Les Coupes du Monde de la FIFA se suivent et se ressemblent pour les gardiens portugais, qui ont pris l’habitude de quitter le terrain en larmes. Après Eduardo en 2010, c'est au tour de Beto de quitter l’Estádio Mané Garrincha sans pouvoir maîtriser ses émotions. Cependant, malgré la tristesse née de cette élimination précoce à Brésil 2014, les Lusitaniens peuvent avoir la conscience tranquille, car ils ont tout donné pour forcer le destin.

Mais ce 26 juin, c’était un peu mission impossible. Le Portugal avait besoin de battre le Ghana avec beaucoup de buts d’écart tout en espérant que l’Allemagne défasse les États-Unis. Ils ont rempli deux des trois conditions, mais la Selecção das quinas n’est pas parvenue à équilibrer la piètre différence de buts qu’elle traîne depuis la première journée du Groupe G. Les protégés de Paulo Bento auront tout tenté face aux Black Stars, mais leur victoire finale 2:1 ne leur permettra pas d’aller en huitièmes. Cependant, à une minute de la fin du temps réglementaire, le public a assisté à un fait de match inattendu lorsque Paulo Bento a décidé de rappeler son gardien.

Titulaire lors des deux matches de poule, Beto n’a pas pu cacher sa tristesse et sa frustration. Une fois sur le banc, il a pleuré toutes les larmes de son corps, expliquant plus tard les raisons de sa réaction. "J’étais tombé sur l’os de la hanche en arrêtant une frappe et ça me faisait mal. Sur le coup, je voulais continuer et c’est ce que j’ai dit au banc", raconte-t-il. "À chaud, on ne se rend pas forcément compte de la gravité des blessures. Maintenant je sais qu’il a eu raison de me sortir. J’aurais pu porter préjudice à l’équipe. Mais avec les douleurs que je ressentais, c’était impossible de continuer".

Objectif raté
"Les larmes, c’était pour tout. Je voulais continuer, je voulais aider… Je suis comme ça", explique le portier du FC Séville, qui a justement laissé sa place à Eduardo, titulaire de la campagne d’Afrique du Sud 2010. Lui même qui, au terme de la défaite portugaise en huitième de finale contre l’Espagne, était resté de longues minutes sur la pelouse à pleurer à chaudes larmes. "Je comprends parfaitement ce que Beto a pu ressentir. Personne n’aime sortir en cours de match, encore moins dans ces conditions, à quelques minutes de la fin d’une participation en Coupe du Monde. Mais c’est comme ça", regrette le gardien, qui reste optimiste quant à l’avenir de l’équipe de Paulo Bento.

"Maintenant, il faut assumer. Nous avons raté notre objectif et il n’y a rien à faire. Nous sommes tristes, déçus, bien évidemment, mais ça ne sert à rien de pleurer. Nous avons un bon groupe de joueurs et nous avons raté les huitièmes à cause de cette entrée en lice contre l’Allemagne", souligne le portier au micro de FIFA.com.

"J’espère que les Portugais ne sont pas trop déçus. Nous avons tout donné et je pense que nous avons fait honneur au maillot. Le football est ainsi fait. Maintenant, il faut lever la tête et se tourner vers les prochaines compétitions", complète Nani, qui parle volontiers au nom de ses coéquipiers. Il est temps de sécher les larmes et de penser à l’avenir.