concentrer à 100 % sur le prochain match. Nous respectons les autres équipes, mais nous allons faire notre maximum pour gagner", annonce Queiroz, qui sait très bien que pour gagner, il fautdra marquer...