L'Algérien Abdelmoumene Djabou a dû attendre longtemps avant que son talent soit reconnu. Après des débuts timides avec l'ES Sétif et un transfert avorté vers le FC Sion, l'ailier a finalement signé en 2012 au Club Africain, où il s'est illustré ces deux dernières saisons.

Vahid Halilhodzic ne l'a pas convoqué pour la Coupe d'Afrique des Nations de la CAF 2013, car il le considérait comme incapable de peser sur le jeu plus de dix minutes. Mais Djabou n'a pas baissé les bras. Au contraire, il a redoublé d'efforts pour convaincre le sélectionneur bosnien de lui faire confiance. Le jour de l'annonce des joueurs retenus pour la Coupe du Monde de la FIFA, Brésil 2014™, il a atteint son objectif. Mais Djabou, qui n'a joué que huit rencontres internationales avant la compétition, a regardé ses coéquipiers s'incliner face à la Belgique (1:2) depuis le banc de touche.

Toujours pas d'abattement, et Djabou a travaillé avec acharnement durant les entraînements, pour finalement obtenir une place de titulaire face à la République de Corée. "J'étais très content, mais en même temps sous pression car il s'agissait d'une lourde responsabilité", estime le joueur de 27 ans au micro de FIFA.com. "Beaucoup de supporters ont demandé que je joue dans le deuxième match et cela m'a motivé".

Clore les débats
Djabou n'a pas déçu puisqu'il a été un poison pour les Sud-Coréens. Il a fortement contribué à la victoire des siens (4:2) en frappant le corner qui a permis à Rafik Halliche d'inscrire le deuxième but, avant de marquer lui-même le troisième but, une prouesse fêtée en allant saluer Halilhodzic sur le banc. "Face à la Belgique, nous avons misé sur la défense et trop reculé, ce qui a eu un impact négatif sur les attaquants. En revanche, nous avons entamé le match face à la République de Corée tambour battant et joué offensivement", explique Djabou. "Cela nous a permis d'inscrire quatre buts et j'ai contribué à cette victoire."

Après leur victoire face à la République de Corée, Djabou et ses coéquipiers devront affronter la Russie, le 26 juin prochain à Curitiba. Un résultat positif permettrait aux Fennecs d'atteindre le second tour pour la première fois de leur histoire. "Ce sera un match très difficile car les Russes doivent absolument gagner s'ils veulent se qualifier pour le prochain tour", estime le milieu offensif, qui rêve d'Europe et d'Espagne après deux saisons en Tunisie. "J'espère que nous serons dans un bon jour et à la hauteur de l'événement. La Russie prendra l'initiative offensivement. Nous devrons nous méfier et nous essaierons de les surprendre et de marquer pour clore les débats."

Celui de son talent ou de sa place dans le groupe, lui, est définitivement terminé.