"La pression fait partie intégrante du football, on ne peut pas y échapper. Tout le monde attend de nous des exploits." Les épaules d'Emmanuel Emenike semblent largement capables de supporter le poids des attentes, mais après la terne entrée en lice du Nigeria face à l'Iran (0:0), il sait que le fardeau sera plus lourd encore à porter lors de la confrontation avec la Bosnie-et-Herzégovine pour le compte du Groupe F.

Malgré le flot de critiques suscité par la prestation des Super Eagles dans leur pays, où le ballon rond est roi, l'attaquant de Fenerbahçe ne se laisse pas démonter. "Quand les choses vont mal, tout le monde a son mot à dire", observe-t-il au micro de la FIFA. "Tout ce qu'on peut faire, c'est continuer à travailler dur. La pression est nécessaire. Le match contre l'Iran a été décevant et la rencontre n'a pas tourné comme on voulait, il ne nous reste plus qu'à faire front et à vaincre la Bosnie-et-Herzégovine."

Dominateurs de bout en bout et auteurs de plus de tirs cadrés que leurs adversaires asiatiques, les Nigérians sont sortis frustrés d'un match qu'ils avaient toutes les chances de gagner, à en juger par les positions respectives des deux pays au Classement Mondial FIFA/Coca-Cola. Les champions d'Afrique ont pris un coup au moral, comme le reconnaît Emenike, mais ils ont retrouvé tout leur punch à l'approche du duel avec les néophytes bosniens. "On reste soudés", assure le joueur de 27 ans. "On a eu un bref passage à vide après le match contre l'Iran, mais maintenant, on est tous à fond, on l'a montré dans les entraînements."

Pas la fin du monde
Il estime que les vétérans du groupe ont joué un rôle clé à cet égard. À quelques capes du club des 100, Joseph Yobo et Vincent Enyeama exercent une influence positive sur le vestiaire. "Ils nous parlent beaucoup et ils essaient de nous conseiller, surtout Yobo, le capitaine", commente-t-il, assurant que les mots de ces joueurs chevronnés ont nourri une volonté de fer chez les Super Eagles. "Yobo a su nous faire comprendre que le résultat contre l'Iran n'était pas la fin du monde. Si nous battons la Bosnie, nous gardons des chances de nous qualifier."

Fort de 170 millions d'habitants, le pays le plus peuplé du Continent Mère suit avec passion le parcours de son équipe. Ainsi, lorsque les hommes de Stephen Keshi feront leur entrée dans l'Arena Pantanal, Emenike s'attend à ce que la vie s'arrête au Nigeria. "Notre pays est fou de football. Les boutiques ferment même pour les matches des U-17 ou U-20", explique le co-meilleur buteur de la Coupe d'Afrique des Nations de la CAF 2013. "Les gens rentrent chez eux pour nous voir jouer. Alors on fait de notre mieux pour leur apporter du plaisir. Tout le monde veut nous voir gagner."