Youri Djorkaeff a vécu la plus belle époque de l'histoire du football français : il a été champion du monde en 1998 et champion d'Europe en 2000. Mais il était là aussi pour les coups durs : la Coupe du Monde de la FIFA, Corée/Japon 2002™ par exemple, dont les Bleus sont sortis derniers de leur groupe après n'avoir réussi qu'à grappiller un nul 0:0 contre l'Uruguay.

L'ex-international français est au Brésil, mais n'espérez pas le voir sur la pelouse. Il a pris place dans la tribune de presse, où il commente les matches. "Je suis très heureux de vivre cette expérience. J'y prends beaucoup de plaisir. Je sais qu'il y a quelques problèmes et que certaines choses ne sont pas tout à fait terminées, mais les stades sont magnifiques et l'ambiance est extraordinaire", se réjouit-il au micro de FIFA.com. "Ce pays respire le football. C'est une occasion unique de s'imprégner du jeu à la brésilienne".

Membre de la génération 1998, dont le capitaine, Didier Deschamps, est le sélectionneur actuel de la France, Djorkaeff ne tarit pas d'éloges sur la cuvée 2014. "Ils ont très bien démarré", estime-t-il. "Je crois que personne ne s'y attendait. Après le match de qualification contre l'Ukraine, on savait que le groupe était prêt à en découdre. Peu à peu, ils construisent un collectif solide. Je crois qu'on tient une équipe d'avenir, très compétitive et très concentrée sur le jeu, qui nous offrira de belles prestations. Je crois qu'à présent, on surfe sur une bonne dynamique", assure-t-il.

Le secret du succès
Djorkaeff ajoute malgré tout une mise en garde. "Après le premier tour, on entre dans une toute nouvelle compétition. Le groupe va subir une pression très différente", prévient l'ancien milieu offensif de l'AS Monaco. "Je ne parle pas des attentes des supporters ou des médias, mais du vestiaire. La tension est extrême parce que si on perd, on fait ses valises. La vraie Coupe du Monde commence maintenant. Il faut garder son calme, rester humble, s'attacher à bien traiter le ballon à chaque match", conseille l'ancien joueur de l'Inter Milan aux joueurs, en s'appuyant sur sa propre expérience. "Et surtout jouer collectif. C'est ça, le secret des équipes performantes de cette compétition : le Costa Rica, le Mexique, le Chili. C'est ça qui leur a permis de réussir alors qu'elles n'étaient pas favorites".

Djorkaeff est catégorique à cet égard. "C'est la Coupe du Monde des stars qui jouent collectif", martèle-t-il. "C'est ce que le football doit être, un sport d'équipe. Il n'y a plus de favoris. Les bonnes formations sont celles qui font bloc et dont les individualités savent faire preuve de générosité. Je crois que le meilleur exemple est Neymar : c'est la star de la Seleção, mais il se fond dans le collectif. Les autres jouent pour lui et il joue pour les autres."

Djorkaeff n'a pas manqué d'aborder l'élimination prématurée de l'Espagne, championne du monde en titre. "Ils se sont délités en deux matches. Ils n'avaient plus rien à donner, ils étaient épuisés", juge-t-il. "C'est très étrange de voir des joueurs de cette trempe jouer si mal. C'est la fin d'une époque. Ils n'étaient pas prêts à se battre. D'ailleurs, toutes les équipes européennes ont souffert. Personne ne s'attendait à un début de compétition d'un si haut niveau", conclut-il, avant de reprendre son micro et sa casquette de commentateur.