Comme trois millions de ses compatriotes du Panama, Yairo Glaize Yau rêve de voir son pays disputer enfin la première Coupe du Monde de la FIFA™ de son histoire. L'attaquant a bien du mal à masquer son émotion, dès que l'on évoque en sa présence la phase finale du grand rendez-vous mondial. Au fil des ans, cette qualification a fini par prendre des allures de quête du Graal dans l'imaginaire des habitants de ce petit pays d'Amérique centrale.

Sous la houlette de Julio Dely Valdes, les Canaleros ont pourtant réalisé d'énormes progrès. Pendant quelques semaines, l'exploit semblait même à portée de main. Mais les ambitions panaméennes ont subi un véritable coup d'arrêt avec la défaite concédée au Mexique. En marquant dans les derniers instants, El Tri a remporté trois points extrêmement précieux. Ce 15 octobre, tous les supporters panaméens présents au stade Rommel Fernandez espèrent assister au dernier baroud d'honneur de leurs favoris. Pour gagner le droit d'affronter la Nouvelle-Zélande en barrage intercontinental, les Canaleros doivent impérativement battre les États-Unis, en espérant que les Mexicains mordront la poussière au Costa Rica.

Au sein de l'attaque panaméenne, Yau doit faire face à la rude concurrence des légendes Blas Perez et Luis Tejada. En attendant de gagner ses galons de titulaire, il s'imprègne des conseils de son sélectionneur, son idole de jeunesse étant tout simplement Dely Valdes. "C'était un pionnier du football panaméen", explique Glaize au micro de FIFA.com. "Il a joué en Italie, en France et en Espagne. C'est un plaisir de travailler avec quelqu'un d'aussi expérimenté. Sa seule présence suffit à mettre les joueurs en confiance. Le sentiment de sécurité qu'il nous inspire a sans doute largement contribué à nos bons résultats."

Du rêve à la réalité
Glaize évolue actuellement en A-League d'Australie. Prêté au Sydney FC, il a la chance d'évoluer aux côtés d'un autre grand nom du football mondial, Alessandro Del Piero, champion du monde 2006. "Je suis très heureux et je me sens bien à Sydney", confie le Canalero. "Le jeu pratiqué en Australie est plus rapide. Les entraîneurs insistent davantage sur la possession de balle. Au Panama, les échanges sont parfois plus musclés. Je dois avouer que le style australien me convient davantage."

Pour l'heure, la perspective d'une première qualification pour la Coupe du Monde occupe largement les pensées de Glaize. "Nous n'y avions jamais cru aussi fort", confiait l'attaquant avant le début du tour final. "Nous avons une bonne équipe et de bons joueurs. Nous espérons être les premiers à mener le Panama en phase finale. Tout le pays est derrière nous, car les gens sentent que le rêve peut devenir réalité. Ce serait fabuleux d'écrire l'histoire en faisant partie de la première équipe panaméenne qualifiée pour une Coupe du Monde."

"Chaque fois que j'entre sur le terrain avec la sélection nationale, je pense à ce que serait notre première Coupe du Monde : les stades pleins, l'hymne national…", raconte-t-il aujourd'hui. "J'en ai rêvé des millions de fois dans ma vie." Cela tombe bien, le rêve n'a jamais été aussi proche.