LE FILM DE LA JOURNEE - La frontière est ténue entre une performance louable et une prestation véritablement historique. Cela tient autant à des détails qu’à la capacité à générer ces louanges du début à la fin du match.

Démonstration par l’exemple. Une équipe africaine aborde une rencontre face à une superpuissance européenne dans le costume d’outsider. Elle fait étalage d’un courage à toute épreuve, affiche des qualités techniques appréciables et tient le match nul beaucoup plus longtemps qu’on n’aurait pu le prédire, notamment grâce aux parades de son gardien. En quittant le terrain, elle ne peut que s’enorgueillir de sa performance. Sauf qu’elle est éliminée...

C’était la première fois que deux nations africaines s’invitaient en huitièmes de finale d’une Coupe du Monde de la FIFA™ et toutes deux ont subi le même sort. Nigérians et Algériens auront tout donné, respectivement contre la France et l’Allemagne, mais ils n’ont pu éviter une énième réédition du clasico franco-allemand en quart de finale.

Les Super Eagles ont vu Vincent Enyeama repousser systématiquement toutes les tentatives françaises jusqu’à ce corner de la 79ème minute où, en ratant son dégagement de la main, il a offert à Paul Pogba l’opportunité d’ouvrir le score. Côté algérien, on a fait beaucoup plus que résister. Certes, Raïs M’Bohli a été l’un des hommes forts de la rencontre, mais les Fennecs se sont aussi créé les plus belles occasions de la première mi-temps et n’ont cessé d’attaquer par la suite. Ils ont fini par céder au tout début de la prolongation, sur un but d’André Schürrle. Deux performances tout ce qu’il y a de louables, cela ne fait aucun doute, mais il en faut davantage pour abattre deux formations aussi expérimentées en Coupe du Monde.

Résultats
France 2:0 Nigeria, Homme du Match Budweiser : Paul Pogba (FRA)
Allemagne 2:1 a.p. Algérie, Homme du Match Budweiser : Raïs M’Bohli (ALG)

Dans les mémoires :
L’histoire leur appartient : À quoi faisait-on allusion avec cette expérience en Coupe du Monde du côté de l’Allemagne et de la France ? Très simple : la Nationalmannschaft a signé aux dépens de l’Algérie sa huitième victoire consécutive en huitièmes de finale d’un événement mondial, c’est-à-dire qu’elle ne s’est plus inclinée à ce stade depuis 1982 ! Du côté des Bleus, les statistiques s’avèrent tout aussi effarantes, puisqu’ils ont systématiquement atteint le dernier carré les cinq dernières fois où ils se sont invités en seconde phase (1958, 1982, 1986, 1998 et 2006).

C’est du solide : On ne parle que de Karim Benzema, de Mathieu Valbuena et des buts inscrits par la France, mais l’équipe de Didier Deschamps se distingue également par sa solidité défensive. C’est elle qui a bouclé le plus de rencontres (trois, sur quatre) sans encaisser de buts.

À la Madjer : Avant la rencontre, on a évoqué en long, en large et en travers l’étonnant succès de l’Algérie sur la RFA à la Coupe du Monde 1982, mais le match de ce soir aura finalement éveillé un autre souvenir historique. Nous sommes en 1987 lorsque le FC Porto devient champion d’Europe grâce à un but inscrit du talon par l’Algérien Rabah Madjer face aux Allemands du Bayern Munich. À Porto Alegre, Schürrle a ouvert le score d’une talonnade dont on peut se demander si elle était volontaire, mais, ironie du sort, c’est cette fois à l’aide d’une Madjer qu’un Allemand a éliminé des Algériens.

À chaque jour son lot de suspense : Les huitièmes de finale de Brésil 2014 n’ont pas été avares en péripéties. Après Brésil - Chili et Costa Rica - Grèce, Allemagne - qui a nécessité une prolongation. Le record de matches ayant atteint les 120 minutes en huitièmes de finale d’une Coupe du Monde s’élève à quatre, en 1990. Va-t-on égaler ou dépasser ce total le 1er juillet prochain ?

Fritz & Frida Wetter : Les Allemands parlent de "Fritz-Walter-Wetter", "temps à la Fritz Walter", pour décrire les conditions pluvieuses qui, selon la légende, favorisaient les bonnes performances du héros de la Coupe du Monde 1954. Au vu du froid humide qui régnait à Porto Alegre en ce 30 juin, l’équipe de Joachim Löw avait toutes les raisons de se sentir à son aise. De surcroît, les locaux ont voulu conférer au Sud du Brésil, région à forte immigration allemande, une atmosphère encore plus familière pour la Nationalmannschaft. La capitale gaucha a en effet organisé un accueil thématique aux supporters sur le chemin du stade. Au programme, chopes de bière, musique typique et même les mascottes - baptisées Frida et Fritz pour l’occasion - qui symbolisent l’Oktoberfest de Santa Maria de Jetiba, dans les terres.

Destins parallèles :
Passés tous deux très près de créer la surprise avant de craquer sur la fin, les Nigérians et les Algériens présentent un autre point commun : celui de s’être vus annuler un but pour hors-jeu au plus fort de leur domination. Les arbitres assistants ont ainsi refusé les ouvertures du score d’Emmanuel Emenike face aux Français (à la 18ème minute) et d’Islam Slimani contre les Allemands (à la 17ème).

La stat du jour
10 – Vous souvenez-vous de la dernière fois que Didier Deschamps a quitté un stade de Coupe du Monde sur une défaite ? Non ? Pas étonnant, puisqu’avec la victoire sur le Nigeria, le champion du monde 1998 a atteint un total impressionnant de huit victoires et deux matches nuls en dix rencontres (en tant que joueur et entraîneur).

Le tweet du jour

A suivre
Argentine - Suisse, 1er juillet 2014, 13h00, Arena de São Paulo, São Paulo
Belgique - États-Unis, 1er juillet 2014, 17h00, Arena Fonte Nova, Salvador
(horaires en heure locale)

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