Hong Myung-Bo est considéré, au même titre que Cha Bum-Kun, comme étant l'un des plus grands joueurs de l'histoire de République de Corée, même si c'est en Asie de l'Est qu'il a accompli la majeure partie de sa carrière. Sa seule expérience à l'étranger a été la dernière , au Los Angeles Galaxy lors de la saison 2003/04.

Son tempérament de meneur d'hommes a contribué aux meilleurs résultats jamais obtenus par la République de Corée, notamment la quatrième place de la Coupe du Monde de la FIFA, Corée/Japon 2002.. Après quatre participations à l'épreuve en tant que joueur, c'est dans la peau de sélectionneur que l'ancien défenseur mènera les Guerriers Taeguk à la Coupe du Monde de la FIFA, Brésil 2014.

Nommé en juin dernier après la fin des qualifications, il espère transmettre son expérience et son vécu à ses jeunes joueurs, afin de les aider à réaliser de grandes performances. FIFA.com a rencontré Hong, 44 ans, en marge du tirage au sort à Costa do Sauipe. Il revient sur son parcours, évoque les moments marquants de ses participations à la grand-messe du ballon rond, et son admiration pour les entraîneurs néerlandais avec qui il a travaillé, et qui l'ont fortement influencé.

M. Hong, vous avez participé à quatre Coupes du Monde de la FIFA. Comment cette expérience peut-elle être profitable à la jeune génération sous votre direction ?
Une Coupe du Monde de la FIFA, c'est un évènement spécial auquel il faut se préparer soigneusement. Expliquer mon vécu à de jeunes joueurs n'est pas chose facile, parce que la plupart d'entre eux disputeront leur première phase finale. Le plus important est d'être prêt, j'attends de mes joueurs qu'ils abordent la compétition avec le plus de confiance possible.

Que retenez-vous de votre première participation en 1990, et du premier match contre la Belgique ?
J'étais très jeune, et c'était un immense honneur pour moi de représenter mon pays. Il me semble que nous avions perdu cette rencontre sur le score de (2:0). Ce grand rendez-vous mondial a été synonyme de désillusion pour nous, mais sur un plan personnel j'étais satisfait de mes prestations pour une première participation.

Vous avez ensuite joué la Coupe du Monde de la FIFA, Etats-Unis 1994, et affronté l'Allemagne. Vous souvenez-vous de cette rencontre très serrée et perdue 2:3 ?
La pression de jouer contre le tenant du titre n'a pas été simple à gérer. Nous avons mal débuté en encaissant trois buts en une mi-temps. Je me souviens qu'il faisait très chaud et que nous avons souffert physiquement, surtout lors de la seconde période. Mais en dépit de tout cela les joueurs ont livré une prestation magnifique, et très bien réagi en marquant à deux reprises. Je regrette que le temps nous ait manqué, sinon nous serions très certainement revenus à la hauteur des Allemands.

Quel est votre plus beau souvenir de l'édition 2002 de la Coupe du Monde la FIFA, que vous avez disputée à domicile avec le brassard de capitaine de la République de Corée ?
J'avais une grande responsabilité, il était vital pour nous d'obtenir de bons résultats. C'est pour cela que j'ai du faire abstraction de mon âge et de mes problèmes physiques. Le moment qui m'a le plus marqué est la victoire inaugurale contre la Pologne. La première victoire en Coupe du monde de la FIFA pour mon pays, et la première pour moi après trois phases finales infructueuses.

Durant la compétition, vous inscrivez le tir au but victorieux contre l'Espagne, qui vous qualifie pour les demi-finales. Que vous évoque ce souvenir ?
L'issue a été heureuse pour nous, mais les secondes qui ont précédé ont été insupportables. C'est un moment que je ne voudrais surtout pas revivre.

Pensez-vous que votre sélection soit capable d'un tel succès au Brésil ?
Ce sera très difficile. Pour rendre l'exploit possible il faudra beaucoup d'efforts et d'immenses sacrifices.

Quelle influence les entraîneurs néerlandais avec lesquels vous avez travaillé, Guus Hiddink, Pim Verbeek et Dick Advocaat, ont-ils eue sur vous ?
J'étais sélectionneur adjoint lors des mandats de ces trois techniciens à la tête de la sélection sud-coréenne. Ils m'ont beaucoup appris et je m'inspire aujourd'hui des enseignements qu'ils m'ont apportés pour améliorer l'organisation et la préparation de mon équipe.

La République de Corée a obtenu avec difficulté son ticket pour la Coupe du Monde de la FIFA, Brésil 2014. Les qualifications de l'AFC sont-elles devenues plus compliquées ?
En Asie, de nombreux pays ont consenti à de lourds investissements pour développer leurs équipes nationales. Ce qui donne des sélections fortes et d'un niveau assez proche les unes des autres. Nous avons en effet connu de grandes difficultés, et cela sera désormais le cas à chaque fois à moins qu'on se mette au diapason des autres pays, en termes de moyens et d'attention donnés au football.

Vous avez également eu du succès avec la sélection U-23, en remportant la médaille de bronze au Tournoi Olympique de Football Masculin, Londres 2012. Avez-vous mis en place une stratégie pour utiliser au mieux les jeunes joueurs de cette sélection dans l'équipe qui jouera au Brésil ?
Nos performances lors de ce tournoi ont été exemplaires, mais il faut à présent laisser les bons souvenirs de côté et aller de l'avant. La Coupe du Monde de la FIFA et le Tournoi Olympique sont deux compétitions différentes, mais ce qui a été mis en place avec les joueurs sera sensiblement similaire dans les deux cas. Nous avons une grande marge de progression et nous mettrons tout en œuvre pour nous améliorer dans l'optique de la participation à la prochaine épreuve dans quatre ans.