"Les écarts se resserrent." "Il n’y a plus de matches faciles et plus de petites équipes." Récurrents dans le football moderne, ces constats ont été confirmés au premier tour de la Coupe du Monde de la FIFA, Brésil 2014™, qui a mis à mal les pronostics. Il n’est qu’à voir les résultats historiques de la CONCACAF et de la CAF pour s’en rendre compte.

Ces deux confédérations ont battu leurs records en Coupe du Monde de la FIFA™ en qualifiant respectivement trois et deux sélections pour les huitièmes de finale. En y regardant de plus près cependant, ces résultats ne constituent pas d’immenses surprises mais bien la confirmation d’une tendance initiée il y a plusieurs éditions de cela.

Revanches et confirmations
"De toute ma carrière, je n’ai jamais vu une Coupe du Monde d’un tel niveau. La qualité est absolument incroyable et ça va extrêmement vite", assurait Fabio Capello après avoir vu son équipe, la Russie, concéder un nul 1:1 synonyme d’élimination face à l’Algérie. Quand le vieux sage italien parle, on l’écoute...

Le continent africain nous avait déjà gratifiés de grands moments sur la plus prestigieuse des scènes : l’épopée du Cameroun jusqu’aux quarts de finale d’Italie 1990, la victoire du Sénégal face à la France en ouverture de Corée/Japon 2002, la qualification du Ghana pour les quarts de finale d’Afrique du Sud 2010... À chaque fois cependant, la sensation avait été le fait d’une seule équipe. À Brésil 2014, en revanche, ce sont deux pays qui peuvent faire rêver leur continent.

La sélection algérienne a émerveillé ses supporters par son jeu bâti sur la rapidité et la puissance. Sa qualification pour le second tour a été d’autant plus célébrée qu’elle porte en elle un parfum de revanche. À Espagne 1982, les Fennecs avaient surpris le monde entier en s’imposant 2:1 face à l’Allemagne de l’Ouest lors de leur entrée en lice. Malgré un autre succès 3:2 face au Chili, ils n’avaient pas dépassé le stade du premier tour.

Ironie du sort, Algériens et Allemands vont se retrouver en huitième de finale de Brésil 2014. "Je veux dédier cette performance à tous les supporters, qui ont attendu pendant si longtemps", onfie le sélectionneur Vahid Halilhodzic, qui ne cache pas sa fierté.

Au deuxième tour, la CAF sera également représentée par le Nigeria, qui a déjà atteint ce stade à deux reprises mais ronge son frein depuis France 1998. Stephen Keshi a participé en tant que joueur à la première qualification des Super Eagles pour la phase à élimination directe, à États-Unis 1994. Aujourd’hui sélectionneur national, il est bien placé pour apprécier ce retour au premier plan. "Je suis très content. Nous voulions que l’Afrique soit fière de nous et je crois que nous y sommes parvenus."

Trois sur quatre pour la CONCACAF 
La zone Amérique du Nord, Centrale et Caraïbes peut également avoir le sourire puisque trois de ses quatre représentants seront au rendez-vous des huitièmes. Pourtant, on ne peut pas dire qu’ils avaient été gâtés par le tirage. Le Costa Rica a éliminé deux anciens champions du monde, l’Italie et l’Angleterre, le Mexique termine invaincu son parcours dans le groupe du Brésil et les États-Unis ne se sont inclinés que face à l'Allemagne.

Là encore, on ne peut pas vraiment parler d’immense surprise. El Tri vient en effet de confirmer sa sixième qualification consécutive pour le second tour, une régularité seulement égalée par la Seleçao et la Nationalmannschaft. Quant aux États-Unis, ils ont passé la phase de groupes lors de trois des quatre dernières éditions. À Corée/Japon 2002, les Stars and Stripes avaient même disputé les quarts de finale.

En revanche, le cas costaricain sort de l’ordinaire. Lors de son fantastique parcours à Italie 1990, la Sele était devenue la première équipe de la zone CONCACAF, Mexique mis à part, à accéder au deuxième tour. Cette année, les Ticos sont allés encore plus loin en décrochant la pole position d’un Groupe D où ils côtoyaient trois poids lourds du football mondial : l’Uruguay, l’Angleterre et l’Italie.

Aussi le discours du sélectionneur du Costa Rica, Jorge Luis Pinto, semble-t-il parfaitement tenir la route : "Je suis énormément satisfait. Maintenant, nous sommes prêts à affronter n’importe qui et nous sommes en pleine confiance". Après de tels résultats, il serait difficile de le contredire...

Comme toujours, le bonheur des uns fait le malheur des autres. C’est ainsi que l’Europe confirme le déclin constaté il y a quatre ans. Comme en Afrique du Sud, le Vieux Continent ne verra que six de ses 13 représentants disputer le second tour, contre dix à Allemagne 2006. Quant à la zone Asie, qui avait qualifié deux nations à Afrique du Sud 2010, elle a fait chou blanc. Pire, toutes les sélections de l’AFC ont terminé dernières de leurs groupes respectifs.

Ces confédérations auront quatre ans pour se ressaisir et revenir plus fortes. Pour l’instant, Brésil 2014 réserve encore beaucoup de belles histoires, dans lesquelles on retrouvera put-être le Nigeria, l’Algérie, le Mexique, les États-Unis et le Costa Rica.