"C'est une question de fierté, en tant qu'Africain et que Camerounais. Nous devons améliorer notre image et ne pas faire comme en 2010 où nous avons terminé de manière catastrophique avec zéro point", clame Stéphane Mbia au micro de la FIFA. Après une courte défaite contre le Mexique (1:0) et une correction face à la Croatie (0:4), les Lions Indomptables ont déjà validé leur billet retour, et le bilan brésilien est bien parti pour être pire que celui de l'Afrique du Sud. 

Contrairement à il y a quatre ans, le Cameroun n'a pas encore marqué le moindre but. L'absence au deuxième match de l'omniprésent Samuel Etoo était sur toutes les lèvres : "Ça n'a pas arrangé les choses, c'est un joueur précieux pour nous. Il peut faire la différence à tout moment et sa blessure a compromis nos chances. Mais nous avons un entraîneur qui a tout fait pour tous nous motiver. Il a essayé de souder le groupe pour nous permettre d'obtenir des bons résultats malgré les absences de joueurs-clés comme Etoo".

L'intégrité du groupe a pourtant été mise à mal face aux Croates dès la 40ème minute après un mauvais geste d'Alexandre Song sur Mario Mandžukić. "Nous étions en train de mettre la Croatie sous pression", regrette Mbia. Le Cameroun n'avait alors encaissé qu'un but, trois autres ont suivi en deuxième mi-temps. L'unité a fini par voler en éclat avec un accrochage entre Benjamin Moukandjo et Benoît Assou-Ekotto. "C'est de la frustration par rapport à la physionomie du match", relativise Mbia. "Ce ne sont pas des mauvais gars, bien au contraire, ils sont amis ! Ils s'amusent tout le temps ensemble".

De Séville à Londres en passant par Brasilia
"En dépit de ce que les gens pensent, nous sommes très unis. Il n'y a pas de conflit, pas de problème", poursuit  le milieu de terrain de 28 ans. "Nous sommes simplement déçus de ne pas obtenir de bons résultats malgré tout notre travail et les très bonnes choses réalisées à l'entraînement". Mbia reconnait tout de même que le retard pris dans la préparation pour un problème de primes n'a pas arrangé les choses : "Il faut être objectif et réaliste, ça a joué un rôle. Dans un grand tournoi, en Coupe du Monde, on doit respecter certaines règles, et, inconsciemment, nous avons payé nos erreurs, parce que sur le terrain nous donnions le meilleur de nous mêmes. Personne ne voulait mal faire".

Et surtout pas Mbia, qui a été jusqu'ici un des rares à surnager dans le naufrage, dans la continuité de sa saison avec le FC Séville avec qui il remporté l'UEFA Europa League. L'ancien Marseillais s'autorise même à évoquer son avenir : "J'ai le plus grand respect pour Seville, mais ça sera difficile de rester car je veux jouer au plus haut niveau et essayer de gagner la Ligue des champions. Je ne sais pas où je vais aller mais je veux accomplir de grandes choses la saison prochaine. Mon rêve est d'être entraîné par José Mourinho parce que je pense que c'est un grand entraîneur".

Avant de rêver de Londres ou d'ailleurs, il faudra faire face à la réalité, ce lundi 23 juin à Brasilia contre le pays hôte. Pour relever la tête avant de s'envoler au pays, les Lions Indomptables devront se battre contre des vents contraires. La Seleçao mettra certainement un point d'honneur à marquer son territoire après son 0:0 contre le Mexique, dans un Estádio Nacional qui avait marqué sa renaissance en ouverture de la Coupe des Confédérations 2013 marquée par un chef d'oeuvre de Neymar après trois minutes. 

Mais ça n'effraie pas Mbia, qui conclut sur une note d'optimisme : "J'ai affronté des grands joueurs en Liga. Ce qui compte, c'est le groupe, et s'il fait bien les choses, nos talents individuels pourront s'exprimer. Je pense que ce sera un match référence. Nous devrons montrer ce dont nous sommes capables pour pouvoir retrouver notre fierté".