Habitué à dominer les débats en Amérique centrale, le Costa Rica a surpris au cours du tour final des qualifications pour la Coupe du Monde de la FIFA, Brésil 2014™. Les Ticos n'ont pas hésité à proposer un jeu résolument axé sur la rigueur défensive et l'efficacité tactique, bien loin du football chatoyant auquel ils étaient habitués.

Cette métamorphose a porté ses fruits : en effet, les Costaricains ont validé leur billet pour la phase finale à deux journées du terme. Entouré d'éléments plus solides que par le passé, l'élégant Brian Ruiz a été l'un des artisans de la quatrième qualification du Costa Rica pour l'épreuve suprême, quatre ans après son échec dans la compétition préliminaire d'Afrique du Sud 2010.

FIFA.com s'est penché sur cinq éléments-clés du succès du Costa Rica sur la route du Brésil.

Solidité avant tout
Traditionnellement, le Costa Rica est une équipe attirée par le but adverse, qui n'hésite pas à occuper la moitié de terrain adverse grâce à un jeu court et rapide porté par des milieux de terrain techniques. La qualité défensive n'a jamais été le point fort des Ticos. Mais aujourd'hui, les clichés n'ont plus cours à San José. Le Colombien Jorge Luis Pinto a su générer une agressivité défensive et une assurance inédites de mémoire de fan. Michael Umana, Cristian Gamboa, Brian Oviedo et Giancarlo Gonzalez forment un véritable rempart devant Keylor Navas, qui reste l'un des meilleurs gardiens de la région. Les chiffres en disent long sur cette transformation : le Costa Rica n'a concédé que cinq buts en huit matches, ce qui explique en grande partie son succès dans ce tour final. "Nous sommes parfaitement coordonnés sur le terrain", explique Umana, défenseur du Deportivo Saprissa, à FIFA.com. "L'arrière-garde fonctionne bien en ce moment mais tout le monde est responsable de ce succès. Nous avons travaillé dur pour cela."

Ruiz, le maître à jouer
Si, dans son ensemble, l'équipe paraît plus rigide, la présence du meneur de jeu Brian Ruiz est là pour rappeler aux supporters un passé plus aventureux. Fin et vif, l'attaquant de Fulham, qui peut aussi évoluer sur l'aile en cas de besoin, a été au cœur de toutes les actions offensives de son équipe. Surnommé La Comadreja (la belette) pour sa capacité à se faufiler dans les moindres espaces, le natif de San José possède la vision d'un numéro dix à l'ancienne. Il peut ainsi ralentir le jeu ou expédier une passe de 30 mètres impeccable. Ses immenses qualités ont fait de lui une véritable icône dans sa ville d'origine. "J'aime avoir le ballon et combiner avec mes partenaires. C'est ce que je fais de mieux", glisse l'intéressé avec modestie.

Un mélange réussi en attaque
Un passeur de la qualité de Ruiz ne sert à rien sans attaquants capables de faire les bons appels, de sentir le jeu et de mettre le ballon au fond des filets. Par chance, Pinto dispose d'un duo extrêmement complet aux avant-postes, composé du vétéran Alvaro Saborio et du jeune Joel Campbell. Meilleur buteur de l'histoire du Real Salt Lake en MLS, le premier est un joueur puissant, efficace dans le domaine aérien et doté d'un mental à toute épreuve. À 31 ans, Saborio compte 30 réalisations en 72 sélections. Si le record de Rolando Fonseca (47 buts) est encore loin, il se rapproche de celui de Paulo Wanchope. Campbell, 21 ans, est tout en vitesse, en élégance et en audace balle au pied. Il aime défier ses adversaires et laisse souvent ses vis-à-vis le nez dans le gazon. Les deux hommes ont déjà inscrit dix buts depuis le début des qualifications.

Rester maître chez soi
La formule pour arracher son billet pour la Coupe du Monde de la FIFA™ dans la région n'a rien de magique : il faut avant tout gagner chez soi et prendre quelques points à l'extérieur. Alors que le Mexique ne parvient plus à s'imposer dans son antre de l'Azteca, les Ticos ont transformé le stade national de San José en forteresse. Les Costaricains y ont battu la Jamaïque, le Panama, le Honduras et même les États-Unis. Leur bilan s'établit à huit buts inscrits, contre un seul encaissé. Fraîchement auréolés de leur titre de champions de la CONCACAF, les hommes de Jürgen Klinsmann ont récemment concédé leur plus lourde défaite des qualifications (3:1) dans la capitale costaricaine.

Vaincre les meilleurs
Au-delà du score final, les Américains ne sont sans doute pas près d'oublier l'ambiance électrique de San José. Il faut dire que les deux équipes ont un contentieux depuis la défaite des Ticos aux États-Unis, dans des conditions polaires. Piqués au vif, les supporters costaricains n'ont évidemment pas laissé la moindre chance aux visiteurs de s'installer dans la partie. À l'inverse, les locaux ont été littéralement portés par une foule en délire. Le Costa Rica menait déjà 2:0 après dix minutes et l'addition aurait pu être plus salée pour les Stars and Stripes, contraints de céder la première place à leur adversaire du jour. Les États-Unis restent sur huit défaites consécutives à San José, ce qui semble indiquer que la forteresse la plus imprenable de la région ne se trouve plus à Mexico, mais bien au Costa Rica.