Cuba rêve de renouer avec son passé glorieux. En 1938, la sélection caribéenne a participé à sa première et unique Coupe du Monde de la FIFA™ à ce jour. Les grands noms de l'équipe à cette époque étaient Juan "Romperredes" Tuñas et Héctor Socorro. Cette année-là en France, les Cubains ne firent pas que participer. Ils remportèrent un triomphe historique sur la Roumanie, ce qui leur permit de se hisser en quarts de finale.

Mais Cuba n'a jamais réussi à renouer avec son lustre d'antan. La sélection insulaire ne fait même plus partie de l'élite de la région Amérique du Nord, centrale et Caraïbes. Pourtant, depuis quelque temps, la situation a quelque peu évolué et les Cubains sont toujours en course dans les qualifications pour Brésil 2014. Leur objectif actuel est de gagner un billet pour le tournoi hexagonal final de la CONCACAF.

Le Brésil pour se préparer
Pour cela, la sélection dirigée par Alexander González s'est préparée dans le pays vers lequel tous les regards seront tournés dans deux ans. Le technicien a pris ses fonctions il y a deux mois. Il a décidé d'organiser une série de matches amicaux contre des adversaires de différents calibres afin de préparer son équipe le mieux possible. C'est donc au Brésil que Cuba effectue les derniers réglages.

Cette tournée a commencé par un match contre les U-20 des Corinthians. Les Cubains ont dominé, se créant plusieurs belles occasions et manquant même un penalty en début de deuxième période. Au final, les deux équipes se sont quittées sur un score de parité (1:1), le but cubain ayant été marqué par l'attaquant Ariel Martínez.

Le deuxième test a eu lieu contre Sao Bento, formation de deuxième division brésilienne. Même scénario qu'au premier match, avec côté cubain une domination assortie de quelques erreurs. Là encore, la partie s'est terminée par un nul (0:0). Les troisième et quatrième rencontres, face à Mogi Mirim et Fortaleza respectivement, se sont terminées par des défaites cubaines. Mais lors de ce dernier match, Martínez a été particulièrement inspiré. C'est de bon augure pour l'équipe antillaise.

La préparation s'est achevée avec un match contre Paulista de Jiundaí, avec à la clef encore un nul (1:1) et un but cubain marqué par Gallego Aira. Parmi les principaux motifs de satisfaction dans le groupe cubain, on trouve le gardien Odisnel Cooper, que ses coéquipiers surnomment "El santo" (le saint) en raison de ses arrêts miraculeux.

Ambition et humilité
Malgré ces résultats mitigés, l'atmosphère est au beau fixe dans le camp cubain. Le technicien Alexander González sait qu'il ne s'agit de toute façon que de matches de préparation et tire un bilan positif de la tournée. "Nos adversaires étaient très forts", analyse-t-il. "Notre objectif est de nous préparer de la meilleure manière possible. Sur ce plan-là, nous avons réussi. Aujourd'hui, nous sommes impatients que les choses sérieuses commencent."

Le jeune sélectionneur considère que l'un des atouts de son équipe dans ces qualifications sera le stade national et l'appui des supporters. "Nous allons devoir nous battre et essayer de gagner tous nos matches à domicile. Le Honduras est favori, mais nous avons notre chance pour le deuxième billet. Nous sommes optimistes."

González est par ailleurs conscient des limites du football sur l'île et des efforts que tous les joueurs cubains doivent consentir pour rivaliser d'égal à égal avec ceux des autres nations de la région. "Nous avons une équipe de jeunes. C'est compliqué, car le football n'est pas professionnel à Cuba. C'est pourquoi ce type de préparation est très utile. Ce stage au Brésil nous a été très bénéfique."

C'est donc avec beaucoup d'espoir, et les pieds bien sur terre, que Cuba aborde son premier match dans les qualifications de la CONCACAF, contre le Canada. Le match aura lieu à l'Estadio Pedro Marrero de La Havane, et les Cubains verront si leur premier passage au Brésil leur laisse des chances d'espérer y retourner.