Thomas Müller a découvert le très haut niveau mondial à l'occasion de la Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du Sud 2010™. Véritable révélation du tournoi, il était rentré chez lui avec le Soulier d'Or du meilleur buteur et le titre de Meilleur Jeune Joueur, après avoir mené l'Allemagne sur la troisième marche du podium. Quatre ans plus tard, le joueur du Bayern Munich a fait encore mieux, en brandissant le trophée le plus convoité de la planète à Rio de Janeiro.   

Le Groupe d'Étude Technique de la FIFA (TSG) a salué ses performances en lui attribuant le Ballon d'Argent adidas, qui récompense le deuxième meilleur joueur du tournoi. Parallèlement, Müller s'est adjugé le Soulier d'Argent adidas, avec cinq réalisations.

À l'occasion d'une cérémonie organisée pour la remise de ces titres au Siège d'Adidas à Herzogenaurach, l'attaquant du Bayern et de l'Allemagne a répondu aux questions de FIFA.com. Il évoque ses souvenirs brésiliens, les temps forts du tournoi et l'importance de ces récompenses personnelles.  

Thomas, vous arrive-t-il de repenser à ce que vous avez vécu au Brésil et à la finale de Rio ?
Oui, même si je dois reconnaître que j'ai de moins en moins l'occasion de le faire depuis le début de la saison. En ce moment, je me concentre plutôt sur le prochain match. En revanche, la Coupe du Monde revient souvent dans ma vie privée. Je croise régulièrement des gens qui souhaitent me féliciter et me remercier du plaisir que nous leur avons donné. Dans ces moments-là, les souvenirs reviennent à la surface. C'était il y a peu de temps et nous avons vécu des choses très fortes là-bas.

Les convocations en équipe nationale ont-elles une saveur différente depuis ce titre ?
Il y a toujours eu une bonne ambiance en sélection, mais il est vrai que nous sommes tous particulièrement heureux en ce moment. L'équipe a atteint son objectif. Mais nous devons déjà faire face à de nouveaux défis. Les qualifications pour l'EURO 2016 ont commencé. Il faut se remettre au travail. Ce n'est pas toujours évident, un mois ou deux après avoir gagné la Coupe du Monde, de se dire qu'il faut à nouveau faire ses preuves en préliminaires. C'est la loi du calendrier international. Il ne reste plus qu'à se concentrer et à préparer au mieux les prochaines échéances afin de valider au plus vite notre billet pour la phase finale en France.

Qu'est-ce qui a changé pour vous à titre personnel depuis votre triomphe au Maracanã ?
Nous sommes champions du monde et nous avons atteint notre but. Personne ne pourra jamais me prendre ce titre. Au Bayern, la vie a repris son cours. On nous demande de gagner tous les matches, comme d'habitude. Heureusement, nous sommes plutôt efficaces dans ce domaine (rires).  

Selon vous, qu'est-ce qui a fait pencher la balance en faveur de l'Allemagne en Coupe du Monde ?
Notre victoire en finale (rires) ! Sérieusement, le match aurait aussi bien pu se terminer sur une victoire 2:1 ou 1:0 de l'Argentine. À ce niveau, tout se joue sur des détails et il faut un peu de réussite. Bien entendu, nous étions aussi très soudés, ce qui a contribué à notre victoire. Nous formions un groupe uni, sur le terrain comme en dehors. Le match contre la France s'est joué à peu de choses. Contre l'Algérie, nous avons dû en passer par la prolongation. En Coupe du Monde, chacun donne son maximum. C'est aussi le cas dans les autres équipes. Les écarts sont minimes. Il arrive que la décision intervienne sur un exploit individuel ou sur un coup du sort. Nos joueurs ont su se montrer décisifs dans les moments importants et nous avons parfois eu un brin de réussite. Manuel Neuer a été très performant, nous avons bien défendu collectivement et Mario Götze a inscrit un but fabuleux.

Vous venez de recevoir vos récompenses individuelles pour vos prestations en Coupe du Monde. Que représentent-elles ?
Elles ne sont pas particulièrement importantes pour moi, mais elles signifient quand même quelque chose. Ces trophées témoignent de ce que j'ai accompli. En revanche, ils ne constituent pas une garantie pour l'avenir. Je ne peux pas me dire : "J'ai gagné ce Soulier et ce Ballon, ça prouve que je suis bon". Il faut refaire ses preuves à chaque fois que l'on entre sur le terrain. Cela dit, ces distinctions sont là pour rappeler que j'ai connu un certain succès, à un moment de ma carrière.

Le Bayern réussit actuellement un excellent début de saison, contrairement à la plupart des autres poids lourds du championnat. Comment expliquez-vous cela ?
C'est simple : nous avons un effectif exceptionnel. Évidemment, ça ne garantit rien, mais il est très dur de nous battre. Nous avons tellement de qualité technique et individuelle que nous sommes toujours capables de marquer. Ça donne quelques certitudes. Par ailleurs, nous avons eu quelques blessures à déplorer. Je ne sais pas s'il faut les attribuer à la Coupe du Monde ou à la charge de travail propre au football professionnel. Le jeu est plus rapide et plus exigeant physiquement. Le nombre de blessures a plutôt tendance à augmenter et nous n'avons pas été épargnés. Heureusement, nous avons déjà beaucoup d'automatismes sur le terrain et nous savons peut-être mieux gérer ce type de situations.