Le mois prochain, alors que la planète entière aura les yeux rivés sur la Coupe du Monde de la FIFA 2014, Michael Essien entamera sa deuxième apparition sur la plus prestigieuse des scènes. Cependant, de nombreux points d'interrogation entourent le milieu de terrain du Ghana. Considéré encore aujourd'hui comme un titulaire indéboulonnable des Black Stars quand il est en pleine forme, le joueur de l'AC Milan a vu son temps de jeu perturbé par des blessures au cours des dernières saisons. Et à 31 ans, la question de la fin de carrière devient inéluctable.

Cependant, après avoir raté la dernière Coupe du Monde en raison d'un problème de genou, Essien confie à FIFA.com toute son excitation à l'idée d'emmener cette équipe ghanéenne au Brésil. "C'est sans doute la meilleure équipe du Ghana jamais rassemblée", estime-t-il. "Le banc est extrêmement profond, notamment au milieu. Nous avons beaucoup d'options à tous les postes, ce qui est toujours un plus."

Bien sûr; le peuple ghanéen verrait bien ses troupes aller plus loin qu'en Afrique du Sud et devenir la première équipe africaine à atteindre le dernier carré d'une Coupe du Monde. Mais Essien ne voit pas aussi loin, d'autant que son équipe a été versée dans un Groupe G extrêmement relevé, en compagnie de l'Allemagne, du Portugal et des Etats-Unis. "Notre premier objectif sera de sortir du groupe et d'aller en huitièmes. Ensuite, on verra bien... On est capable d'aller en demi-finale, mais on est réaliste et on sait qu'on ne peut avoir cet objectif dès le début. Une fois que l'on aura atteint notre premier objectif, on saura jusqu'où on peut rêver. Ce ne sera pas facile, mais on a très envie d'y aller !"

Une merveilleuse évolution
Au cours des dix dernières années, les Black Stars ont disputé leur première phase finale en 2006, et sont passées à un penalty - raté par Asamoah Gyan - de rejoindre le dernier carré en 2010. "Nous avons bien progressé pour une nation qui a fait ses débuts en Coupe du Monde en 2006", juge l'ancien Lyonnais. "Nous avons réussi notre première compétition et nous sommes allés un cran plus loin au deuxième essai, en Afrique du Sud. Notre désir de progresser nous a poussés à aller de l'avant lors des deux Coupes du Monde et nous avons fait mieux que nombre de nations qui ont déjà participé à trois ou quatre Coupes du Monde."

“Allemagne 2006, c'était très bien. En plus, on avait vraiment pris du bon temps ensemble", se souvient-il en souriant. "On avait une équipe jeune et talentueuse, mais complètement inexpérimentée à ce niveau. D'une certaine façon, cela nous a aidés, parce qu'on n'a jamais ressenti de pression. Tout au long des qualifications, on avait bien joué et le groupe s'était soudé. En arrivant en Allemagne, on était prêts à tout donner et on l'a fait. Je suis fier de faire partie des premiers Ghanéens à avoir disputé une Coupe du Monde."

Cependant, Essien ne cache pas sa déception concernant son absence de 2010 : "C'était d'autant plus dur que ça se passait pour la première fois en Afrique. Le groupe de 2006 avait mûri, notamment grâce à l'intégration de plusieurs joueurs sacrés à la Coupe du Monde U-20 de la FIFA, Egypte 2011. Donc je pense qu'on était encore meilleurs et plus expérimentés qu'en 2006. Cela s'est confirmé avec les résultats, donc j'aurais vraiment aimé être avec deux.”

Pas de limites
Transféré de Chelsea vers l'AC Milan le dernier jour du mercato hivernal, en janvier dernier, le milieu de terrain confie sa joie d'évoluer au sein du géant italien malgré son maigre temps de jeu et des résultats moyens. "Milan est une ville sympa et je m'adapte bien, ce qui est important", asure-t-il. "On travaille énormément pour rendre au club la place qu'il mérite. Avec un peu de temps, je suis certain que les bons résultats et les titres reviendront."

Le Bison est moins catégorique concernant son avenir international. “Si je n'ai pas de grosses blessures, que je continue à bien jouer et à être convoqué avec les Black Stars, qui sait ? Peut-être que je disputerai encore une Coupe du Monde....", espère-t-il. "Après le Brésil, on revient à du classique : le football de club. Mais si on m'appelle, je viendrai. Il y a les qualifications pour la CAN, puis l'épreuve en janvier 2015, donc ce sera le prochain objectif.”

Au-delà, le joueur emblématique des Black Stars prendra les choses comme elles viendront. "Je ne pense pas que je sois fait pour entraîner et, à l'heure actuelle, je ne compte pas devenir entraîneur une fois que j'aurais raccroché", prévient celui qui a débuté à Bastia en 2000. 'Il ne faut jamais dire jamais, bien évidemment, mais aujourd'hui, ce n'est pas mon intention. Je suis à la fois très chanceux et très fier d'avoir évolué dans les meilleurs clubs du monde et de pouvoir encore le faire. Au bout du compte, ça ne s'est pas si mal passé pour moi et j'espère que ça va encore durer."