Rio de Janeiro, 1950 : le peuple brésilien s'apprête à faire la fête. Au moment d'aborder la dernière rencontre de "sa" Coupe du Monde de la FIFA™, la Seleção est en tête du groupe et n'a toujours pas perdu le moindre match dans le tournoi. Face à l'Uruguay, à qui on a déjà taillé le costume de parfaite victime, un nul suffit au pays hôte pour devenir champion du monde pour la première fois de son histoire. Mais Obdulio Varela, Juan Schiaffino et compagnie avaient d'autres idées en tête…

Tout le monde connaît l'histoire du Maracanazo, mais peut-être moins celle-ci : Ciudad Guayana, Venezuela, 2013. La Vinotinto affronte l'Uruguay, qui n'a plus gagné depuis six matches. Les supporters vénézuéliens se préparent à fêter un événement unique. En cas de victoire de leurs protégés, ils pourront s'enorgueillir de voir leur pays participer à la Coupe du Monde de la FIFA™ pour la première fois de son histoire. Mais Luis Suárez, Edinson Cavani et compagnie avaient d'autres idées en tête…

Rapporté à la superficie du pays et au nombre de ses habitants, le palmarès de l'Uruguay dans le football mondial est totalement disproportionné : deux Coupes du Monde de la FIFA, deux Tournois Olympiques de Football Masculin, d'innombrables Copas América… Chacun de ces triomphes présente en commun le fait d'avoir été conquis dans la douleur. Pour la Celeste, la souffrance est quasiment devenue une condition sine qua non pour avoir le droit de se réjouir. Ce paradigme a façonné les différentes générations de joueurs charrúas, qui donnent le meilleur d'eux-mêmes lorsqu'ils sont dos au mur, lorsque personne n'y croit plus. Sauf eux-mêmes.

La tradition de la souffrance
À Brésil 2014, les hommes d'Oscar Tabárez font une nouvelle fois honneur, bien malgré eux on s'en doute, à cette tradition nationale. Battus par le Costa Rica pour leur première sortie dans le tournoi, ils n'ont déjà quasiment plus droit à la défaite. Seul problème : leurs deux prochains adversaires, l'Italie et l'Angleterre, ne sont pas exactement les premiers venus sur la scène mondiale.

De quoi paniquer ? Pas du tout, si l'on en croit les propos de deux joueurs emblématiques de cette équipe au micro de FIFA.com. "Évidemment, ça ne va pas être facile. Mais nous jouons ensemble depuis très longtemps. Nous nous connaissons bien et nous connaissons aussi nos capacités. Il a falloir faire le travail sur le terrain, se serrer les coudes comme nous savons le faire et le résultat sera au bout", affirme Diego Forlán.

Le couteau entre les dents
Edinson Cavani corrobore les propos de son coéquipier. "C'est vrai, c'est un peu la marque de fabrique de l'Uruguay. Nous nous mettons en difficulté, puis nous survivons. Barrages, matches compliqués, situations limites : nous connaissons tout ça. Aujourd'hui, c'est pareil. Mais cette génération a pratiquement tout gagné. Nous savons comment le faire", affirme l'attaquant du Paris-Saint-Germain avec beaucoup de confiance.

Il reconnaît cependant que la marge d'erreur est désormais quasiment inexistante pour la Celeste. "Il va être fondamental de maintenir la concentration. Nous n'avons plus le droit à l'erreur car en cas de défaite, ça deviendrait trop compliqué au vu des autres équipes du groupe. Nous allons affronter l'Angleterre et l'Italie. On ne les présente plus. Nous devons les battre, point", résume-t-il.

Malgré la défaite tellement inattendue face au Costa Rica lors de la première journée du groupe, les joueurs uruguayens dégagent un calme étonnant. Ils savent qu'ils sont au pied du mur et que les pronostics ne sont plus en leur faveur, et pourtant : "Je mentirais en disant que nous n'étions pas tristes dans le vestiaire après le match contre le Costa Rica", reconnaît Forlán. "Cela dit, le tournoi ne fait que commencer. Il reste encore une longue histoire à écrire."

Anglais et Italiens sont prévenus. Les Uruguayens sont dans les cordes, pas loin du K.-O. Mais Diego Forlán, Edinson Cavani et compagnie ont probablement d'autres idées en tête…