Quand dans les années 80, Zbigniew Boniek charme l’Europe avec ses dribbles chaloupés, Oscar Garcia est en admiration devant son téléviseur dans sa résidence de Tegucigalpa. Le pensionnaire d’Olimpia, un des plus grands clubs du Honduras, poussera même l’admiration jusqu’à affubler son fils du même prénom que son idole polonaise. Vingt-huit ans plus tard, le fiston Oscar Boniek Garcia fait honneur à la passion paternelle sous le maillot de l’équipe nationale et de Houston Dynamo, en MLS.

Débarqué en juin 2012 dans le championnat américain, l’ailier hondurien vif, incisif, et percutant, impose sa vista chez le vice-champion en titre, qu’il mènera à sa deuxième finale consécutive avec cinq buts et sept passes décisives en 17 rencontres. Le géniteur peut être fier. "En m’appelant comme ça, mon père, qui était lui aussi footballeur professionnel, a voulu rendre hommage à un joueur qu’il adore", explique-t-il à FIFA.com.

Rivaldo et Figo comme idoles
C’est que dans la famille Garcia, le football est une institution chérie. "Mon oncle était aussi joueur professionnel, mes trois frères également et tous mes souvenirs de jeunesse sont liés au football", nous confie le milieu de terrain de la Bicolor. "On jouait tout le temps dans la rue et je me souviens qu’on embêtait nos voisins car on tapait le ballon sur les murs de leurs maisons. Je me suis même fait plusieurs fois enguirlander parce que je faisais trop de bruit." Le destin était tout tracé. Imbibé de football, le gamin se prend vite au jeu et le divertissement devient une passion.

Comme son père, Oscar se gave de football devant l’écran du salon et s’imprègne de ses stars favorites. "Depuis tout petit, j’ai toujours aimé jouer sur les ailes, parce qu’on court, on feinte, et on apporte une contribution en attaque. J’adore faire des passes décisives et faire marquer mes coéquipiers", raconte celui qui, comme son père, a bon goût dans le choix de ses modèles, Rivaldo et Luis Figo - "quand il était à Barcelone", s’empresse-t-il de préciser. "L’un parce qu’il était spectaculaire et l’autre parce qu’il jouait à mon poste. Figo était un ailier extraordinaire, qui savait tout faire, dribbler, marquer. Avec ses feintes, il éliminait qui il voulait."

Un an après ses premières gammes avec le Real Patepluma, Oscar Junior suit les traces de son père à Olimpia en 2004, où il reste sept saisons et marque l’histoire du club. Dès sa deuxième saison, il intègre l’équipe nationale, qu’il n’a plus quittée depuis juillet 2005, et une première sélection en amical contre le Canada. Pourtant, malgré ses prouesses au pays, Boniek ne parvient pas à exporter ses qualités à l’étranger. "Mon club a toujours voulu attendre une grosse proposition pour me lâcher, et elle n’est jamais vraiment venue", reconnaît l’intéressé. "Mais quand je suis arrivé sur mes 28 ans, la direction s’est dit que c’était le moment de me vendre et j’ai eu cette proposition de Houston", poursuit celui dont la carrière aurait pourtant pu se poursuivre en Europe.

Impact positif
Car en juillet 2008, le Hondurien est invité par le Paris-Saint-Germain à effectuer un essai. "J’ai disputé deux matches, contre le Benfica et Guimaraes, et je pense avoir fait de belles prestations. Mais l’entraîneur cherchait plutôt un joueur défensif", regrette celui qui, un an plus tard, passe tout près de rejoindre Wigan, en Premier League. Au final, il ne paraphera rien et passera encore trois saisons à Tegucigalpa.  "Les clubs cherchent en priorité des joueurs qui ont un passeport européen", regrette Garcia. "C’est dommage car les quelques joueurs qui sont partis on fait du super boulot, comme David Suazo, Maynor Figueroa et Emilio Izaguirre par exemple. Cela peut aider les recruteurs à venir voir ce qui se passe au Honduras."

Conscient qu’il doit être plus efficace dans la finition - "je n’ai jamais marqué beaucoup de buts, même à Olimpia. Je suis avant tout un passeur et je dois changer ça" -, Boniek entend bien revivre les joies d’Afrique du Sud 2010. Cela passe par un parcours presque sans faute dans la suite des qualifications pour la Coupe du Monde de la FIFA, Brésil 2014™. "Notre participation en 2010 a marqué un changement dans la mentalité. L’implication a été énorme et on s’est rendu compte que notre équipe avait le potentiel pour se qualifier pour le Mondial, après 30 ans d’absence", juge le milieu des Catrachos. "L’équipe s’est solidifiée, elle a gagné en confiance. Aujourd’hui, le groupe a cet objectif en tête parce que tout le monde parle encore de 2010 et de l’impact positif que ça a eu sur le football hondurien."

Une deuxième participation consécutive à l’épreuve reine ne ferait que confirmer cette tendance. Garcia deviendrait à son tour un héros pour de nombreux Honduriens, ce qui leur donnera peut-être des idées au moment de choisir le prénom de leurs enfants.