Comme à son habitude lorsqu'il marque, André Ayew s'est frappé la poitrine de la paume après avoir égalisé contre les États-Unis, qui avaient ouvert le score dès la première minute par Clint Dempsey. À 1:1 et 82 minutes écoulées au tableau d'affichage de Natal, le Ghana semblait en mesure d'arracher un point à l'issue de sa première sortie dans le tournoi. Mais au coup de sifflet final à l'Estadio das Dunas, Ayew s'est pris la tête à deux mains, l'air dépité, les Américains ayant marqué dans les dernières minutes.

Pour s'extirper d'un Groupe G extrêmement relevé, le Ghana est désormais dans l'obligation de réaliser des prouesses. Les deux prochains adversaires de la sélection entraînée par Kwesi Appiah sont respectivement l'Allemagne et le Portugal. FIFA a rencontré le joueur de l'Olympique de Marseille, qui revient sur la défaite du Ghana contre les États-Unis, sur la question de savoir si l'individualisme prend le pas sur l'esprit collectif chez les Black Stars, sur les attentes peut-être trop lourdes suite à l'excellent parcours des Ghanéens en 2010 et sur le choc à venir contre l'Allemagne.

André, le Ghana a été critiqué au pays pour avoir mis les individualités avant le collectif. Ces reproches sont-ils justifiés ?
Non. L'esprit collectif est bien là. Les consignes tactiques sont respectées, il n'y a aucun doute là-dessus. Nous n'étions pas concentrés à 100% dans les premières secondes, et ça nous a coûté un but. Le deuxième but américain est lui aussi dû à un problème de concentration. Voilà l'explication. Pas la peine de chercher midi à 14 heures. Contre les États-Unis, nous avons montré que nous étions compacts, créatifs, techniques, puissants, et que l'esprit collectif était là également. Nous connaissons nos qualités en tant qu'équipe, mais nous devons réussir à concrétiser ça en match. Pas à l'entraînement, pas hors du terrain, mais lorsque cela compte réellement, en match. Nous sommes dans un groupe difficile, le "groupe de la mort", mais nous croyons en nous et nous allons essayer de réussir quelque chose contre l'Allemagne.

Pensez-vous que les attentes au début du tournoi étaient peut-être un peu trop élevées à cause de 2010 où, justement, vous aviez dépassé toutes les prévisions en atteignant les quarts de finale ?
Honnêtement, non. Nous avons bien joué contre les États-Unis mais malheureusement, nous avons perdu. En football, il n'y a que la victoire qui compte. Forcément, si vous perdez, c'est que vous n'avez pas réalisé le meilleur match possible. C'est particulièrement vrai en coupe. En championnat, c'est différent, car vous avez le temps de vous rattraper. Mais en coupe, c'est difficile. Vous pouvez vous rater une fois, pas deux.

Le Ghana peut-il battre l'Allemagne ?
L'Allemagne a gagné son premier match de façon convaincante. Le Portugal s'est vite retrouvé en infériorité numérique, mais cela n'explique pas tout. Ça reste une équipe très difficile à jouer et leur large victoire montre qu'ils sont prêts. Ils ont un effectif très complet et ils ont ce qu'il faut pour atteindre la finale. À l'heure actuelle, c'est l'une des meilleures sélections au monde. Mais je crois en nous, en notre équipe. Il y a eu beaucoup de surprises dans ce tournoi. Ça ne veut pas dire que nous allons surprendre l'Allemagne, mais ça peut arriver. Tout ce que je sais, c'est que nous allons faire tout notre possible pour que cela arrive. Nous devons obtenir un résultat dans ce match.

Vous avez parlé de "groupe de la mort". Les équipes qui sortiront de ce groupe en tireront-elles un avantage psychologique au moment d'aborder les huitièmes de finale ?
Il est certain que si nous réussissons à sortir de ce groupe, nous pouvons aller très loin. Nous aurions dû gagner le premier match. Nous ne l'avons pas fait et c'est de notre faute si nous sommes dans cette situation. Maintenant, nous devons tout faire pour en sortir. Si nous ne nous qualifions pas, c'est que nous ne le méritons pas. Il faut avoir l'honnêteté de le reconnaître. Cela dit, nous avons suffisamment travaillé pour rester en course dans cette compétition. Depuis le début de la préparation, nous avons en tête d'aller très loin dans le tournoi et nous allons tout faire pour y arriver. Mais si nous devions rentrer à la maison, je suis persuadé que ce serait la tête haute et sans regrets.