Tous les quatre ans, l'étude minutieuse des effectifs retenus pour disputer la Coupe du Monde de la FIFA™ suscite quelques surprises. Ces invités de la dernière heure se taillent parfois une solide réputation sur la scène mondiale, au point que personne ne se souvient vraiment de leur passage de l'ombre à la lumière.  

À moins de cinq mois du coup d'envoi de Brésil 2014, de nouvelles révélations de dernière minute pourraient encore créer la surprise. Les sélectionneurs sont présents sur tous les fronts, avec le secret espoir de dénicher un nouveau venu plein de talent ou un joueur décisif injustement oublié.

Dans ce domaine, Didier Deschamps n'est certainement pas le plus mal loti. Le sélectionneur de l'équipe de France a déjà promu Paul Pogba, capitaine des Bleuets sacrés champions du monde U-20 en Turquie en 2013, et a encore l'embarras du choix. Le Marseillais Florian Thauvin s'est lui aussi distingué en Turquie, avant d'aborder la saison 2013/14 sur la même lancée. Il a notamment disputé les six matches de l'OM en Ligue des champions de l'UEFA et inscrit cinq buts en Ligue 1. Dans la même promotion de champions du monde juniors, le défenseur de Saint-Étienne Kurt Zouma fait quant à lui figure de surdoué et a déjà été appelé chez les grands Bleus.

Vétérans de l'édition 2011 de la Coupe du Monde U-20 en Colombie, Clément Grenier et Antoine Griezmann pourraient eux aussi être du voyage au Brésil. Tous deux ont multiplié les prestations convaincantes avec Lyon et la Real Sociedad cette saison. Le premier s'est fait une spécialité de délivrer des passes décisives ; le second marque régulièrement sous la tunique du club de Saint-Sébastien.

De l'autre côté de l'Atlantique, le Colombien Alan Pulido s'est imposé comme l'une des attractions du championnat du Mexique, au point de devenir le meilleur buteur de Tigres. À Guadalajara, Carlos Fierro est aussi en train de se tailler une solide réputation. En 2011, le Mexicain avait mené son pays à la victoire en Coupe du Monde U-17 de la FIFA, devant son public. Aligné sur le flanc droit depuis quelques mois, il enchaîne les performances de haut vol.

Autre joueur en vue durant Turquie 2013, l'Anglais Ross Barkley n'a pas connu la même réussite que ses collègues français. Le joueur de 20 ans a fait ses débuts avec Everton en 2011 et sa renommée n'a pas tardé à s'établir en Premier League. "En ce qui me concerne, Ross devrait absolument faire partie du groupe. S'il continue comme ça, je suis sûr qu'il sera présent au Brésil", assure Gareth Barry, son coéquipier chez les Toffees. "Le sélectionneur le connaît suffisamment pour savoir qu'il est capable de surprendre un grand nombre d'équipes. C'est un surdoué."  

Liverpool possède lui aussi un diamant brut dans ses rangs, en la personne de Raheem Sterling. Recruté à 15 ans aux Queens Park Rangers, le véloce ailier droit sème la panique dans les défenses adverses depuis ses débuts à Anfield, à la fin de la saison 2011/12. Roy Hodgson lui a offert sa première sélection en 2012, à l'occasion du match perdu 4:2 contre la Suède. Les chances de Sterling d'être appelé pour la Coupe du Monde ont fait un bon avec la récente blessure au genou de Theo Walcott, lui-même invité surprise de l'édition 2006 en Allemagne.

Les déboires de l'attaquant d'Arsenal ont permis l'émergence d'un autre candidat à une place en sélection, Serge Gnabry. Le prodige de 18 ans a parfaitement comblé le vide laissé par Walcott et Arsène Wenger le verrait bien s'imposer avec l'Allemagne dans un avenir proche. "Ce n'est pas une vague possibilité, il a toute ses chances", assure l'entraîneur des Gunners. "Nous parlons de quelqu'un qui possède un vrai talent. Il peut éliminer, conclure, il possède une bonne vision du jeu et il prend les bonnes décisions. Il est vif, il est adroit des deux pieds et peut marquer dans n'importe quelle position. Il a beaucoup à offrir."  

Malheureusement pour lui, la compétition au sein du groupe de Joachim Löw n'a jamais été aussi rude. Au VfB Stuttgart, l'ancien club de Gnabry, Timo Werner fait des étincelles. Avec quatre buts et autant de passes décisives en 15 matches de Bundesliga, il pourrait constituer un renfort de choix. "Ça ne coûte rien de rêver", sourit l'intéressé lorsqu'on l'interroge sur ses ambitions mondialistes.  

Au Hertha Berlin, le défenseur américain John Brooks a participé au retour du club de la capitale en Bundesliga. Cette saison, la régularité n'a pas toujours été au rendez-vous, mais il reste résolument optimiste. "Je suis jeune. Je n'ai que 20 ans. Je rêve de participer à la Coupe du Monde. Je vais tout faire pour disputer un maximum de matches. Ensuite, ce sera au sélectionneur de décider." L'attaquant d'origine islandaise Aron Johannsson pourrait aussi être convoqué par Jürgen Klinsmann. International depuis août, le joueur de l'AZ Alkmaar a signé le but de la victoire (3:2) sur le Panama, synonyme de qualification pour le Brésil. "Il est encore nouveau, mais il commence à se faire une place dans le groupe", explique le sélectionneur allemand. "Tout le monde est conscient de ce qu'il peut nous apporter."  

En Colombie, le malheur des uns pourrait faire le bonheur des autres. Si la blessure de Radamel Falcao devait lui faire manquer la phase finale, Fredy Montero, de Seattle Sounders, paraît tout indiqué pour assurer l'intérim. L'attaquant n'a pourtant plus porté les couleurs des Cafeteros depuis quatre ans et demi, mais son récent prêt au Sporting Portugal a changé la donne. Actuellement en tête du classement des buteurs du championnat du Portugal, aux côtés de son compatriote Jackson Martinez, il côtoie au Portugal Juan Quintero, autre révélation de Turquie 2013, qui fait ses classes au FC Porto et qui pourrait recevoir une convocation pour le Brésil.

Le Belge Michy Batshuayi tente de convaincre Marc Wilmots de l'emmener avec lui en multipliant les bonnes performances en Jupiler Pro League. S'il n'a pas le même impact, le Néerlandais Memphis Depay s'applique à justifier son surnom de "nouvel Arjen Robben". Promis à un grand avenir au PSV Eindhoven, il espère encore s'imposer en sélection avant juin.

Auteur d'un quadruplé contre l'AC Milan avec Sassuolo, Domenico Berardi s'est retrouvé propulsé sur le devant de la scène du jour au lendemain. L'attaquant est une option crédible pour la Nazionale, surtout depuis la nouvelle blessure de Giuseppe Rossi. Le sélectionneur Cesare Prandelli préfère éviter le sujet, sans doute pour éviter de soumettre Berardi à une pression inutile. "Il faut s'imposer dans la durée. Laissons-le grandir. Il est encore un peu tôt pour lui donner de grandes responsabilités."