Quelques heures après la signature du prolongement du contrat entre la FIFA et adidas, Herbert Hainer, directeur général d’adidas, a répondu aux questions de FIFA.com. Il nous parle de la longue histoire qui lie son entreprise à la FIFA, de la star argentine Lionel Messi et de la finale de ses rêves.

Ce jeudi 21 novembre 2013, adidas a prolongé jusqu’en 2030 son partenariat avec la FIFA. Quelle est l’importance pour adidas de ce long partenariat instauré en 1970 ?
Le partenariat entre FIFA et adidas est l’un des plus anciens de toute l’histoire du football. Nous sommes à la fois fiers et heureux d’avoir la chance de travailler depuis maintenant plusieurs décennies avec la FIFA. C’est la raison pour laquelle nous avons décidé dès aujourd’hui de poursuivre notre collaboration jusqu’en 2030. Les deux partenaires ont le sentiment qu’ils forment le couple idéal. Nous avons les moyens de faire en sorte que le football soit présent dans le monde entier et qu’il contribue à le rendre un petit peu meilleur. La FIFA peut nous aider à atteindre nos objectifs. Les deux partenaires avancent dans la même direction.

De telles décisions sur le long terme ne se prennent pas en une nuit. Quelles ont été vos motivations ?
Il s’agit d’une évolution naturelle, nous travaillons ensemble depuis déjà plusieurs dizaines d‘années. Nous connaissons bien les acteurs, je pense ici bien sûr au Président Joseph S. Blatter, ainsi qu’au Secrétaire Général Jerôme Valcke et au Directeur marketing Thierry Weil. Nous savons depuis longtemps que ces personnes sont d’une fiabilité incroyable. Elles comprennent le sens d'un partenariat et sont en mesure de se mettre à notre place.

Vous avez un jour parlé de la stratégie des trois piliers. Pouvez-vous nous expliquer de quoi il s’agit ?
La stratégie des trois piliers s’appuie sur l’événement en lui-même, les équipes et les joueurs à titre individuel. Au cours des dernières décennies, cette stratégie nous a permis de consolider notre place de numéro un sur le marché du football. Bien entendu, la Coupe du Monde est l’événement majeur. Notre association avec la FIFA nous permet d’avoir une telle présence que même dans l’hypothèse où aucune équipe sponsorisée par adidas ne viendrait à se qualifier, ce qui bien sûr n’arrivera jamais, nous resterions le partenaire principal du football aux yeux du public. Nous fournissons le ballon officiel, ainsi que les tenues des arbitres et des volontaires, et notre nom apparaît sur le bord du terrain et tout autour de la compétition.

Vous avez choisi Moscou pour accueillir la présentation de ce nouveau contrat, la ville qui, dans cinq ans, accueillera la finale de la Coupe du Monde. Pourquoi ce choix ?
Nous voyons plus loin que le Brésil et préparons déjà la Coupe du Monde 2018 et puis nous sommes le fournisseur de l’équipe de Russie. Le fait que nous soyons partenaires de la FIFA et que nous habillions l’équipe du pays hôte de 2018 nous permet de gagner sur tous les plans.

Vous êtes né la veille de la finale de la Coupe du Monde 1954, surnommée aussi le miracle de Berne. On peut donc dire que vous êtes tombé tout petit dans le chaudron du football...
Je suis passionné par le foot, ce n’est un secret pour personne. Mais toute ma famille partage cette passion. Mon frère cadet a joué pour Munich 1860. Encore aujourd’hui, quand je vois des images d'Adi Dassler assis sur le banc de touche en train de visser des crampons, ça me donne la chair de poule.

Vous auriez vous aussi aimé devenir footballer professionnel. Contre qui auriez-vous rêvé de jouer ?
C’est vrai, mais je n’avais pas suffisamment de talent. J’aurais bien aimé jouer avec Franz Beckenbauer, le héros de mon enfance. J’ai toujours été impressionné par sa légèreté et l’élégance avec laquelle il maniait le ballon.

Dans deux semaines aura lieu la présentation de Brazuca, le nouveau ballon de la Coupe du Monde de la FIFA. Pouvez-vous déjà nous en dire un peu plus à son sujet ?
L’un de nos objectifs internes consiste à sortir de nouveaux produits novateurs à chaque grand événement autour du football. Le nouveau ballon sera spectaculaire, comme ses prédécesseurs. Nous allons également présenter la chaussure de football la plus légère du monde. Laissez-vous surprendre.

Au Brésil, adidas sera représenté par huit équipes. Parmi "vos" équipes, qui peut atteindre la finale selon vous ?
La qualité sera décisive. Avec l’Allemagne, l’Argentine, l’Espagne et la Colombie, nous avons les quatre équipes les mieux placées au Classement mondial FIFA/Coca-Cola. À mon avis, il va falloir compter avec l’Allemagne, mais je pense aussi qu’on doit se méfier des Sud-Américains.

Quelle serait la finale de vos rêves ?
Je serais heureux de voir l’Argentine en finale. Pourquoi pas contre l‘Allemagne ?

En la personne de Lionel Messi, vous avez sous contrat le Ballon d’Or des quatre dernières années. Difficile pour une entreprise de rêver meilleur ambassadeur, non ?
Lionel Messi est considéré comme l’un des meilleurs footballeurs de tous les temps et ce, à juste titre. Il est surprenant de voir que malgré son jeune âge, il a déjà atteint les sommets. Nous sommes très heureux de le compter parmi nos partenaires.

Dans les années 70, Franz Beckenbauer et Gerd Müller se rendaient chez Käthe Dassler, l’épouse du fondateur d’adidas, pour y déguster une part de gâteau avec une tasse de café. À quand remonte la dernière visite de Messi à Herzogenaurach, chez Herbert Hainer ?
(rire) Je dois dire que je ne suis pas un grand amateur de pâtisseries, mais la dernière fois que Lionel nous a rendu visite, c’était l’année dernière, lors d’une fête du personnel. Je l’ai également vu en janvier dernier à Zurich, lors de la remise du Ballon d‘Or.

Si la finale de vos rêves devait devenir réalité, qui soutiendriez-vous ?
Si cela devait arriver, je resterais neutre et j’espérerais simplement que la meilleure équipe gagne.