Oubliez le Miracle de Belo Horizonte. Oubliez l'arrivée de Pelé à New York. Oubliez les buts de Clint Dempsey et Landon Donovan qui avaient permis aux Etats-Unis de damer le pion au Brésil en finale de la Coupe des Confédérations de la FIFA jusqu'à 16 minutes du coup de sifflet final. Aucun de ces événements n'a autant fait pour la popularité du soccer aux États-Unis que la victoire (2:1) des hommes de Jürgen Klinsmann sur le Ghana pour leur entrée en lice au Brésil.

Barack Obama, Lebron James ou Justin Timberlake pour ne citer qu'eux, ont fait exploser tous les compteurs sur Twitter en rendant hommage à Clint Dempsey, auteur d'un but après 30 secondes de jeu. L'attaquant américain a ensuite refusé de quitter ses partenaires, malgré un nez cassé. Suffisant pour propulser les Stars and  Stripes équipe vers de nouveaux sommets.  

La FIFA a rencontré le héros pour évoquer son but précoce, le Portugal de Cristiano Ronaldo, le soutien dont bénéficient les États-Unis au Brésil et l'immense intérêt suscité par cette Coupe du Monde au pays du soccer.

Clint Dempsey, vous avez surpris tout le monde en marquant dès la première minute. Qu'avez-vous ressenti à ce moment-là ?
C'est quelque chose auquel on pense tout le temps. On veut toujours aider son équipe et se montrer dans les grandes compétitions. J'ai eu la chance de le faire lors de trois Coupes du Monde consécutives. J'étais donc très heureux d'avoir inscrit ce but. Chaque fois qu'on marque en Coupe du Monde, c'est un rêve qui se réalise. Quand j'étais enfant, je priais avant d'aller me coucher pour avoir un jour la chance de jouer en Coupe du Monde et peut-être même de marquer. J'ai été largement exaucé, puisque j'ai pu le faire par trois fois.

Votre équipe a fait preuve de caractère pour arracher le but de la victoire. Est-ce votre marque de fabrique ?
Effectivement, nous ne manquons pas de caractère. Un nul aurait eu des airs de défaite pour nous, même si le Ghana a eu plus d'occasions et de possession de balle. Mais après avoir mené si longtemps, il était difficile de se contenter de partager les points. En revenant dans le match et en reprenant l'avantage, nous avons montré de quoi nous sommes capables. Nous avons continué à nous battre jusqu'au bout. Si nous voulons sortir de ce groupe, il faudra continuer dans cette voie.  

Vous avez pris un coup contre le Ghana. Comment vous portez-vous ?
Je serai plus à l'aise contre le Portugal qu'en deuxième mi-temps face au Ghana. Je ne pouvais pas respirer à cause du coton dans mes narines. On l'enfonce dans le nez, de sorte que je ne pouvais plus respirer normalement. Je peux à nouveau me servir de mes narines, donc tout va bien.
 
Appréhendez-vous la chaleur à Manaus ?
Les deux équipes vont souffrir. Il va falloir apprendre à gérer l'humidité et la chaleur. De notre côté, nous nous sommes préparés de notre mieux pour affronter les conditions climatiques. Nous avons effectué notre dernier stage à Jacksonville, en Floride. Il faisait très humide. En ce qui me concerne, j'ai grandi au Texas. Certains ont l'habitude de ce climat mais, au bout du compte, la météo affecte les deux équipes.  

Comment avez-vous préparé le match contre le Portugal ?
Chaque match est compliqué. On se prépare au mieux, on regarde des vidéos, on étudie les forces et les faiblesses de l'adversaire, on cherche une stratégie efficace pour prendre l'ascendant mais, malgré tout, chaque rencontre reste très difficile à aborder. Les Portugais ont beaucoup d'excellents joueurs. Si nous voulons prendre les trois points, nous devrons évoluer à notre meilleur niveau. Nous allons tout faire pour obtenir un résultat positif car nous n'avons vraiment pas envie de dépendre des autres pour obtenir notre qualification.

Allez-vous mettre en place un dispositif spécial pour Cristiano Ronaldo ?
Il faut étudier l'équipe dans son ensemble. Certes, il existe des joueurs capables de faire la différence ou de créer le danger à tout moment, mais il convient de garder une approche collective. C'est indispensable si l'on veut être en position de prendre les trois points.  

Que vous manque-t-il pour vous qualifier pour les huitièmes de finale ?
Nous avons besoin de points et j'aimerais autant les marquer le plus vite possible. Dans l'idéal, un succès contre le Portugal nous ouvrirait les portes de la suite de la compétition. Mais c'est plus facile à dire qu'à faire. Ce sera un match très difficile. Il faudra tout donner pour l'emporter.
 
Cette Coupe du Monde suscite beaucoup d'intérêt aux États-Unis. Ressentez-vous le poids des attentes ?
Ça ne change rien à nos ambitions. Nous avons toujours dit que nous voulions passer le premier tour et aviser ensuite. Si le grand public et de nombreuses personnalités aux États-Unis suivent notre parcours, tant mieux. C'est bon pour le jeu et pour le développement du football. Mais ça ne modifie pas nos objectifs : nous voulons toujours passer le premier tour et participer aux matches à élimination directe. Avec un peu de chance, nous y arriverons. 

Les supporters américains présents à Natal vous ont bruyamment soutenus. Qu'en avez-vous pensé ?
C'est extraordinaire. Nous avons vraiment senti l'impact du douzième homme. C'est toujours agréable d'avoir l'impression d'évoluer à domicile. Je me souviens de mes premiers matches en sélection. À l'époque, il y avait toujours plus de supporters adverses, même si nous étions théoriquement à domicile. Les choses commencent à bouger. Au Brésil, nous allons jouer dans trois stades différents et pourtant, nous nous sentons tout de même chez nous. Ça en dit long sur les progrès réalisés par les États-Unis.