Yacine Brahimi est l'une des pépites du centre de formation de Clairefontaine. Passé par toutes les catégories jeunes, l'ailier fait des étincelles chez les U-19 avec lesquels il signe 11 buts en 25 rencontres. En 2013, l'Algérie l'appelle en sélection et aujourd'hui, Brahimi est au Brésil.

Remplaçant lors de la défaite 1:2 face à la Belgique, Brahimi a convaincu Vahid Halilhodzic de le titulariser contre la République de Corée. Le joueur de Grenade en a profité pour réaliser son rêve d'enfance après deux parfait avec Sofiane Feghouli. Vainqueurs 4:2, les Algériens s'emparent de la deuxième place du Groupe H.

Avant un match capital contre la Russie, Brahimi évoque au micro de FIFA.com son but, la victoire de son pays, les différentes tactiques utilisées par Halilhodzic et la rencontre contre les hommes de Fabio Capello.

Yacine, la victoire sur la République de Corée est l'un des plus beaux exploits du football algérien. Comment avez-vous vécu cet événement ?
Ce match était très important pour nous. Les Algériens attendaient un succès depuis plus de 32 ans, alors c'est fantastique. On ne pensait pas marquer quatre buts dans une rencontre de Coupe du Monde et on avait besoin de ces trois points pour atteindre le deuxième tour. On n'est jamais allés aussi loin. Il nous reste encore à affronter la Russie, mais nous espérons tous une nouvelle victoire.

Quels souvenirs gardez-vous de votre but ?
J'apprécie beaucoup Sofiane Feghouli. On s'entend très bien sur le terrain et en dehors. On a fait un double une-deux et j'ai eu la chance de conclure. J'en suis très fier. C'est un but collectif. C'est génial de marquer avec la manière.

Critiquée pour son jeu défensif face à la Belgique, l'Algérie a pratiqué un football très offensif face à la République de Corée. Pourquoi ?
On a essayé d'appliquer la tactique du sélectionneur contre la Belgique, mais ça n'a pas marché. Face à la Corée, il nous fallait impérativement une victoire pour garder des chances de qualification. On était très déterminés. On voulait attaquer, marquer, prendre le jeu à notre compte et multiplier les occasions de but.

Ce jeu offensif s'inscrit-il dans la tradition du football algérien ?
Oui, bien sûr. Les Algériens ont toujours pris du plaisir à jouer, réussir de beaux gestes et marquer des buts. Aujourd'hui, le football demande d'être efficace en défense et en attaque. On essaie d'ajuster notre système pour évoluer haut ou bas en fonction de nos adversaires. Il faut être très bon sur le plan tactique. Notre rôle est de jouer, d'attaquer et parfois de rester derrière. On doit savoir utiliser les deux tactiques pour s'adapter à l'équipe d'en face. Face aux Coréens, on a montré qu'on en était capables et on est toujours dans la course.

Pensez-vous réussir un nouveau fait d'armes face à la Russie ?
Oui. Le dernier match laissera un souvenir fort, mais il marquera plus encore les mémoires s'il est suivi de notre qualification pour la seconde phase. Ce serait une première historique pour l'Algérie. On est hyper-motivés. On fera tout pour vaincre, même si on s'attend à souffrir. J'espère qu'on gagnera, pour nos familles et pour tous ceux qui nous soutiennent ici et au pays.

Un point vous suffira sans doute pour valider votre billet. Comptez-vous chercher le nul ou la victoire ?
On fera tout pour gagner, bien sûr. Un point ne nous garantit pas une place en huitièmes. De toute façon, on ne sait pas jouer le nul. On fera le maximum pour s'imposer et pour offrir une deuxième belle prestation.

Le peuple algérien est impressionné par vos performances. Est-ce une joie ou un surcroît de pression ?
Non, ça n'ajoute rien à la pression. On éprouve une grande fierté, mais on garde la tête froide. On a gagné un match. Maintenant, pour accéder aux huitièmes, on doit livrer un nouveau combat et ça va être très dur. Mais c'est toujours agréable d'être félicités par des célébrités, des équipes de renom ou de grands pays de football. On se sent d'autant plus motivés pour faire un beau match contre la Russie.