Portée par une série de résultats exceptionnels, la République centrafricaine nourrissait de grandes ambitions dans les qualifications pour la Coupe du Monde de la FIFA, Brésil 2014™. Malheureusement, les Fauves du Bas-Oubangui traversent actuellement une zone de turbulences. L'instabilité qui règne dans le pays obligera l'équipe nationale à disputer son prochain match contre l'Afrique du Sud sur terrain neutre.

En dépit de ces circonstances difficiles, le capitaine Eloge Enza-Yamissi reste optimisme. "Nous sommes parfaitement capables de battre l'Afrique du Sud", annonce-t-il au micro de FIFA.com. "Nous pouvons prendre les trois points car nous nous sommes procuré beaucoup d'occasions au match aller (perdu 2:0en mars)".

Le milieu de terrain de Troyes avoue toutefois qu'il aurait préféré disputer la rencontre à Bangui, où les Fauves se sont taillé une solide réputation d'invincibilité au cours des dix dernières années. Au lieu de cela, Enza-Yamissi et ses coéquipiers devront se rendre à Yaoundé, au Cameroun, avant un déplacement au Botswana une semaine plus tard pour le compte de l'avant-dernière journée du Groupe A. "Si nous gagnons ces deux matches, le dernier rendez-vous contre l'Éthiopie pourrait se révéler décisif", poursuit le capitaine centrafricain.

Pour l'heure, les Ethiopiens disposent d'une confortable avance de quatre points sur les Fauves. Car les trois premières journées n'ont pas été très favorables à la République centrafricaine, qui n'affiche qu'une seule victoire au compteur. Les supporters espéraient beaucoup plus d'une équipe qui avait écarté l'Égypte dans la compétition préliminaire pour la Coupe d'Afrique des Nations de la CAF 2013. Enza-Yamissi et ses coéquipiers étaient même attendus au tournant, après avoir eux-mêmes manqué la qualification pour la phase finale pour un petit but, inscrit par le Burkina Faso après six minutes de temps additionnel.

Après une longue suspension, la République centrafricaine a renoué avec la compétition en 2010. Enza-Yamissi avait pris part en tant que capitaine à la première sortie officielle de l'équipe, un nul vierge obtenu dans les préliminaires de la CAN au Maroc. "C'était un grand honneur. Ma famille était très heureuse et très fière", se souvient l'intéressé. Aujourd'hui, le vétéran distille son expérience au sein d'un groupe relativement inexpérimenté. "Quand je suis avec les Fauves, je tiens le rôle de grand frère. J'essaye de donner des conseils tactiques et de partager mon vécu. Je suis aussi de près les questions administratives et logistiques, deux domaines dans lesquels nous avons beaucoup progressé."

Expérience et loyauté
Arrivé en France à l'âge de 10 ans, Enza-Yamissi s'inscrit dans un club de football sur les conseils d'un de ses professeurs. "J'ai commencé à Cenon, là où ont débuté les frères Da Rocha et Kodjo Afanou", rappelle-t-il. "Nous avions une bonne équipe. Nous affrontions souvent les Girondins de Bordeaux et nous avons terminé devant eux deux ou trois ans de suite." A 15 ans, le jeune Centrafricain intègre le centre de formation de Bordeaux mais n'est finalement pas retenu. Il rejoint alors La Roche-sur-Yon en troisième division. Il effectue ensuite un passage à Alès, où il croise notamment Franck Ribéry et, un an plus tard, est transféré à Nîmes. "L'entraîneur, Didier Ollé-Nicolle, a supervisé 50 joueurs et il n'en a retenu que deux. J'étais un de ceux-là", confie-t-il fièrement?

Lorsque Troyes lui propose de découvrir la Ligue 1 en 2005, il saute sur l'occasion. Depuis, Enza-Yamissi n'a plus déménagé. Ce ne sont pourtant pas les offres qui ont manqué. "Je ne voulais pas de problème et j'ai toujours respecté mes contrats. À chaque fois qu'on m'a contacté, les dirigeants troyens ont revalorisé mes conditions", explique le demi-finaliste de la Coupe de France 2013. "Les dirigeants ont fait en sorte que je n'aie pas envie d'aller voir ailleurs. Je suis très reconnaissant à ce club qui m'a donné l'opportunité d'évoluer au plus haut niveau."

D'une loyauté irréprochable, Enza-Yamissi n'a pas quitté le navire troyen au moment de la relégation en Ligue 2. Il a même défendu les couleurs du club en National. "Je voulais aider mon équipe et je suis très fier d'être le plus ancien au club", justifie-t-il. "J'ai une chance de laisser une trace dans l'histoire du club."

Et éventuellement dans celle de la République centrafricaine si ses performances l'amènent jusqu'au Brésil...