Le monument de la scène électronique anglaise Fatboy Slim - également connu sous le nom de Norman Cook - a produit plusieurs tubes planétaires et joué devant des centaines de milliers de personnes à l'occasion de festivals et de concerts, mais cela n'enlève rien à son excitation à l'approche d'un été pas comme les autres. Il fait une pause dans l'enregistrement de son nouvel album aux sonorités de samba pour répondre aux questions de FIFA.com. Il évoque sa passion pour le Brésil, ses attentes mondialistes et son amitié avec un phénomène brésilien.

De quand date votre intérêt pour le football ?
Avant de m'installer à Brighton à 18 ans, je n'avais jamais vraiment suivi le football à fond. Depuis, je suis fan inconditionnel de Brighton. J'ai même été sponsor du maillot de l'équipe, actionnaire du club et maintenant je suis un peu sa mascotte. Pendant de nombreuses années, j'ai aidé à récolter des fonds pour assurer la survie du club. Ensuite, il a fallu essayer d'avoir un stade. Tout cela appartient au passé. Maintenant, je suis abonné à vie et de temps en temps, le club me laisse utiliser le stade pour un concert ou un match de foot. Ce qui est sûr, c'est que je suis meilleur aux platines que balle au pied.

Quel est votre plus ancien souvenir lié à la Coupe du Monde ?
Je ne me souviens pas avoir regardé celle de 1966. En 1970, j'avais sept ans et j'étais convaincu que l'Angleterre allait de nouveau gagner, ce qui me mettait dans un état d'excitation pas possible. C'est probablement là également que j'ai connu pour la première fois le goût amer de la défaite. Depuis, ma vie a été un long exercice pour apprendre à ne pas attendre trop de l'Angleterre ou de la vie en général. Je me souviens avoir été en sanglots dans les bras de mon père parce que nous avions perdu. C'était très douloureux et c'était surtout lié à cette équipe sud-américaine qui jouait en jaune... C'est à ce moment-là que j'ai réalisé que les gens qui jouaient en jaune étaient plus cool et meilleurs au football que les Anglais. Ma passion pour le Brésil date de bien après 1970 et elle a commencé avec la musique, même si la musique et le football sont indissociables au Brésil.

Pouvez-vous donner un exemple ?
Je me suis lié d'amitié avec Ronaldo il y a quelques années. Il a commencé à venir à mes concerts et j'ai été DJ à son mariage, en 2005. Il était en coulisses à l'un de mes concerts à Rio et il m'a dit qu'il adorait ce que je faisais. Ça fait deux ans qu'on ne s'est pas parlé, mais quelque chose me dit qu'on va bientôt se revoir.

Quel est votre meilleur souvenir en Coupe du Monde ?
Le premier qui me vient à l'esprit est le penalty de David Beckham au Japon, contre l'Argentine en 2002. C'est la première fois que j'allais à une Coupe du Monde. Être dans le stade et voir notre équipe battre l'Argentine, après la douleur et l'angoisse de nous avoir vus perdre à la télévision, c'était une forme de compensation. D'autant plus que nous n'étions pas favoris.

The Rockafeller Skank, votre premier grand tube, est sorti quelques jours avant le Match d'ouverture de France 1998. Y a-t-il une relation entre cette chanson et le tournoi ?
Cet été-là, nous étions en studio et nous travaillions pas mal. Nous avons regardé beaucoup de matches dans le studio. Nous étions sur You've Come a Long Way, Baby à cette époque-là. Honnêtement, mon morceau le plus "foot" est Right Here, Right Now. De temps en temps, vous regardez un grand match et vous voyez une équipe jouer à la perfection. C'est là que je commence à avoir la chair de poule et que j'entends ma propre chanson. Ce morceau va bien avec l'excitation d'une équipe qui entre sur le terrain.

Trouvez-vous le temps de regarder les matches de Coupe du Monde ?
J'étais présent en personne en Afrique du Sud et au Japon. L'épisode le plus bizarre date de 1986. J'étais avec un groupe qui s'appelle The Housemartins. Nous avions un téléviseur sur le bord de la scène et nous regardions le match tout en jouant. Nous nous étions arrangés pour ne jamais avoir de date les jours où l'Angleterre jouait, mais nous avons regardé plusieurs matches décisifs comme ça, en informant le public dès qu'un but était marqué.

Quelles sont les chances de l'Angleterre au Brésil ?
Les chances, je ne sais pas, mais les attentes, elles, n'ont jamais été aussi peu élevées. Dans un sens, c'est aussi bien de commencer un tournoi comme ça, car ça enlève de la pression. Nous avons une équipe très jeune et inexpérimentée, mais les joueurs n'auront pas peur. Ils peuvent réussir quelque chose. Quoi qu'il arrive, il est important de pouvoir quitter le tournoi la tête haute. C'est tout ce que nous pouvons attendre.

Qui va gagner Brésil 2014 ?
Je vois bien une équipe sud-américaine, l'Argentine ou le Brésil. J'ai plein d'amis brésiliens qui pensent que l'Argentine n'a aucune chance. Le Brésil a la passion, le savoir-faire et l'avantage de jouer à domicile.

Irez-vous voir des matches ?
J'ai neuf concerts programmés et j'irai voir cinq matches : Brésil-Cameroun, Argentine-Bosnie, un match de l'Espagne et deux de l'Angleterre. Pour ce qui est de mes concerts, je vais en donner plusieurs, dont un au stade Morumbi de São Paulo. Pour moi, ça va être un festin absolu de musique et de football, dans le pays que j'aime le plus au monde. Cela va être la totale.