Non, Antoine Griezmann n'est pas un super héros. Mais son entrée à la 62ème minute dans ce huitième de finale de Brésil 2014 contre le Nigeria a coïncidé avec l'embellie des Bleus et les deux buts français dans les dix dernières minutes. Le gaucher pourrait même co-signer celui contre son camp de Joseph Yobo, qui a poussé le ballon dans ses filets sous la pression du joueur de la Real Sociedad. "J'ai essayé de mettre le pied au premier poteau mais je n'ai pas réussi", reconnait-il simplement au micro de la FIFA, avec des yeux pétillants d'un quart de finaliste. 

Son entrée est également liée à l'ouverture du score de Paul Pogba (80'), sur un corner provoqué par Karim Benzema. Exilé à gauche pour laisser la place en pointe à Olivier Giroud, l'attaquant du Real Madrid n'a pas semblé aussi à l'aise que contre la Suisse, dernier match où ce dispositif a été mis en place par Didier Deschamps. Benzema et Giroud ont singulièrement manqué d'efficacité. La sortie de ce dernier au bénéfice de Griezmann a redistribué les cartes dans un jeu de chaises musicales à trois, comme le souligne Deschamps à la FIFA : "Karim a retrouvé une position qu'il préfère, dans l'axe où il avait un peu plus d'espace. Ce sont des options à prendre en cours de match, en fonction également de ce que l'adversaire peut faire pendant une heure. Je pense que nous avions beaucoup plus de fraicheur qu'eux à la fin".

Du haut de son expérience de champion du monde et d'Europe, le sélectionneur avait tout vu venir : "C'est le match auquel je m'attendais contre un Nigeria qui a beaucoup de densité physique. Il a fallu répondre présent à ce niveau-là pendant une heure, puis dans la dernière demi-heure utiliser plus de vivacité et de dynamisme. On a profité du fait que les quatre attaquants nigérians ont un peu moins défendu dans les 20 dernières minutes". Ça tombe bien c'est le moment où Griezmann était là pour faire parler ses qualités : "j'ai essayé d'aider l'équipe, de jouer à une touche de balle. Je suis content de ma prestation. On voyait en première mi-temps que c'était difficile de passer. Quand je suis entré, j'ai fait des appels en profondeur. Les gars ont bien usé la défense avant mon entrée."

Ressources humaines
"C'était une option, j'aurais pu la prendre dès le départ, elle aurait peut-être marché, ou peut-être pas", reprend DD. "J'avais choisi d'avoir un point de fixation avec Olivier Giroud face à cette défense, pour lutter également dans les airs. Antoine a d'autres qualités, bien évidemment. Beaucoup de mobilité, de vitesse". L'attaquant de 23 ans, qui a commencé à goûter au groupe France il y a six mois à peine, joue à merveille son rôle d'invité surprise. Cette partition de remplaçant dynamiteur n'est pas sans rappeler celle jouée en 2006 par Franck Ribéry, le grand absent tricolore de ce tournoi.

Griezmann est jeune, avec ce qu'il faut d'insouciance et d'énergie sur le pré, mais également sur le banc où il vit les rencontres avec intensité : "Je suis stressé, j'ai envie d'être sur le terrain. Quand il y a une occasion, je me lève, j'ai envie de sauter, je ne tiens pas en place ! Quand l'entraîneur pense à moi, j'essaie de tout donner". Il essaie bien, le bougre...