À toute vitesse, comme lorsqu'il enfilait les buts sous les maillots de River Plate, de l'Inter Milan, de la Fiorentina ou encore de Monaco : ainsi a commencé le mandat de Ramón Ángel Díaz à la du Paraguay, qui cherche à se racheter après avoir tenté en vain - et à la surprise générale - de se qualifier pour la Coupe du Monde de la FIFA, Brésil 2014™.

Après avoir débuté comme entraîneur il y a presque 20 ans, le nouveau patron du Paraguay sort d'une année 2014 où il a été comblé sur le plan sportif, grâce au titre décroché sur le banc de River Plate, ainsi qu'au niveau personnel, avec la naissance de son deuxième petit-fils, Adriano, ou "l'héritier", comme il aime l'appeler. À 55 ans, Ramón Díaz affirme au micro de FIFA.com qu'il a désormais "le calme et le savoir-faire nécessaires" pour réussir à son nouveau poste.

À son arrivée au Paraguay, l'entraîneur le plus titré de l'histoire de River Plate a immédiatement mis le pied à l'étrier. Il a rencontré la presse, s'est entretenu avec le sélectionneur qu'il a remplacé, et a même changé l'hôtel dans lequel résidera l'Albirroja lors de la Copa América 2015 au Chili. "Nous voulons que les joueurs se sentent à l'aise, dans un environnement qui soit à la hauteur de cette sélection", explique-t-il dans un entretien exclusif au cours duquel il révèle ce qui l'a séduit dans cette nouvelle proposition, ce que cela impliquera d'affronter l'Argentine en 2015, et la différence de dynamique selon qu'on entraîne un club ou une sélection nationale.

Ramón, vous avez reçu un certain nombre de propositions après avoir gagné un nouveau titre avec River Plate en 2014. Qu'est-ce qui vous a séduit dans l'offre du Paraguay ?
Le fait d'entraîner une sélection vous donne du prestige au niveau mondial. C'est un beau défi, le plus important qui existe. Je crois que le Paraguay possède les joueurs pour former une équipe d'un très bon niveau. Voilà pourquoi j'ai accepté cette offre, même si j'ai eu des propositions de plusieurs clubs.

Comment peut-on expliquer qu'une équipe aussi habituée à disputer la Coupe du Monde ait été absente de Brésil 2014 ?
Il est difficile d'expliquer pourquoi le Paraguay a terminé dernier des qualifications mais en même temps, nous ne sommes pas ici pour fournir des explications. Aujourd'hui, la seule chose qui nous intéresse est l'avenir et pour cela, il faut planifier avec beaucoup de précision. Nous devons profiter de l'expérience collective des joueurs paraguayens. J'ai déjà rencontré beaucoup de gens pour être informé le mieux possible non seulement sur le football paraguayen, mais aussi sur les coutumes et l'adaptation au pays. Nous sommes sur la bonne voie. Je suis persuadé que tout cela va porter ses fruits.

Vous avez la réputation de très bien savoir motiver vos troupes. De ce point de vue, en sélection, l'entraîneur passe moins de temps avec ses joueurs qu'en club. Comment allez-vous relever ce défi ?
Notre équipe technique va être en contact permanent avec les joueurs. Nous allons leur envoyer des vidéos pour qu'ils sachent ce que nous attendons d'eux et se familiarisent avec la façon dont nous voulons jouer. Avec les moyens technologiques actuels, nous pouvons suivre nos internationaux en temps réel et en permanence. Et puis, nous avons des gens suffisamment compétents, au sein de l'équipe technique, pour faire savoir aux joueurs ce que nous attendons d'eux et pourquoi nous les avons sélectionnés. Nous faisons attention au moindre détail.

Le Paraguay est reconnu pour son efficacité défensive. Allez-vous vous concentrer sur le travail offensif, d'autant plus que vous êtes vous-même un ancien buteur ?
Le football a beaucoup changé. Aujourd'hui, on travaille dans toutes les lignes pour que l'équipe possède une structure et un fonctionnement solides. C'est ce que je veux : une équipe solide et fiable. Au vu de la quantité de joueurs que nous avons en Europe, je n'ai aucun souci à ce sujet. Pour l'instant, nous sommes dans une phase de supervision. Il est important de mettre sur pied une structure valable pour aujourd'hui, mais également pour demain. Il y a beaucoup de jeunes joueurs intéressants qui vont disputer le Championnat d'Amérique du Sud U-20 et les qualifications pour les Jeux Olympiques. Nous allons les suivre et les soutenir, en espérant qu'ils réussissent un grand tournoi.

Avec aussi peu de temps de travail, allez-vous essayer de reproduire votre système avec une défense à trois ?
Lors de la dernière Coupe du Monde, pratiquement aucune équipe n'a joué avec trois défenseurs. Dans le football actuel, il y a beaucoup de dynamisme et de pression. Pour maîtriser la défense à trois, il faut du travail et du temps, ce dont justement nous manquons en sélection. Pour la Copa América, j'espère pouvoir disposer des joueurs 35 à 40 jours avant le coup d'envoi de la compétition. Il n'y a que comme ça que l'on peut espérer avoir un système bien au point.

Dans cette Copa América, vous allez affronter l'Argentine. Ce match représente-t-il quelque chose de spécial pour vous ?
C'est l'une des meilleures équipes du monde. Il nous reste six mois pour travailler et construire une structure solide. Ce sera un match important. Notre objectif sera de nous qualifier pour le tour suivant. C'est sûr que les attentes vont être énormes, principalement parce que sur le banc paraguayen il y aura l'un des entraîneurs les plus titrés du football argentin. Je crois que le public argentin est impatient de voir comment je m'en sors.

Quelle sera la plus grande priorité de votre mandat ? Il y aura deux Copas América et une Coupe du Monde…
(Il interrompt) La qualification pour la Coupe du Monde ! C'est l'objectif principal du football paraguayen tout entier : les joueurs, le sélectionneur, les dirigeants. Nous allons travailler comme des fous pour y arriver.

Comme entraîneur, vous avez obtenu des résultats spectaculaires en Argentine, mais pas à l'étranger. Est-ce le moment de le faire ?
Certainement, oui, aussi bien sur le plan professionnel que familial. J'ai l'expérience et le calme nécessaires et les choses se passent très bien depuis un certain temps. L'année 2014 a été formidable et m'a apporté beaucoup de bonheur, à moi et à toute la famille. Tout cela se reflète dans mon travail.

Quel est donc votre vœu le plus cher en cette fin d'année ?
Mon premier souhait est que le Paraguay se qualifie pour les Jeux Olympiques de 2016. Nous allons tout faire pour que cela arrive. Ensuite, je souhaite que nous soyons tous en bonne santé. C'est tout ce que je demande, pour continuer de travailler dans un domaine qui me plaît et me passionne. Le football n'a pas d'égal.