Avant le coup d'envoi du match entre le Nigeria et la Bosnie-et-Herzégovine, Peter Odemwingie avait des amis dans les rangs des deux équipes. L'attaquant de Stoke City a toutefois été sans pitié envers ses connaissances bosniennes puisque c'est lui qui a inscrit le seul but de la partie à Cuiabá, scellant ainsi l'élimination des Zmajevi de la Coupe du Monde de la FIFA, Brésil 2014™.

Celui qui allait devenir Homme du match côtoie le gardien Asmir Begovic à Stoke City et plus tôt dans sa carrière, il a également évolué dans la même équipe que le capitaine bosnien Emir Spahic, au Lokomotiv Moscou. Malgré l'élimination précoce des Européens, on a pu voir les deux hommes discuter dans la bonne humeur après le coup de sifflet final.

Odemwingie connaît donc les forces et les faiblesses de Begovic. Cela l'a-t-il avantagé ? "Non, je ne crois pas. Il est surtout très fort sur les tirs de loin", explique en souriant le Nigérian à FIFA.com, en référence au fait qu'il a marqué de très près face à son partenaire de club. Cette réalisation arrivée juste avant la demi-heure de jeu a permis aux Super Eagles de s'imposer finalement sur le score 1:0. "C'est un gars super. Il sait que j'ai une bonne frappe et aujourd'hui, j'en ai essayé quelques-unes. Je suis sûr qu'il va me reprocher ce but quand je vais revenir à Stoke !", poursuit le rapide attaquant, né dans ce qui était alors la république soviétique d'Ouzbékistan. "C'est la loi du football, mais je suis quand même content pour lui qu'il ait pu participer à la Coupe du Monde. Après le match, nous avons échangé nos maillots."

Odemwingie a fait partie de la même équipe que Spahic en 2009 de championnat de Russie. " Ça m'a fait plaisir de le revoir. Nous avons joué ensemble pendant deux ou trois saisons. Revoir d'anciens coéquipiers en Coupe du Monde est toujours quelque chose de spécial. En plus, il est capitaine. Je suis fier de pouvoir le compter parmi mes amis", confie l'ancien Lillois à propos du défenseur central bosnien.

A-t-il donné des tuyaux à ses compatriotes au sujet de ses deux connaissances ? "Je leur ai dit qu'il était très bon de la tête. Il n'est pas très grand, mais il marque pas mal de buts ainsi", répète-t-il un peu plus fort, envoyant s'approcher un visage familier dans les couloirs de l'Arena Pantanal. Sa remarque est accueillie d'un grand éclat de rire par Spahic, qui revient du test antidopage obligatoire. Les deux hommes échangent quelques mots en russe, avant de se saluer. Odemwingie demande à Spahic de faire une faveur au Nigeria lors du match entre la Bosnie-et-Herzégovine et l'Iran, requête accueillie par un regard désapprobateur de la part du défenseur du Bayer Leverkusen.

Fin d'une série, début d'un rêve
Un match nul des Bosniens contre l'Iran serait d'une grande utilité pour les Nigérians, qui savent qu'un point leur suffira contre l'Argentine pour atteindre les huitièmes de finale. "Ça fait si longtemps que nous attendons cette victoire. Je suis heureux pour le pays, pour nos fans, pour l'équipe. Mais je dois dire que ces trois points font partie des plus difficiles de ma carrière", explique Odemwingie au sujet de ce premier succès nigérian en Coupe du Monde depuis 1998, qui met fin à une série de neuf matches sans s'imposer dans l'épreuve.

Après être entré en cours de jeu lors du premier match (0:0) contre l'Iran, Odemwingie espère que son but crucial lui permettra de figurer à nouveau dans le onze de départ des Super Eagles pour le match décisif face à l'Argentine. "J'ai réussi à être titulaire. Il est important de travailler très dur pour pouvoir la conserver, en particulier avant un grand match comme celui qui vient contre l'Argentine", annonce-t-il. "C'est une rencontre que n'importe quel joueur rêve de disputer."

Avec ou sans coup de pouce de ses amis, Odemwingie peut encore espérer égaler la meilleure performance du Nigeria en Coupe du Monde, qui remonte à 1994. Seul problème : face à l'Argentine, il aura moins de sympathie dans les rangs adverses.