La popularité du football a explosé au Japon dans les années 1990. En 1992, le Pays du soleil levant remporte sa première Coupe d’Asie de l’AFC. L’année suivante, il accueille le Championnat du Monde Juniors U-16 de la FIFA et Kazu Miura devient le premier Footballeur asiatique de l’année, tandis que le lancement de la J-League rencontre un franc succès.

Toutes ces réussites ne font qu’attiser l’impatience des supporters japonais d’assister à un accomplissement encore plus retentissant : une première participation à la Coupe du Monde de la FIFA. Il y a 15 ans jour pour jour ce 16 novembre, les Samouraïs Bleus avaient l’occasion de satisfaire cette attente. Deuxième du Groupe B du dernier tour des qualifications asiatiques, ils sont opposés à l'Iran, deuxième de l’autre poule. L’enjeu est simple : les vainqueurs gagnent un billet direct pour France 1998 et les perdants le droit de disputer un barrage intercontinental face à l’Australie.

En Malaisie, sur terrain neutre, les Japonais relèvent un défi qui semble bien compliqué. La Melli détient alors le record de Coupes d’Asie de l’AFC remportées (trois) et s’est déjà qualifiée pour la Coupe du Monde de la FIFA en 1978. Elle affiche un bilan de six victoires et trois nuls sur ses 12 dernières confrontations avec le Japon.

Pourtant, le Japon a un motif d'espoir. Son nom : Hidetoshi Nakata. Impressionnant lors du Championnat du Monde Juniors U-16 de la FIFA 1993 puis lors de la Coupe du Monde U-20 de la FIFA deux ans plus tard, le meneur de jeu a été invité à faire des essais à la Juventus de Turin. Du jamais vu pour un footballeur asiatique de 18 ans. Lors du Tournoi Olympique de Football, Atlanta 1996, Nakata a été le grand artisan de la victoire face au Brésil des Roberto Carlos, Juninho Paulista, Rivaldo et autres Ronaldo.

Très vite, Nakata se montre à la hauteur de son statut. Après voir éliminé un défenseur d’un petit pont, il donne une délicieuse passe à Hiroshi Nanami, qui ne parvient pas à conclure. Six minutes avant le repos, sa créativité est récompensée. Après avoir passé l’entrejeu en revue, il parvient à glisser le ballon en profondeur à Masashi Nakayama, qui bat Reza Abedzadeh et ouvre le score.

Un cadeau pour Okano
Cependant, 15 minutes après la reprise, les Iraniens ont déjà inversé la vapeur. Khodadad Azizi marque d'abord au second poteau après une frappe mal repoussée par Yoshikatsu Kawaguchi, puis Ali Daei fait parler sa détente pour battre deux défenseurs et rabattre le ballon de la tête. Le rêve japonais est en train de s'envoler, mais les Est-Asiatiques reprennent espoir à la 75ème minute. Nakata contrôle le ballon sur la gauche, repique à l’intérieur et délivre un centre au cordeau sur la tête de Shoji Jo, qui égalise.

Le dernier quart d’heure n’engendre aucun but, si bien que la qualification directe pour la compétition française se jouera sur un but en or ou aux tirs au but. A 90 secondes du coup de sifflet final, Nakata va chercher un ballon qui lui offre l’opportunité de créer l’exploit. Il crochète rapidement deux Iraniens, pousse son effort jusqu'à la surface de réparation et décoche une frappe rasante du gauche. Abedzadeh plonge et parvient à repousser le ballon du bout des doigts, mais il offre ainsi un cadeau à Masayuki Okano.

Bras et bouche grands ouverts, Okano se lance dans une course folle vers ses coéquipiers et le banc des remplaçants, qui viennent fêter l’auteur du but le plus important de l’histoire du football japonais. Pourtant, l’identité du grands héros de cette journée inoubliable ne fait aucun doute… La planète foot ne tardera pas à entendre à nouveau parler d’Hidetoshi Nakata.