Jürgen Klinsmann a ouvert aux États-Unis les portes d'une septième participation consécutive à la Coupe du Monde de la FIFA™, et ce au bout de huit journées d'un tour préliminaire final qui en comporte dix. Pourtant, les Américains avaient débuté leur campagne par une défaite. Mais ils ont ensuite retrouvé un niveau de jeu qu'on ne leur avait plus connu depuis des années.

FIFA.com analyse les cinq points essentiels du parcours triomphal des États-Unis dans ces qualifications de la CONCACAF pour Brésil 2014.

Départ raté et cirque médiatique
Le tournoi hexagonal final de la CONCACAF n'est pas fait pour les âmes sensibles. Klinsmann a pu s'en rendre compte dès sa première sortie. Dans la chaleur de San Pedro Sula, en février dernier, les Américains faisaient peine à voir. Au bout de 20 minutes, on les sent déjà fatigués. On les voit dégoulinant de sueur. Le Honduras fait office de rouleau compresseur et s'impose 2:1. Au terme de cette première journée, les États-Unis sont derniers, ce qui déclenche l'ire des médias américains. Un grand journal avance même que les joueurs sont en désaccord avec le nouveau sélectionneur, qu'ils critiquent ses idées et ses méthodes nouvelles. On parle même de mutinerie dans le vestiaire US. Les cinq matches suivants viendront démentir la rumeur. Les États-Unis réalisent en effet une série de cinq rencontres sans défaite. "La plupart du temps, les médias ne savent pas de quoi ils parlent", précise le défenseur Clarence Goodson au micro de FIFA.com. "Si je me souviens bien, le seul problème de l'équipe au Honduras était la chaleur, qui fait que nous n'avons pas bien joué", renchérit Michael Bradley. Cette défaite aura le don de piquer au vif le milieu de l'AS Rome et ses coéquipiers.

La défense reprend la parole
La défaite au Honduras avait beaucoup à voir avec une arrière-garde inexpérimentée. Klinsmann avait en effet décidé de laisser sur le banc le capitaine de longue date Carlos Bocanegra, pour faire appel à quatre défenseurs de moins de 30 ans : Omar Gonzalez, Geoff Cameron, Timmy Chandler et Fabian Johnson. Au grand désarroi du gardien vétéran Tim Howard, les quatre hommes se font prendre à défaut à deux reprises au Honduras, suite à quoi les supporters demandent le remplacement de Gonzalez. Mais Klinsmann ne cède pas, avant de changer d'avis lorsque DaMarcus Beasley annonce la fin de sa retraite internationale. Le technicien allemand reconvertit alors l'ancien milieu offensif droit au poste d'arrière latéral. Quatre jours après la débâcle au Honduras, la défense américaine tient bon et les États-Unis battent le Costa Rica dans le Colorado. Comme pour symboliser ce changement d'atmosphère dans le camp US, une tempête de neige s'abat sur le stade pendant la rencontre. On est loin de la chaleur suffocante de San Pedro Sula. Depuis la défaite inaugurale contre le Honduras, l'arrière-garde américaine n'a concédé que quatre buts. Gonzalez et Johnson sont quant à eux devenus des stars.

L'effet Klinsmann
Depuis son arrivée aux commandes il y a deux ans, le stratège allemand a injecté une bonne dose d'optimisme, à la poursuite de son objectif : faire des États-Unis une formation "plus entreprenante et moins réactive". L'enthousiasme de l'ancien avant-centre de la Mannschaft est contagieux. En incluant dans son effectif des joueurs évoluant à l'étranger, comme Fabian Johnson et Mix Diskerud, il a entièrement remodelé le visage de la sélection. Il a décrété que seuls les joueurs évoluant régulièrement avec leurs clubs pouvaient prétendre à une place dans son effectif. Cela a créé une atmosphère saine, sans passe-droit. "Pour moi, un footballeur a le niveau de son dernier match", avait confié Klinsmann au micro de FIFA.com. Après avoir remporté facilement la Gold Cup de la CONCACAF 2013 avec une équipe B, le sélectionneur sait qu'il dispose d'une pléthore d'options en vue de Brésil 2014, à commencer par Landon Donovan, qui n'avait pas été rappelé immédiatement après son retour de repos sabbatique. "J'ai repris plaisir au football", affirme le meilleur buteur de l'histoire de la sélection.

Altidore refait surface
L'un des grands défis de Klinsmann était d'obtenir plus de régularité de la part de l'attaquant Jozy Altidore devant le but adverse. Pour cela, l'entraîneur n'a pas hésité à le laisser de côté pour deux matches du troisième tour des qualifications, en raison du manque de forme et de motivation de l'intéressé. En juin dernier, le puissant Altidore a enfin fait trembler les filets contre l'Allemagne et après deux années de mutisme dans la surface de vérité. Depuis, l'ancien meilleur buteur du club néerlandais d'AZ a rejoint Sunderland, en Premier League. Toujours en juin, il a fait mouche dans chacun des trois matches disputés et remportés par les États-Unis en qualifications. Peu de temps après en amical, il a réussi un triplé à Sarajevo, offrant une victoire 4:3 contre la Bosnie-Herzégovine. "Ça va bien pour moi en ce moment. Je veux juste continuer de progresser", affirme-t-il avec un sens certain de l'euphémisme. Avec Altidore et son partenaire Clint Dempsey à la pointe de l'attaque, les États-Unis peuvent voir venir. Les deux hommes sont également les meilleurs buteurs de leur sélection dans l'Hexagonal, où ils ont inscrit six des dix buts de leur équipe.

Le Mexique facilite les choses
L'un des facteurs essentiels de la qualification précoce des États-Unis pour leur septième Coupe du Monde de la FIFA™ est incontestablement la méforme de leur grand rival, le Mexique. Avec sept participations à la grand-messe du football mondial, El Tri détient le record dans la CONCACAF. Mais dans les présentes qualifications, la sélection aztèque est incapable de rivaliser avec son voisin du nord, qui lui a joué un mauvais tour en venant prendre un point (0:0) en mars dernier à l'Estadio Azteca, où les États-Unis n'ont jamais gagné un match qualificatif. Cette bonne performance a eu le don de motiver les Américains, qui ont ensuite battu la Jamaïque à Kingston pour la première fois de leur histoire et n'ont perdu qu'un seul match avant d'assurer leur qualification. Le 10 septembre dans l'Ohio, après avoir battu le Mexique - qui d'autre ? - 2:0, Klinsmann et ses protégés ont pu déboucher le champagne.